La lettre internationale des marchés horlogers
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18 septembre 2009 - LE TOUR DU MONDE HORLOGER EN 80 JOURS (*) : Les 10 textos d’actualité horlogère de Jorge Moura (Le Caroussel des Montres, La Chaux-de-Fonds)
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SOIXANTE-QUATRIÈME JOUR…

Au cœur de la Watch Valley,
un espace horloger
pas comme les autres :
Le Caroussel des montres
et ses marques de « niche » exclusives.

Pour « vivre l’heure autrement »,
un animateur pas comme les autres :
Jorge Moura, qui a également
développé Oneiric Avenue,
une structure qui fédère,
pour toutes les marques
soucieuses de différenciation,
bon nombre d’artisans d’art
passionnés par les montres.
La blouse traditionnelle d’horloger
(la vraie, l’officielle) est un clin d’œil
qui symbolise quelques « vraies »
valeurs de l’horlogerie.

Le Tour du monde horloger en 80 jours
est aussi l’occasion
de découvrir des talents méconnus...






• Où en sont les commandes passées par les marques pour la fin de l'année ?
•••• JORGE MOURA (Le Caroussel des Montres, La Chaux-de-Fonds) : Chez les détaillants, la difficulté est d'autant plus grande que bien trop de marques vendent aujourd'hui en direct. Pour certaines marques, cette voie est devenue une source de revenus significative, parfaitement planifiée et organisée. Les gens commandent, viennent de partout acheter des pièces du catalogue et directement auprès des manufactures, avec des rabais (trop) importants, des montres neuves et avec garantie ! Que pouvons-nous faire, nous détaillants, contre ce manque total de loyauté ? En voilà un vrai cas pour la Comco...
Il faut plus que jamais faire preuve de dynamisme et, pour preuve, nous entamons une nouvelle collaboration avec une marque. Une fois de plus, nous faisons un choix alternatif, car unique dans la région. Une sélection de marques indépendantes qui s'inscrit parfaitement dans le sens de notre vision de « l'heure autrement »...


• Ces commandes ont-elles changé de nature (style, prix, délais, thèmes, etc.) ?
•••• Oui. Les clients recherchent soit des pièces spécifiques qui correspondent exactement à leurs besoins, soit la bonne affaire. Parfois les deux :-))
Difficile aujourd'hui de maintenir les prix pratiqués il y a encore un an et demi. Par ailleurs, la nouvelle marque avec qui nous allons collaborer - segment milieu/haut de gamme - propose des prix plus accessibles avec des modèles de qualité et esthétiquement dans l'air du temps. La différence en plus.


• L'avantage/inconvénient d'être un « petit » indépendant en temps de crise ?
•••• Tout ceux qui le sont vous le diront. Si l'on reste indépendant c'est que l'on recherche la liberté de pensée et d'action avant tout. Avoir la puissance financière d'un grand groupe donne un pouvoir d'action colossal, mais on constate aujourd'hui que même eux sont très fortement déstabilisés par l'ébranlement de l'économie.


• Les prix (fournisseurs, montres) doivent-ils baisser, comment et pourquoi ?
•••• Revoir les prix à la baisse sans mener une véritable réflexion, juste pour espérer vendre plus, ce n'est pas le bon choix. Mais la réalité est la, les clients dépensent moins et moins souvent. Certaines marques préparent aujourd'hui des « premiers prix » plus attractifs et accessibles. L'idée est légitime, mais j'espère qu'ils respectent scrupuleusement leur ADN, au risque que les clients changent de crèmerie!
L'autre difficulté aujourd'hui est de surmonter les rabais qui sont devenus légende dans le secteur. Trop de pièces bradées sur des marchés parallèles et qui font office de « règle » et, du coup, le prix catalogue ne veux plus dire grand chose... Ces prochaines années la politique de prix va prendre de plus en plus d'importance dans les stratégies marketing.


• L'avenir de l'horlogerie et ses priorités : haute complication ou artisanat d'art ?
•••• Les deux sont indispensables. Souvenez-vous quand nous étions gamins, certains jouaient avec des Lego techniques, alors que d'autres préféraient rêvasser sur des bouquins. Je crois que l'avenir réside surtout dans l'authenticité et la cohérence entre ce qui est dit et ce qui est vendu. Trop de marques sont parties tous azimuts, avec des pseudo-complications et des pseudo-finitions. Il me paraît important de revenir dans le vrai. Le client d'aujourd'hui, de mieux en mieux « outillé », sait faire la différence entre les menteurs et les autres...


• La communication horlogère doit-elle s'intéresser aux métiers d'art ?
•••• Oui, évidemment. Les marques de luxe en général ont eu une forte tendance à se regarder le nombril et la communication s'en est ressentie. Les métiers d'art et le haut artisanat sont indissociables de la belle horlogerie. Qu'est-ce qui différencie un chrono d'un autre ? La technicité certes, mais aussi les finitions, la décoration, le souci du détail apporté à tous les aspects de la montre. Communiquer sur les métiers d'art, c'est informer et éduquer le client sur ce qui fait la différence. Les moyens utilisés pour arriver à tel ou tel résultat prennent alors tout leur sens.
Et n'oublions pas que c'est cette intrinsic value added, chargée de magie, de rêve et d'émotion, qui donne le positionnement de la montre et justifie le prix au final...


• Pourquoi une telle cassure entre ces métiers d'art traditionnels et l'art contemporain ?
•••• Je pense avant tout que les valeurs véhiculées sont différentes. Le premier s'appuie sur des savoir-faire parfois séculaires, des techniques transmises par les anciens, la perfection du geste, alors que l'art contemporain est plus intuitif, et s'inscrit plus dans la modernité, donc forcément en transgression. Et force est de constater que l'horlogerie reste malgré tout encore très focalisée sur la tradition ! Mais les choses évoluent...


• La valeur ajoutée artistique d'une montre n'est-elle pas qu'un simple prétexte pour alourdir la facture finale ?
•••• Bien sûr que non. Allez dire à un émailleur ou à un angleur main que ce qu'il a fait avec autant de patience et dextérité ne sert à rien ! Après, c'est une question de choix. Alors que certains vont quasi-exclusivement s'intéresser au calibre qui est à l'intérieur de leur tocante, d'autres vont préférer s'extasier devant une gravure main, preuve de savoir-faire artistique et manuel. A chacun sa perception du monde.


• La bonne recette pour tenir le coup en temps de crise ?
•••• Travailler plus, sortir chercher de nouveaux clients, faire les bons choix et se démarquer de la concurrence. S'il est vrai que nous ne proposons que des marques confidentielles et de niche (ce qui nous mets déjà à part), nous cherchons à combler d'autres besoins. Plus que jamais, le client et sa montre sont rois ! Un autre aspect en période difficile, c'est la communication. Elle revêt toute son importance.


• Sortie de crise pour quand ?
•••• De manière générale et malgré toute ma positive attitude, je pense que, hormis quelques marques à forte notoriété, qui ont une bonne assise et qui ne s'en tirent pas trop mal, la grande majorité va encore peiner un moment. On a vu des baisses de - 50 à - 60 % enregistrées dans les commandes de plusieurs manufactures ces douze derniers mois. Malheureusement, ces chiffres vont devenir une norme pour certains et heureusement, s'améliorer sensiblement pour d'autres. Mais, pour moi, sortir de cette morosité ambiante, c'est plus une question de volonté générale que de timing.





(*) « Le Tour du Monde Horloger en 80 Jours » (exclusivité Business Montres) : pendant tout l'été 2009, l'actualité horlogère au jour le jour, exprimée du tac au tac par quatre-vingt décideurs et influenceurs, en quatre-vingt fois dix textos d’actualité.



••• DEMAIN, SAMEDI ••• SOIXANTIÈME-CINQUIÈME JOUR : JACKY ÉPITAUX (RUDIS SYLVA), EN DIRECT DES FRANCHES-MONTAGNES.




RETROUVEZ LES RENDEZ-VOUS PRÉCÉDENTS
DE CE TOUR DU MONDE HORLOGER EN 80 JOURS :

ne pas manquer les dix textos de Marc Alfieri (Marc Alfieri, Marseille), Denis Asch (L'Heure AscH, Genève), Jean-Christophe Bédos (Boucheron, Paris), Albert Bensoussan (Louis Vuitton, Paris), Olivier Bernheim (Raymond Weil, Genève), Laurent Besse (Les Artisans Horlogers, Le Locle), Marcello Binda (Binda Group, Milan), Jean-Claude Biver (Hublot, Nyon), Clément Brunet-Moret (Favre-Leuba, Bâle), Max Büsser (MB&F, Genève), Antonio Calce (Corum, La Chaux-de-Fonds), Isabelle Chillier (aiguilles Fiedler, Genève), Steve Clerici (Rebellion, Lonay), Gino Cukrowicz (Ginotti, Anvers), Alexandre David (Ikepod, New York), Xavier Dietlin (Dietlin, Lausanne), Philippe Dubois (Badollet, Genève), Pierre Dubois (Pierre DeRoche, vallée de Joux), Jean-Philippe Dufour (Zenith, Le Locle), Guy Ellia (Guy Ellia, Paris), Jacky Epitaux (Rudis Sylva, Les Bois), Hans Erb (Uhrsachen, Berne), Pierre-André Finazzi (Ellicott, La Chaux-de-Fonds), Karsten Frasdorf (Fabrication de montres normandes, France), Edouard Frojo (Frojo, Marseille), Xavier Gauderlot (Montres Hugo Boss, La Chaux-de-Fonds), Lionel Giraud (Chaumet, Paris), Eric Giroud (studio Eric Giroud, Genève), Fabrice Gonet (HD3, Luins), Alexis Gouten (Gouten Distribution, Fribourg), André Grossmann (Horus, Monaco), Fawaz Gruosi (de Grisogono, Genève), Joëlle Grünberg (Galeries Lafayette, Paris), Emmanuel Gueit (EG-Studio, Genève), Pierre Halimi Lacharlotte (FP Journe Americas), Vianney Halter (Vianney Halter, Sainte-Croix), Steven Holtzman (Maîtres du Temps, La Chaux-de-Fonds/Pennsylvanie), Delphine Hon (Opex-Timex, Paris), Georges Kern (IWC, Schaffhouse), Pierre Koukjian (deLaCour, Genève), Lionel Ladoire (Ladoire, Genève), Guy Lucas de Peslouan (Studio LP, Paris), Massimo Macaluso (JeanRichard, La Chaux-de-Fonds), Cécile Maye (Marvin, Vaumarcus), Jean-Daniel Maye (Nina Ricci, Vaumarcus), Alexis Meyer (Les Ambassadeurs, Genève), Marc Michel-Amadry (Ebel, La Chaux-de-Fonds), Richard Mille (Richard Mille, France), Patrice Moro (Temps & Passion, Monaco), Philippe Mougenot (Chanel, Paris), Jorge Moura (Le Carrousel des Montres, La Chaux-de-Fonds), Peter Nikolaus (Zeitwinkel, Saint-Imier), Nicolas Barth Nussbaumer et Manuel Romero (White, Neuchâtel), Giulio Papi (Audemars Piguet Renaud Papi, Le Locle), Luc Perramond (La Montre Hermès, Bienne), Xavier Perrenoud (Atelier XJC, La Chaux-de-Fonds), Vincent Perriard (Concord, Bienne), Laurent Picciotto (Chronopassion, Paris), Antoine Préziuso (Antoine Préziuso, Genève), Bernard Richards (BRM, Vexin français), Carlos Rosillo (Bell & Ross, Paris), Jean-François Ruchonnet (Cabestan, Genève), Jean-Marie Schaller (Louis Moinet, Neuchâtel), Ion Schiau (Chronotime, Roumanie), Alain Silberstein (Alain Silberstein, Besançon), John Simonian (Westime, Los Angeles), Peter Speake-Marin (Speake-Marin, Rolle), Ryan St. George (Wyler, Genève), Alexandre Strambini (Edox, Les Genevez), Guillaume Têtu (Hautlence, Neuchâtel), Christian Viros (TechnoMarine, Genève), Kari Voutilainen (Voutilainen, Môtiers), Jean-Marc Wiederrecht (Agenhor, Genève), Jorn Werdelin (Linde Werdelin, Londres), Kalust Zorik (Journées internationales du marketing horloger, La Chaux-de-Fonds) et tous les autres, à suivre pendant quatre-vingt jours...




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