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| 15 février 2007 - NOUVELLE BLANCPAIN RÉPÉTITION MINUTES AQUA LUNG | |||||||
Idée principale : rendre une répétition minutes vraiment étanche. On sait que le verrou latéral qui arme la sonnerie est, par définition, une entrée d’eau ou d’humidité possible. En Asie, où les 100 % d’humidité permanente ne sont pas rares, le mouvement des montres à répétition minutes « à l’ancienne » se corrode à une vitesse dramatique si elles prennent l’air un peu trop souvent, surtout en bord de mer. Stockée sans précautions particulières, la collection des montres à répétition minutes du sultan de Brunei – il en avait des centaines – n’est plus qu’un tas de rouille : réalisées avec des verrous classiques, dans des boîtiers encore plus traditionnels, trois pièces sur quatre sont rongées par l’humidité et irrécupérables… Blancpain propose donc une Répétition minutes étanche à 100 m, grâce à un ingénieux dispositif de protection du verrou contre l’humidité (un jeu de crémaillères et de renvois parfaitement scellés par des joints reli le verrou extérieur et le levier d’armage intérieur). Le reste du mécanisme est classique : marteaux et timbre cathédrale dans un boîtier en or rose, à peine plus sonore qu’un boîtier en platine. Aucune précision n’est apportée sur la possibilité d’armer cette sonnerie sous l’eau… Sur le plan esthétique, cette Léman est assez réussie, avec la sobriété emblématique des Blancpain et le cadran noir sportif des Aqua Lung. C’est un habile concept de « complication sport chic » (voir ci-dessous le commentaires sur la pertinence technique de ce concept). L’épaisseur de presque 11 mm – la minceur est un des autres marqueus identitaires de Blancpain – indique que l’architecture du mouvement a été optimisée pour diminuer l’épaisseur d’une montre de dimensions relativement modestes pour le standard actuel (40 mm seulement), mais très élégante. Au dos du boîtier de 40 mm, un guichet permet d’admirer les marteaux en action. Cette pièce est unique : on peut donc la considérer comme une « concept watch »… BUSINESS MONTRES Pour avoir été le premier média horloger à prédire, voici trois ans, le déclin du tourbillon au profit de la répétition minutes, « Business Montres » avait suscité l’incompréhension, sinon le courroux des marques. Notre raisonnement était simple : la prolifération des tourbillons (124 marques en proposaient lors des salons 2005) avait banalisé cette « complication », rendue de moins en moins compliquée à réaliser depuis la généralisation des machines à commandes numériques. Les usines chinoises étaient désormais capables de manufacturer ces tourbillons en série : « Business Montres » avait été le premier média à annoncer la sortie de ces premiers calibres tourbillons asiatiques, vendus 500 dollars. Les moqueries incrédules des « spécialistes » suisses n’avaient pas manqué. Depuis, ces tourbillons se sont vendus par milliers en Europe, entre 1 000 et 4 000 euros, soit vingt à cent fois moins que les tourbillons proposés par les manufactures suisses... Dès ce moment, il ne fallait plus compter sur le tourbillon pour maintenir l’avance de l’industrie hélvétique. Il était donc temps soit de compliquer les tourbillons (deux, trois, quatre dans un mouvement, en version orbitale, sphérique ou oblique), soit de passer à la répétition minutes… Peu importe cette mauvaise humeur des marques : le devoir d’un journaliste n’est pas de plaire et c’est pour ne risquer aucune pression économique que « Business Montres » n’accepte aucune publicité et que vous ne trouverez aucune bannière de marque sur ce site. Nous serions donc mauvais joueurs si nous nous étonnions de cette Blancpain Répétition Minutes. Sauf que, justement, on est maintenant en train d’en faire un peu trop… D’une part, la collection Aqua Lung étant, par tradition historique, une ligne de montres de plongée, il n’était pas forcément malin de brouiller son image avec cette Répétition Minutes, pas vraiment pertinente dans un cadre aquatique et seulement étanche à 100 m, donc non qualifiée pour la plongée. Quelle est l’utilité de marier sonorité et étanchéité ? S’il s’agissait de prouver la supériorité innovatrice des développeurs de Blancpain, on aurait certainement trouvé mieux dans les autres collections… D’autre part, la question de l’étanchéité a déjà été réglée par François-Paul Journe dans sa Sonnerie Souveraine, autrement plus innovante avec ses poussoirs étanches, sa sécurité (désarmage de la répétition pendant le réglage de la montre) et sa sonorité. Il faudrait admettre un fois pour toutes que la solution du verrou (pour armer la sonnerie) est définitivement obsolète. Blancpain prouve qu’on peut étanchéifier un verrou grâce à un système de renvois et de crémaillères. Parfait, mais quelle débauche de technicité alors qu’une solution originale et logique (les poussoirs à la façon des chronographes) a été mise au point ! Quel gaspillage créatif pour une pièce unique, plutôt petite (40 mm), qui ne démontre rien d’autre qu’une virtuosité un peu gratuite ! On attendait mieux des nouvelles équipes de la manufacture du Brassus… |
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| L'univers de Blancpain | |||||||
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