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| 5 mars 2007 - ROGER DUBUIS : POUR QUI SONNE LE GLAS ? | |||||||
A Genève, le nouveau jeu de société est de savoir qui va racheter la manufacture Roger Dubuis : Richemont (rumeurs récurrentes depuis l’automne : Business Montres du 22 octobre) ou un groupe d'investisseurs. En tout cas, les gens bien informés en sont sûrs : Carlos Dias, le président de la manufacture Roger Dubuis, est au bout du rouleau, ses créanciers l'ont saisi à la gorge, ses banques le lâchent et les repreneurs ont déjà signé le chèque de rachat... Je n’y crois pas davantage qu'aux rumeurs précédentes, pas plus qu’à celles qui annoncent le rachat d’Hermès par LVMH, et je m’interroge sur les manipulations boursières qui se cachent sous ces leurres médiatiques… L'intention de nuire est évidente. Reste à savoir au profit de qui et pourquoi ? La jalousie a toujours été le cancer secret de l'horlogerie. La déstabilisation professionnelle est une arme commerciale pratiquée depuis la préhistoire de l'ère marchande. Donc, rien de nouveau sous le soleil : ceux qui à qui le crime profite ont tout intérêt à torpiller la réputation de Carlos Dias et de sa marque auprès de ses fournisseurs, de ses détaillants et de ses partenaires (banquiers, journalistes, concurrents). BUSINESS MONTRES Ce n'est pas un secret, puisque différents fournisseurs en ont publiquement fait état : confrontés à plusieurs crises internes (détournement de ses équipes, changement de sa distribution sur le marché américain, offensive des "parallélistes", croissance ultra-rapide déséquilibrant sa trésorerie), Roger Dubuis a connu en 2006 de sérieuses difficultés, qui ont alerté ses sous-traitants et ses banquiers. Ces derniers, pourtant craintifs, semblent le soutenir. On peut cependant aller plus loin dans l'analyse... Ce qui est certain, c’est que l’outil industriel mis en place par Carlos Dias à Meyrin a de quoi tenter un groupe Richemont qui est loin d’avoir fait le plein de manufactures : Cartier sous-traite toujours ses complications et Panerai recherche désespérément à diversifier ses approvisionnements en mouvements originaux. La manufacture de Meyrin pourrait donc dériver vers Richemont une partie de ses capacités en haute horlogerie compliquée au standard Poinçon de Genève. D’autant que Carlos Dias semble tenté par une diversification dans l’ultra-tendance design plutôt que dans l’ultra-pointu mécanique, domaine où il n’a plus rien à prouver. Comme Gabriel Tortella l’a suggéré récemment dans "La Tribune de Genève", je ne suis pas loin de penser qu’une seconde marque est en gestation à Meyrin, avec un concept créatif plus contemporain et plus proche de ce « style de vie » que Carlos Dias a inscrit dans l’architecture et la décoration de sa manufacture. Un concept plus proche de sa personnalité réelle que de l’austère tradition horlogère genevoise : il fait broder ses chemises au chiffre C.D., c’est déjà un bon repère pour envisager la suite ! |
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| Roger Dubuis : des montres contemporaines dans un esprit de tradition | |||||||
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