La lettre internationale des marchés horlogers
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26 juillet 2010 - MOINS DE DIX MINUTES CHRONO ! Un résumé matinal de l’actualité estivale des montres
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Dix doses
de vitamines
horlogères
dans votre
premier
breakfast
horloger
de la semaine.

Le plein
d'énergie
avec votre
Quotidien
des Montres
...








1)
••• UNE RÉVOLUTION DANS LE PROTOTYPAGE HORLOGER...

Allez faire un tour sur Sculpteo.com : à partir d’un fichier image 3D (images numériques),
vous pouvez recréer une sculpture en couleurs de n’importe quel objet (résine blanche ou poudre de sable colorée), jusqu’à 35 x 35 x 20 cm dans les trois dimensions. C’est non seulement une révolution pour la conception et le prototypage des nouveaux concepts (en couleurs, ce qui n’est pas le cas des classiques stéréolithographies), mais également pour la PLV, avec la possibilité de créer des « maquettes » échelle 5/1 ou 10/1 de chaque montre, à partir d’un simple jeu d’images. Mieux : on peut travailler des objets 3D à partir d’une simple image saisie sur iPhone, dans les couleurs de son choix. Un fantastique pas en avant pour la « démocratisation » des idées folles de la nouvelle génération...


2)
••• LE COMMUNITY MANAGEMENT EST UN ART SIMPLE ET TOUT D’EXÉCUTION...

C’est une paraphrase de Napoléon Ier à propos de l’art de la guerre, mais c’est très exactement le cas du community management
gestion de communauté » en bon français) : question de doigté ! N’est pas influenceur (c’est la vraie acception du terme community manager) qui veut et il ne faut pas se faire prendre les doigts dans la confiture.
• Dernier exemple ce week-end avec le community manager de Bell & Ross, qui s’est promené sur tous les forums pour annoncer, comme un simple amateur de montres, le récent concours photo lancé par la marque. Sans grande habileté et au risque de se faire repérer comme un sournois sous-marin, ce que les internautes détestent le plus : était-il très malin, quand on se présente sous pavillon de complaisance, de parler de notre site Internet pour conseiller aux amateurs d’aller sur celui de Bell & Ross (exemple de réaction excédée sur Chronomania) ? Et est-ce malin de « poster » sur différents forums avec le même pseudo, en n’avouant que des Bell & Ross dans sa collection personnelle ? Surtout pour nier être « en mission » quand on se fait soupçonner de répandre ainsi le communiqué officiel de la marque ! Puisqu’on vous dit d’y aller avec délicatesse et subtilité...


3)
••• HUBLOT SUR LE FIL DU RASOIR...

Dans le cadre de son soutien à l’ECAL (la célèbre Ecole de design de Lausanne) et du programme Mas-Lux
(design industriel appliqué au luxe), Hublot se prépare à lancer une ligne très... tranchante ! Ligne expérimentale, évidemment, et destinée à illustrer la notion de « fusion par le design », mais qui comprendra des couteaux et un « système de rasage ». Pour les couteaux (conception Olivier Tache), on imagine qu’ils auront un rapport quelconque avec les fromages préférés de Jean-Claude Biver : c’est un jeu de quatre couteaux en céramique (de 200 mm à 300 mm : image ci-dessus), qui sera commercialisé en boutique (série limitée, siglée Hublot), comme les « objets Hublot » précédents (vélo, ski, luge annoncée pour cet hiver).
• Le destin commercial de la seconde série (création Jacques-Elie Ribeyron, prix d’excellence à l’ECAL) est plus incertain, encore que plus déroutant. Il peut illustrer la fusion par le respect du rituel traditionnel du rasage associé ici à une ligne très design, démontable et recyclable. Du même étudiant de l’ECAL, un nécessaire à fromage, avec fourchette et tranchoir pour l’etivaz (on sait que Hublot a sa propre production), avec un rappel des vis qu’on retrouve sur les montres Hublot (source et images : Selectism)...


4)
••• CODEX, LA MARQUE QUI DÉFIE LES VACANCES HORLOGÈRES...

Signalée par Business Montres le 21 juin dernier (info n° 3), la renaissance de la marque Codex
défie la trêve estivale : lancement officiel début août ! Ce qui permettra de créer de l’actualité quand tout le monde est en vacances. On en sait un peu plus sur la marque, moins sur ses opérateurs en Suisse (Laurence Courtois et René Kohli, sous l’ombrelle Swiss Chronometric) que sur les actionnaires chinois : le groupe China Haidian Holdings, société cotée à Hong Kong, dont la prospérité est basée sur différentes usines de composants dans la région de Shenzhen. Le groupe gère plusieurs marques chinoises localement très réputées (Ebohr et Rossini, entre autres, qui détiennent de très sérieuses positions sur leur segment). Dans Europa Star (juillet 2010), Tao Li, un des dirigeants du groupe, explique sa stratégie avec Codex : créer une marque positionnée au niveau de Longines pour attaquer tous les marchés internationaux, mais avec une priorité sur la Chine. Tout en insistant sur l’aspect intégralement Swiss Made des montres Codex et en se moquant au passage des menaces d’arrêt des livraisons de mouvements par le Swatch Group (« Il y a d’autres fournisseurs en Suisse »), Tao Li annonce pour Ebohr des tourbillons « basiques » à 1 500 francs suisses (mouvements issus des trois manufactures chinoises spécialisées : le double tourbillon Sea-Gull, le tourbillon vertical Beijing Watch et le tourbillon volant Shanghai Watch)...


5 (x 3)
••• QUELQUES NOUVELLES MARQUES, PRESQUE TOUTES DE PLONGÉE !

Presque aussi forts que les Américaines pour lancer des nouvelles marques de « plongeuses » : les Italiens...
Démonstration avec Sottomarino Italia, qui réussit – pour une fois ! – à ne pas nous livrer la énième déclinaison de l’esprit Panerai, ce qui ne veut pas dire pour autant que les montres sont originales (en italien, sottomarino signifie « sous-marin »)...
• Tant qu’à faire des montres dédiées au RAID (les superflics français), autant créer une marque qui évoque leur univers : donc RAID pour le mythe, les ailes pour la légende aérienne et la croix suisse pour la fable [la marque est espagnole et basée à Madrid, mais d’origine italienne]. On sort donc du domaine nautique pour entrer dans l’espace aérien : « Flight Instruments, nous assure-t-on. Pourtant, au détour des collections, l’inévitable référence à la Decima Mas (l’unité des pongeurs italiens qui est le pilier de la légende Panerai). On ne se refait pas...
Artego (entreprise basée en Thaïlande pour des montres Made in Hong Kong) ne vend que sur Internet ses montres de plongée, plutôt bien réalisées (techniquement) et bien dessinées, dans un style seventies des plus rassurants. Mouvements Miyota et couronne à 4 h...


6 (x 3)
••• UN FAUTEUIL SE LIBÈRE CHEZ VICTORINOX...

Départ annoncé de Rick Taggart, le président (américain) de Victorinox Swiss Army (WSA) Etats-Unis, qui retourne à ses chères études marketing dans le Colorado.
Un départ assez précipité, qui signale le malaise de Victorinox sur un marché américain totalement déprimé, mais où la marque pratiquait une dangereuse monoculture (60 % à 70 % de ses ventes). Charles Elsener, l’actionnaire familial de la marque, lui cherche un remplaçant, qui aura la lourde mission de redéfinir la stratégie américaine d’une maison qui se cherche, depuis plusieurs années, un peu partout dans le monde, un destin dans les montres comme dans les autres produits (source : Blog Victorinox Swiss Army). La liste des postes à pourvoir donnée par le site Victorinox est assez révélatrice...
••• ET UN AUTRE CHEZ DONZÉ-BAUME...
Promotion (sanction ?) pour Gérard Donzé, ex-propriétaire de Donzé-Baume (Les Breuleux), qui était resté directeur commercial
après le rachat de l’entreprise par le groupe Richemont, et qui vient d’être écarté de ses fonctions (il reste « président », soit un fauteuil honorifique) : une reprise en main qui s’explique par de nettes divergences stratégiques sur l’avenir d’un des piliers industriels du groupe Richemont (boîtiers et bracelets)...
••• EN PLUS DE QUELQUES TRANSFERTS CHEZ TAG HEUER...
Transferts estivaux chez TAG Heuer, avec différents mouvements, comme le départ de Stéphane Linder
qui prend la responsabilité commerciale du marché américain (stratégique pour la marque) ou le départ d’Antoine Pin (ex-Royaume-Uni) pour les marchés Japon-Corée, Giorgio Sarne (ex-Japon) reprenant le chemin de la Suisse pour remplacer Stéphane Linder...


7)
••• ENCORE PLUS RIGOLO : LA MONTRE CHINOISE QUI S’INSPIRE D’UN CONCEPT JAPONAIS...

Les lecteurs de Business Montres connaissent/aiment/détestent [rayez les mentions inutiles] les montres japonaises Tokyoflash,
génératrices d’un intense calcul mental dès qu’il s’agit de lire l’heure sur les LED qui explosent le regard. Abyss est une nouvelle référence chinoise dans l’univers des montres à LED : pas d’aiguilles, mais un cercle de LED (blanc pour les heures, bleu pour les minutes) qui indiquent l’heure : voilà pour l’« inspiration japonaise ». Raffinement : il suffit d’effleurer le cadran pour allumer les LED (technologie tactile). Le design – tendance « Œil de Sauron » pour les connaisseurs – est d’une sobriété appréciable. Il faudra simplement dire au service marketing d’Abyss qu’il y a déjà au moins six montres ou marques (suisses ou autres) qui font référence aux abysses...


8 (x 4)
••• PORTRAITS, INTERVIEWS ET LECTURES D’ÉTÉ

Une revue de presse rapide d’articles intéressants à suivre ou à consulter en profitant de l’été :
••• « Comment les horlogers suisses s’adaptent à la glissade de l’euro » : Bastien Buss fait le point sur les nouvelles politiques tarifaires pour maintenir des prix en euros compatibles avec les prix internationaux (Le Temps, 26 juillet)...
••• Jean-Claude Killy, le self-made man : « Un homme dans les affaires qui n’est pas un homme d’affaires », mais qui est aussi un des administrateurs de Rolex et un grand collectionneur de montres (Le Figaro, 23 juillet)...
••• « La complication n’existe qu’en tant que vecteur artistique fort » : joliment photographiée, Laurence Nicolas (Dior Horlogerie et Joaillerie) raconte comment « aucun tabou n’entrave la création de la marque » (GMT Lady, été 2010)...
••• « Les montres de luxe sont l’ultime talisman » : analyse intéressante de Benoit PointFou, qui se pose la question de savoir « pourquoi, en terme de bijou pour homme, la montre de luxe s’est-elle hissée au rang des incontournables ? Pourquoi pas la chevalière, le collier, la cane, le bracelet ?... Pourquoi n’est-il pas de parure de luxe pour homme qui soit plus recherché ? » (Guide Bijoux, 19 juillet)...


9)
••• DEUX LIVRES SUR LE TEMPS POUR L’ÉTÉ 2010...

C’est le temps de lire !
Mi-gourou, mi-coach en management, Jean-Louis Servan-Schreiber nous propose Trop vite – Pourquoi nous sommes prisonniers du court terme (Albin Michel), un essai qui bénéficie déjà de son propre site Internet (l’auteur de L’art du temps sait y faire). Son étude balaie le phénomène « court-termiste », engendré par vitesse et désormais étendu à toutes les activités humaines (politique, consommation, cutlurelle, relations personnelles). Conclusion (un peu... court-termiste pour le coup) : « Le principal obstacle est en nous. Nous aimons la vitesse et le court-termisme nous arrange. Le salut de la démocratie et de l’espèce ne peut passer que par une transformation des valeurs et des comportements de chacun d’entre nous »...
Accélération – Une critique sociale du temps du sociologue allemand Hartmut Rosa (éditions La Découverte) surfe à peu près sur la même vague du « Tout devient toujours plus rapide ». C’est une « théorie de l’accélération sociale, susceptible de penser ensemble l’accélération technique (celle des transports, de la communication, etc.), l’accélération du changement social (des styles de vie, des structures familiales, des affiliations politiques et religieuses) et l’accélération du rythme de vie, qui se manifeste par une expérience de stress et de manque de temps ». C’est aussi une des premières « critique sociale » du nouveau rapport au temps, considéré – c’est un atout du livre – du point de vue des comportements personnels et du style de vie autant que de la machine. « On n'est plus boulanger, conservateur ou catholique en soi, mais à un moment donné et pour un présent à la durée imprévisible mais qui tend constamment à se réduire ». Intéressant pour l’analyse du comportement face aux marques et aux montres, mais existe-t-il des stratégies de décélération au-delà de l’éloge poétique de lenteur ?


10)
••• UNE SÉANCE DE RATTRAPAGE POUR CEUX QUI AVAIENT LA TÊTE AILLEURS LA SEMAINE DERNIÈRE...

Tout ce que personne ne vous aurait raconté si vous n‘aviez pas lu Business Montres la semaine dernière,
puisque c’était d’abord raconté dans Business Montres et nulle part ailleurs (Les dix bonnes infos qu’il ne fallait pas manquer)...










MERCI POUR VOTRE ATTENTION
à l’issue de ce « Dix Minutes Chrono ».

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