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| 7 avril 2007 - CHRONOS... LOGIQUES | |||||||
2007 sera manifestement l’année du chrono : qui n’a pas son mouvement chronographe in-house plus ou moins innovant ? La mort du bon vieux trois-compteurs est annoncée.Les communiqués pleuvent depuis un moment, et ce n’est pas fini puisqu’on annonce d’autres initiatives à Bâle : la mode est au « chronographe manufacture », in-house comme on dit aujourd’hui, si possible avec un petit plus esthétique et un détail insolite qui fera la différence. Résumé des épisodes précédents, sans prétendre citer tout le monde. En 2006, on a vu débarquer le mouvement Chopard L.U.C (du tri-compax classique), le Patek Philippe et le De Bethune à lecture centrale, ainsi que le chrono automatique de Roger Dubuis. Ajoutons-y les chronographes à poussoirs verticaux (TAG Heuer) et quelques autres subtilités, comme la jolie réinterprétation du 7750 dans la Hamilton Khaki Frogman (ci-contre : c'est un vrai chrono, avec deux poussoirs en un seul, sous capsule vissée, plus des « hublots » sur le cadran en guise de compteurs)… Un mot au passage de la « lecture centrale », rebaptisée par Pierre DeRoche « concentrique » : c’est un vieux concept apparemment inventé par Seiko au début des années soixante-dix, mais pas vraiment suivi par les ingénieurs du groupe (comme souvent chez Seiko !). Il s’agit de lire les temps décomptés par le chronographe non plus sur des compteurs annexes (heures, minutes, secondes séparées sur un tri-compax), mais comme sur un cadran normal, avec les aiguilles au centre. Cette lecture semble plus « logique » et plus moderne que l’éclatement du temps chronographié en deux ou trois endroits. En 2007, on nous a déjà proposé un chrono GMT maison chez Piaget, un Kalpagraph chez Parmigiani, un mono-compteur chez IWC (nouvelle Da Vinci), un tourbillon chrono-GMT mono-poussoir mono-compteur chez Marc Alfieri. Vous devriez voir venir ces jours-ci un chrono automatique à lecture centrale par aiguilles rétrogrades (mono-poussoir) chez Roger Dubuis, un Duomètre chez Jaeger-LeCoultre (sous embargo, mais un post d’hier a dévoilé le pot aux roses sur un blog), un chronographe « séquentiel » chez TAG Heuer et quelque chose de comparable, mais plus fortement innovant, chez Franck Muller… J’en passe plein d’autres et je m’arrête au Centigraphe Souverain de François-Paul Journe : un chronographe mécanique au centième de seconde, trois compteurs faussement classique en apparence, sauf qu’il s’agit d’un mouvement monobloc intégré (et non d’un module ajouté, comme le Calibre 360 de TAG Heuer), capable d’afficher le centième de seconde par aiguille pour des temps allant de 36 000 km/h à 6 km/h, sur les dix premières minutes d’un décompte (c’est pour cela que ce Centigraphe est « faussement » classique : les trois compteurs ne sont pas les habituelles mesures des heures, des minutes et des seconde). Une évidence : la montée en puissance des mono-compteurs « logiques ». C’est la grande tendance : elle permet en outre d’affirmer une vraie expertise mécanique, éventuellement renforcée par un dispositif mono-poussoir. Là, c’est le nirvana ! Une seconde évolution : la banalisation de la famille 7750 tend à démoder le trois-compteurs, avec un retour au deux-compteurs de style Lémania (Type 21 pour ceux qui aiment) ou la création d’une asymétrie qui grossit deux des compteurs pour quasiment cacher le troisième (le chrono Wyler illustre bien cette interprétation différente du tri-compax). Le trois-compteurs – qu’il soit haut ou bas – a donc du souci à se faire. Et à plus fort raison avec l’élargissement des boîtiers, qui condamne les compteurs à être regroupés au centre de la montre pour faire de la figuration au milieu du cadran : pas très esthétique ! Dernière avancée : les guichets et l’affichage numérique, dont la nouvelle Audemars Piguet Royal Oak Offshore Alinghi nous donne un bon exemple. Cet affichage quasi-digital avait été relancé par la Porsche Design Indicator. Les minutes du chrono tendraient aujourd’hui à se transformer en chiffres lisibles dans un guichet. C’est une traduction de la tendance plus générale à la transgression des codes horaires en trois-aiguilles : la nouvelle génération horlogère aime lire l’heure autrement… A mon avis, le style trois-compteurs – y compris celui de la Rolex Daytona – est voué à être repris jusqu’à l’écoeurement par les nouvelles montres mécanique bas de gamme. Le « look chrono », si distinctif hier et si recherché (il symbolisait un style de vie viril, sportif et aventurier), se démonétise rapidement sous les assauts chinois et la prolifération des « me too products ». le tri-compax ne pourra résister que s’il intègre de nouvelles idées concernant les poussoirs : je pense ici à ce que propose TAG Heuer, aux idées « séquentielles » ou aux mécanismes baroques façon British Masters… Cet épuisement esthétique va relancer les créateurs sur d’autres pistes : un ou deux compteurs, un ou deux poussoirs, un ou deux guichets, mais toujours la même passion d’appuyer sur quelque chose pour déclencher une mécanique et jouer avec le temps qui passe. Tout grand garçon a la nostalgie de son premier Meccano : la montre en est le plus coûteux des substituts contemporains ! Ne pas en déduire pour autant que la maison qui n'a pas de chrono in-house est nulle : on ne sait toujours pas si toutes ces merveilles de "manufacture" sont vraiment fiabilisées... |
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