La lettre internationale des marchés horlogers
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12 avril 2007 - TAG HEUER : LA NOUVELLE COLLECTION LINK
Une nouvelle collection Link
pour fêter les 20 ans
d'un maillon fort
et une nouvelle version
du Calibre S
qui démode la chronographie classique



Lancée en 1987, la Link s’était rendue célèbre par le maillon en S de son bracelet, symbole de modernité pour l’époque : on parlait alors de S/EL et non de Link : S/EL pour « sport élégance ». C’était une des premières montres vendues avant tout sur le concept de son design, devenu status symbol. Ajoutons à cette connotation sportive un réel confort au poignet, apprécié notamment par la clientèle américaine.
L’image de la montre avait été portée par Ayrton Senna et TAG Heuer en avait vendu des camions, avant de relancer la série grâce à Tiger Woods et à Uma Thurman

Le maillon en question – sérieusement démodé dans sa première version très bio-design – n’a pas cessé d’évoluer depuis : il est à présent plus lisse, plus plat et plus élégant.

Pour son vingtième anniversaire, la Link revient avec de nouvelles complications mécaniques, qui en font la première collection de l’histoire horlogère à posséder les trois niveaux de précision actuellement disponibles (le 1/5e de seconde des chronos mécaniques classiques, le 1/10e de seconde du mouvement El Primero devenu Link Calibre 36 et le nouveau 1/100e de seconde de la Link Calibre S.

Cette dernière proposition est la plus intéressante de la série (environ 2 200 euros). C’est un calibre mécanico-électronique (cinq moteurs bidirectionnels relayés par des rouages, en tout 230 composants) qui inaugure une nouvelle génération de chronographes aussi faciles à lire qu’à utiliser. Après avoir goûté à ce Calibre S au 1/100e de seconde, on ne regarde plus les autres chronographes du même œil.

On y trouve neuf fonctions, pilotables par une couronne classique et deux poussoirs. Classique : heures, minutes, secondes et date (la dizaine par chiffre sur le segment circulaire à gauche, les unités par chiffre sur le même segment circulaire, mais à droite).
En mode chronographe (il suffit d’appuyer sur la couronne), les deux aiguilles de l’heure et des minutes se repositionnent à midi : on déclenche alors le chronographe par les poussoirs habituels et l’aiguille des secondes commence sa ronde. Arrêt, relance (style rattrapante) et remise à zéro par les poussoirs classiques.
Les minutes et les heures de ce temps chronographé seront décomptées par les aiguilles de la montre (lecture centrale), les dixièmes se lisant sur le segment circulaire de gauche et les centièmes sur celui de droit.
Pendant cette phase chronographique, il est à tout moment possible de revenir en mode horaire classique : une pression sur la couronne et les trois aiguilles reviennent à l’heure exacte, à la seconde près, tout comme les deux indicateurs de la date...

La lecture des temps courts est ainsi aussi intuitive que possible et l’accès à la chronographie aussi aisé que possible : c’est la caractéristique des chronos nouvelle vague, qui ont définitivement démodé les trois compteurs habituels d’hier

Entre 1 800 et 2 500 euros, les autres nouvelles Link relèvent plus du design et de la cosmétique de ligne que de l’innovation : jour-date plutôt bien dessiné (Link Calibre 5 Day-Date), trois aiguilles (Link Calibre 5), chronographe automatique (Link Calibre 16 à lunette tachymétrique), le tout en 42 mm, avec les cadrans de couleur et les or/acier de rigueur (il faut bien plaire à la clientèle américaine, où TAG Heuer reste une icône de référence)...

Ma seule vraie critique personnelle sera pour... le maillon Link : je ne l’aime toujours pas, malgré son lifting, même si j’en ressens le confort et la fluidité. La Link Calibre S serait une montre sportive absolument révolutionnaire si elle n’était pas aussi... Link, c’est-à-dire affligée de ce maillon métallique, certes très identifiable, mais à mes yeux très daté par l’ostentatoire visibilité de son parti-pris en termes de design !

J’imagine le boîtier en 42 mm de cette Link Calibre S avec un bracelet caoutchouc. J’y ajouterais une lunette un tantinet plus large, avec des aiguilles un peu plus charpentées, et j’aurais enfin trouvé une montre sportive capable de me convertir à l’horlogerie électronique. Sans oublier qu’elle est étanche à 200 m et qu’elle peut donc jouer les « tool watches »...

J’ajoute une touche sociologique intéressante. Ce Calibre S permet de cacher une révolution sous une allure conventionnelle (trois aiguilles, deux poussoirs). C’est une « révolution technologique » juste pour moi, pour mon seul plaisir : attitude terriblement tendance et post-moderne.
D’autre part, le fait de pouvoir « débrayer » l’heure pour la retrouver à la demande est lui aussi hyper-moderne : je maîtrise mon temps, je le choisis et je peux me débrancher à volonté des heures qui passent, pour les retrouver à ma guise quand j’en aurais envie...
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