La lettre internationale des marchés horlogers
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8 juin 2007 - … (COUP DE GUEULE)….. ANTIQUORUM : CONTRE, TOUT CONTREFAÇON…
Deux poids,
deux mesures dans la façon
de lutter contre les copieurs
et les contrefacteurs
de montres…



Pendant les salons horlogers, Audemars Piguet avait réussi à intervenir contre les montres Drops (Ritmo Mvndo) et Ultimos (Honk Kong), qui contrefaisaient en acrylique des Royal Oak.

De fait, À Bâle, les « pompeurs » et les contrefacteurs avaient adopté un profil bas : dans notre reportage dans la forteresse chinoise de Baselworld (http://www.businessmontres.com/breve_201.htm),j’avais expliqué comment rien ne se trouvait en vitrine, mais tout dans les tiroirs…

Partout en Suisse, c'est la grande mobilisation contre les copies de montres ! Douaniers, avocats, autorités, marques : c'est à qui donnera de la voix pour fustiger ce mal du siècle...

C'est pourquoi j’ai tout de même été très étonné de découvrir, dans le dernier catalogue d’Antiquorum Genève, un de ces Toy Watch inspirées des grandes références classiques, mais réalisées en methacrylate.
Toy Watch est une marque hongkongaise lancée par la maison de luxe horloger Charmonde, sur le créneau de la montre « A la manière de » : Toy Watch fait un malheur sur le marché américain, italien ou asiatique, en remplaçant Swatch comme marque non conformiste.
Le plastique transparent sert ici d’alibi juridique pour bien montrer qu’il s’agit d’un pastiche et non d’une contrefaçon, mais les codes sont intégralement ceux des grandes marques (généralement Rolex, Audemars Piguet ou Hublot)…

Certes, chez Antiquorum, il s’agira de mettre aux enchères un… « Toyurbillon » ( !) : le boîtier est taillé en 44 mm et le mouvement tourbillon chinois propose une précision de l’ordre de - 15 à + 35 seconde par jour, ce qui n’est vraiment du luxe. Le prétexte invoqué par Antiquorum est humanitaire, la somme de la vente revenant au Hong Kong Cancer Fund.

On reconnaîtra dans cette pièce (ci-dessus) tous les codes de la Rolex Submariner, soigneusement exploités, si ce n'est minutieusement pillés : à chacun sa définition de la "copie servile" et de la "contrefaçon"...

Je me pose – et je pose publiquement – plusieurs questions.

• D’abord, avec Toy Watch, on est vraiment à la frontière de la contrefaçon, et je ne sais pas trop de quel côté on est… Du bon ou du mauvais ?

• Ensuite, je ne suis pas certain que l’alibi humanitaire ne soit pas ici détourné, à l’insu d’Antiquorum (c'est du moins ce que je veux croire). Tout est fait pour donner une légitimité indirecte – mais certainement bien exploitée en communication – à ce style de montres "A la manière de"...

• Enfin, je note que, parallèlement, la société fançaise Camille et Lucie, qui vendait des « répliques de joailliers » en pacotille, a été sévèrement condamné à la demande de quatorze grandes maisons parisiennes, dont Cartier, Boucheron, Hermès, Gucci ou Dior.
Plus de 800 000 euros d’amendes ont été infligées !
Si on regarde objectivement le dossier, la société Camille et Lucie faisaient exactement la même chose que Toy Watch : adopter le style des grandes maisons pour des bijoux de camelote, dont chacun comprenait implicitement qu’ils étaient en toc.
Simplement, Camille et Lucie ont eu la malchance de grandir à l’ombre de la place Vendôme, alors que Toy Watch s’épanouit à l’ombre de Victoria Peak…


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Pour découvrir l'univers de Toy Watch (site américain), cliquez ici...
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