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| 12 juin 2007 - ......YONGER & BRESSON : SPLENDEURS ET MISÈRES DE L'HORLOGERIE FRANÇAISE | |||||||
Saint Marketing, priez pour nous ! Les marques restent capables de faire n'importe quoi... Je suis toujours épaté par la manière dont certaines marques se débrouillent pour construire (ou déconstruire) leur image... Née en 1975, Yonger & Bresson est une marque française (franc-comtoise pour être précis) qui a connu la célébrité dans les années quatre-vingt, avec des montres à quartz vendues à des prix accessibles et promues à la radio. Tous les plus de quarante ans ont encore en tête la ritournelle publicitaire de Yonger & Bresson, qui promettait des "montres à la précision suisse" – lesquelles montres n'étaient évidemment pas très suisses, mais très asiatiques quoique sous pavillon français... Souvenons que la France croyait alors très fort à son "plan Montres", inspiré par un élu local, Jean-Pierre Chevènement, qui jouait au Meccano industriel avec la branche horlogère du groupe Matra et les fabriques du bassin de Besançon, dont les décombres de ce qui fut Lip. Déployé à la façon des "gosplans" soviétiques, ce grand dessein industriel devait se fracasser sur les réalités du marché et achever de disperser, aux quatre vents de l'histoire, ce qui restait de l'horlogerie française, bastion industriel qui était depuis deux siècles le grand rival européen de l'industrie horlogère suisse... A vouloir se battre sur les volumes, on finit toujours par trouver plus gros et moins cher que soi : comme toutes les marques françaises qui ont alors fait le choix du quartz et de l'entrée de gamme, la marque Yonger & Bresson a vite été balayée par les produits de commodité chinois vendus à bas prix. Passée entre les mains du groupe Ambre (Morteau, Doubs), la marque a survécu comme elle le pouvait à cette déstructuration de son marché, avec des collections plus ou moins Swiss Made (on peut s'affirmer "de qualité suisse" sans pour autant relever du label officiel helvétique), largement achetées sur catalogue du côté de Hong Kong. Ni belles, ni moches, ces montres Yonger & Bresson étaient proposés sur quelques marchés, avec la "french touch" comme argument. On en trouvait même encore en France... On a récemment vu, à Baselworld 2007, Yonger & Bresson proposer des tourbillons mécaniques chinois et accroître significativement la part des montres Swiss Made dans ses colelctions. Ce serait parfaitement légitime si la marque avait clairement décidé de se repositionner sur un certain créneau d'horlogerie compliquée à prix accessible (12 000 euros, tout de même, ce qui n'est pas rien). Il y a probablement une demande internationale pour des tourbillons "démocratisés", et pourquoi pas en France... Ce serait même honorable si la marque mettait par ailleurs ses actes en conformité avec ses ambitions. On comprend moins, dans ce cas, la diffusion massive de montres totalement ringardes, qui portent encore fièrement la mention "Quartz" sur leur cadran (même taille et même caractère que la marque) et qui sont indignement soldées sur Brandalley à 34 euros, pour un prix initial affiché à 69 euros ! Quelques clics sur brandalley.fr révèlent même un déstockage massif, qui ruine le peu de confiance qu'on pouvait avoir encore dans la marque... On peut comprendre qu'un manager ait besoin de liquidités pour financer sa croissance : choisir Internet pour déstocker, c'est vraiment scier la branche sur laquelle on est assis et c'est ruiner tous les efforts d'image qu'on a pu faire auparavant... ... |
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