La lettre internationale des marchés horlogers
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18 juin 2007 - …. ENCHÈRES : ARTCURIAL VEUT CRÉER UNE ALTERNATIVE FRANÇAISE AUX LEADERS DES VENTES HORLOGÈRES …
Pour Artcurial,
numéro 2 français des ventes aux enchères,
Me François Tajan développe
un pôle international
de compétences horlogères
pour concurrencer Antiquorum,
Christie’s et Sotheby’s



Surveillez de près la vente de montres réalisée par Artcurial, le 30 juillet, à Monaco : elle donnera le signal d’une offensive française sur le terrain des ventes aux enchères horlogères.

Terrain où la France était quasiment inexistante (quoiqu'elle ait été une grande nation horlogère et que son patrimoine soit immense), alors que les grandes maisons internationales (Christie’s, Sotheby’s) ou spécialisées (Antiquorum Genève) raflent la quasi-totalité des parts de ce marché international.

Le commissaire-priseur François Tajan, 45 ans (ci-contre), co-président d’Artcurial, numéro deux sur le marché français, derrière Christie’s, après seulement cinq ans d’existence, entend « remettre les montres à l’honneur » et poser Artcurial en référence française pour les enchères horlogères.

Objectif : sensibiliser en priorité le public des clients d’Artcurial (acheteurs ou vendeurs) et susciter en France l’émergence d’une nouvelle clientèle de collectionneurs. Après des années de matraquage fiscal et de défiance pour les signes extérieurs de richesse, la France reste une terre de mission pour les montres de collection…

Recettes d’Artcurial : trouver de la « bonne marchandise » (assez de montres de valeur pour justifier des ventes thématiques pluri-annuelles) ; éditer des catalogues soignés pour renseigner et rassurer les amateurs ; mettre en place une équipe d’experts qui donnent confiance aux investisseurs (Romain Réa sera un des animateurs de cette équipe) ; organiser le rayonnement international de ces ventes par une politique d’expositions internationales ; sensibiliser de nouveaux clients en les attirant vers l’investissement horloger ; établir des prix de référence internationale capables d’élargir le public actuel des passionnés français.
Bref, enclencher une dynamique autour de ce nouveau pôle horloger d’Artcurial.

Argument de légitimité non négligeable : la situation d’Artcurial au carrefour des Champs-Elysées et de l’avenue Montaigne, colonne vertébrale du luxe à la française.
On sait que la jeune maison d’enchères est adossée au groupe Dassault, propriétaire de l’immeuble (hôtel Dassault du carrefour des Champs-Elysées) et actionnaire de référence d’Artcurial).

Atouts complémentaires : un réseau Artcurial qui commence à s’étoffer en France (Deauville) et en Europe (Monaco, Bruxelles, Cologne, métropoles où Artcurial s’associe à des acteurs locaux de grande réputation). Demain, Artcurial peut se donner une envergure supplémentaire en montant des ventes-événements à Genève, voire en Chine.

BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

Vieille nation horlogère, la France recèle sans le moindre doute de nombreuses très belles pièces de collection, aujourd’hui disséminées dans les successions (où elles sont rarement répertoriées, compte tenu de leur taille et de leur discrétion) et dissimulées pour échapper aux taxations en vigueur.
C’est notamment pour faire sortir ces montres de leurs cachettes et alimenter discrètement les ventes genevoises qu’Antiquorum a ouvert un bureau à Paris : quelques dizaines de Breguet ont ainsi quitté les coffre-forts où elles dormaient pour répondre à la demande de collectionneurs américains et asiatiques…

La tâche d’Artcurial est double.
D’abord informer ses clients habituels, collectionneurs d’art (et généralement possesseurs de montres), que celles-ci peuvent avoir une valeur non négligeable sur l’actuel marché des enchères : les ventes spécialisées d’Antiquorum servent ici de référentiel prometteur.
Ensuite, informer les amateurs non collectionneurs de montres que celles-ci sont devenues, au même titre que les tableaux contemporains ou les meubles du XXe siècle des valeurs de placement tout-à-fait respectables, capables d’atteindre des sommets qui les placent parmi les objets les plus spéculatifs de ces dernières années.

Bien entendu, du fait de sa fiscalité, la France est légèrement handicapée par rapport aux pays situés hors de l’Union européenne, mais Genève est une place proche pour se créer une réputation, tout comme New York ou Shanghai…

La clientèle internationale des amateurs de luxe s’accroît plus vite que le nombre des ventes thématiques d’horlogerie, aujourd’hui pénalisées par le manque de belles pièces qui ne soient pas déjà passées en salle.
Antiquorum a adopté une stratégie d’élargissement de la base des marques collectionnables (exemple récent : Omega), soit une stratégie de l’offre.
Artcurial vise l’élargissement de la base des collectionneurs nationaux, soit une stratégie de la demande.
Les deux stratégies pourraient bien être complémentaires pour installer définitivement les montres parmi les "oeuvres d'art" du XXe et du XXIe siècle…

• On notera, et ce n’est sans doute pas un hasard, que cette initiative d’Artcurial est révélée par Business Montres à peu près parallèlement à la mise en place d’un certificat de chronométrie français.
Manifestement, l’horlogerie française bouge et se bouge. Dans le bon sens, ce qui mérite d'être souligné !


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