La lettre internationale des marchés horlogers
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23 juin 2007 - ….. EXCLUSIF : LES MONTRES HAPPY BUDDHA ANNONCENT UN NOUVEAU « CHINA CHIC » ….
Des tourbillons à 1 900 euros
qui préfigurent une vague
socio-culturelle de « China Chic »,
capable de ruiner les prétentions
de nombreuses marques Swiss Made...
Prêts pour le grand style « impérial » ?


Retenez bien ce nom : Happy Buddha. C’est une collection de tourbillons volants qui ne cachent pas qu’ils sont Proudly Made in China.
Et, c’est vrai, ils ne manquent pas de charme, ni de séduction, ni même d'intérêt horloger, avec un style rouge et noir très Cité interdite, en plus de finitions tout-à-fait correctes pour des montres facturées autour de 2 500 dollars.

Le modèle ci-contre est travaillé en PVD noir (caractères chinois rouges sur cadran noir onyx), mais il existe de nombreuses variantes de couleurs pour le boîtier et le cadran, ainsi que des sertissages assez honnêtes (5,7 carats de
bling bling pour 14 600 dollars, soit 11 200 euros).
Ces tourbillons sont logés dans deux boîtes de base : une ronde et une tonneau. Ce qui permet de proposer une centaine de variantes, dont la collection à caractères chinois ne représente que le quart (les autres pourraient très bien passer, de loin, pour des Franck Muller légèrement déjantées)…

Les détails horlogers tiennent la route : mouvement tourbillon volant à côtes de Genève et vis bleuies, boîtier de 42 mm, couronne « oignon », fond saphir pour admirer le gros Bouddha gravé sur un des ponts, verre saphir bombé, 50 m d’étanchéité, 50 heures de réserve de marche, bracelet alligator surpiqué, boucle déployante et série limitée à 99 pièces.

Ces montres sont diffusées par l’improbable groupe KultUhr, qui marie un nom germanique, une inspiration Chine éternelle, un design suisse, une commercialisation italo-californienne et une fabrication Chine contemporaine.

BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

Plutôt honnête, comme rapport qualité-prix ! Même si le melting-pot des racines de la marque n’inspire pas forcément confiance…

En fait, cette collection annonce une grande vague de « China Chic », contre laquelle les marques européennes de gamme intermédiaire auront de la peine à lutter.

S’il est évident que Rolex, Breguet ou Patek Philippe n’ont pas de souci à se faire, il n’en va pas de même d’autres marques suisses, plus modestes, qui n’ont cessé, ces dernières années, d’augmenter leurs prix et leurs prétentions à la haute horlogerie.

Une marque forte permet de résister en justifiant un surcoût accepté par les consommateurs. Une marque faible, ou pauvre en image, ou victime d’un brouillage communicationnel, n’a pas d’arguments opposables à celui du prix. Surtout si une apparence de qualité et de distinction est au rendez-vous.

Face à des montres qui affichent fièrement leur origine chinoise et qui argumentent autour de la complication à prix accessible (tourbillon) pour reléguer le branding suisse au rang de gadget marketing, beaucoup de collections classiques vont pâlir et perdre l’estime des consommateurs.

Le nouveau Chic Chinois, fait d’élégance impériale et de style contemporain, est une vague de fond d’autant moins résistible qu’elle s’appuie sur une dynamique de conquête marchande et de recalage du centre de gravité des économies développées.
Elle va déferler sur tous les secteurs ou l'Europe se croît impossible à concurrencer : la mode, le luxe, les montres, l'art de vivre...


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