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| 22 mars 2011 - LES BONNES QUESTIONS DU MARDI : Sur quoi s’interroger avec Baselworld à bout touchant ? | |||||||
.Dernière pensée pour nos amis japonais qui ne seront pas au salon de Bâle avec nous... Baselworld, ton univers impitoyable ! AU RISQUE DE MAUVAISES RÉPONSES, ON DOIT QUAND MÊME SE POSER LES BONNES QUESTIONS... 1) ••• À QUEL NIVEAU CHIFFRER LES DÉFECTIONS DES PROFESSIONNELS JAPONAIS À BASELWORLD ? On y voit un peu plus clair pour ce qui est de l’impact de la situation japonaise sur la fréquentation de Baselworld. Si les médias occidentaux ont privilégié les aspects spectaculaires et immédiatement visibles de la catastrophe japonaise, ils ont négligé le traumatisme invisible et la secousse morale durement ressentie par la population, au-delà de son apparent stoïcisme • RÉPONSE : des annulations quantitativement négligeables, mais qualitativement plus gênantes. Certainement moins de 500 personnes sur les 10 000 visiteurs, mais des commandes qui devraient chuter d’à peu près 50 %, sinon plus, tellement les professionnels ont peu de visibilité d’ici à cet été. Dans les groupes de luxe, on évoque même u niveau de commandes qui ne dépassera pas 20 % de ce qu’il était l’année dernière, année déjà pas glorieuse. Une première annulation officielle de haut niveau : celle de Yuichi Masuda, directeur exécutif de Casio, qui a limité les déplacements de son état-major à quelques membres de la R&D... 2) ••• QUEL OVNI NOUS PRÉPARE TAG HEUER AVEC SON ANNONCE TONITRUANTE DE MERCREDI ? Evidemment, tout le monde est sur les dents, mais les bouches sont désespérément closes ! Comme pour l’enquête sur l’« Opus Eleven » de Harry Winston, • RÉPONSE : Oui, c’est bien une TAG Heuer (c’est marqué !). Oui, c’est bien un chronographe (aiguille des secondes en couleur et plus grande que l’aiguille des minutes). Oui, ça doit être un boîtier rond. Oui, c’est bien un « bidule » de précision (c’est marqué !) au centième (sachant qu’on avait déjà l’amorce d’un 0 supplémentaire dans l’image précédente) : si le 10 est à cette place, c’est qu’il doit y avoir 9 autres repères des dizaines autour du cercle. Oui, c’est une quelque chose « ...otimer » : Mikrotimer (reprise d’un nom qui a fait de l’usage chez TAG Heuer), Macrotimer, Centotimer, Hectotimer ou autre. Oui, il doit y avoir autre chose que le centième (à quoi peut servir le 15 marqué d’un index triangulaire ?). Oui, les journalistes sont toujours trop curieux... 3) ••• ET SI ON REPARLAIT DU HALETANT MYSTÈRE DE LA NOUVELLE « OPUS ELEVEN » D’HARRY WINSTON ? Apparemment, ça passionne les amateurs autant que les journalistes, qui suivent de près les indices dénichés par Business Montres pour tester les constructeurs horlogers – qui n’en peuvent mais ! Un dernier point avant la révélation de demain (plus tôt si c’est possible, mais il n’est pas évident que Business Montres bénéficie des faveurs de la manufacture !)... • RÉPONSE : on en sait déjà pas mal, entre le nom, l’affichage digital de l’heure, l’épaisseur des saphirs, les oreilles de Mickey, les pignons coniques et les panneaux indicateurs ! Merci à tous les copains fournisseurs pour ces précisions (Business Montres du 21 mai). Reste à connaître l’horloger créateur et le designer, puis, évidemment, le style général. Un dernier pronostic, au risque d’être démenti par les faits : ça ne viendrait pas des montagnes neuchâteloises, mais d’un axe vallée de Joux-Genève, avec une préférence pour les bords du lac. • On avait parlé (Business Montres du 14 mars) du « retour d’un familier de la marque » pour répondre à la lancinante question du « qui ? ». Et ce n’était pas Max Büsser en dépit d’une rumeur tenace ! Tiens, au fait, un certain Peter Speake-Marin – qui a travaillé sur l’Excenter Tourbillon ou sur la Z3 d’Harry Winston avant de créer sa marque – n’aurait-il pas un atelier du côté de Rolle, entre vignes et lac ? Le designer ? Quelque part entre Antoine Tschumi et Eric Giroud, deux vétérans de la collection Opus, il ne doit pas y avoir de quoi glisser une feuille de papier à cigarettes. « Entre les deux, mon cœur balance »... 4) ••• QUELLES SONT LES QUINZE MARQUES « CLASSIQUES » À SURVEILLER DE TRÈS PRÈS À BÂLE ? Quinze marques ou montres à ne manquer sous aucun prétexte parce qu’elles marqueront le millésime 2011 : dans tous les styles et à tous les niveaux de prix, elles imposent la force de leur concept et l’expression singulière de leur proposition horlogère (par ordre alphabétique de marques « classiques »)... • Bell & Ross : une nouvelle réinterprétation contemporaine de l’horlogerie militaire, avec un retour aux origines des premières montres de soldats... • Breguet : ne serait-ce que pour le concentré de haute technologie qu’est la Type XXII en 10 Hz, même si d'autres échappements sont encore plus rapides... • Chanel : ne pas manquer la J12 Chromatic, qui fait basculer la marque dans un univers plus viril, capable de réconcilier les mâles et la céramique... • Concord : à force de ramer, la marque a recollé au peloton et nous propose un chronographe C1 très réussi, ainsi qu’un très amusant tourbillon arachnoïde... • Dior : la Dior VIII pose les bases d’une nouvelle identité horlogère pour la marque, qui s’est longtemps cherchée avant de retrouver ses racines... • Hanhart : l’art de faire du neuf avec du vieux, et de redonner un coup de jeune à l’ancienne tradition des « chronographes d’aviation » dans le goût germano-suisse... • Harry Winston : impossible d’échapper à l’obsessionnelle Opus Eleven, talking pièce que tout annonce radicale, rupturiste et – on l’espère – fonctionnelle ! • Hermès : maintenir l’ensemble d’une collection au meilleur niveau général – Hermès y excelle – est un exercice autrement plus délicat que le simple tuning d’un ovni gonflé aux hormones... • Hublot : la marque qui change les heures en or s’avance avec une des collections les plus profondes et les plus larges de tout le peloton de tête des grandes marques, manufacture Rolex comprise... • Perrelet : du tourbillon à la Turbine sertie, plus quelques bonnes surprises dans les collections féminines, un parcours horloger qui continue à flirter avec le sans-fautes. Pourvu que ça dure... • RJ-Romain Jerome : on attend Manuel Emch au tournant de sa première « vraie » création chez RJ, mais il faudra aller le chercher sous l’eau, avec une Octopus subaquatime qui sublime les codes RJ... • Rolex : quoique la marque présente, ce sera un succès médiatique et sans doute commercial, et ce serait encore plus fort si, par bonheur, il y avait un vrai nouveau modèle... • TAG Heuer : il n’y aura pas que la « bombe atomique » annoncée avec tous les superlatifs imaginables [voir ci-dessus], mais l’explosion de celle-ci risque de parasiter les autres annonces de la marque... • Tudor : si le retour de l’Advisor pronostiqué par Business Montres se vérifie, pas de souci à se faire sur le succès des collections 2011... • Zenith : la manufacture a mis les bouchées doubles pour tenter de coiffer TAG Heuer sur le poteau d’arrivée de la course aux hautes fréquences. Une vieille rivalité remise au goût du jour... • Et toutes les bonnes surprises qui nous attendent ici et là au détour des allées (comme il était impossible de tout voir avant Baselworld, il reste de la marge pour compléter cette première liste)... 5) ••• QUELLES SONT LES QUINZE MARQUES DE NOUVELLE GÉNÉRATION À SURVEILLER DE TRÈS PRÈS DANS LES ALLÉES DE BASELWORLD ? Eh oui, comme d’habitude, les « petites marques », qui n’ont que leur produit pour tout empire, ont rivalisé de créativité pour se faire une place au soleil, ou plutôt à l’ombre toxique des « grandes marques » qui dictent leur loi sur le marché et dans les réseaux (par ordre alphabétique)... • 4 N : maintenant qu’il a le soutien de l’atelier Renaud Papi (APRP), François Quentin devrait parvenir à nous épater par un premier prototype fonctionnant de son affichage digital hors normes (Palace)... • Antoine Martin : une nouvelle marque associée à une manufacture de complications, qui débarque avec une proposition de quantième perpétuel à grand balancier bourrée d’innovations (Hall 4.1)... • Artya : on ne présente plus Yvan Arpa et, même si on ne le connaît pas, on finit toujours par entendre parler de lui tellement il pratique avec application le jiu-jitsu médiatique (Hall 2.0)... • Ateliers de Monaco : un quantième perpétuel simplissime et une montre dédié à la future princesse de Monaco, c’est vraiment un atelier et c’est vraiment de Monaco (Hall 4.1)... • Black Sand : collection horlogère impeccable, branding irréprochable, ambitions raisonnables, comme on aimerait que toutes les « petites marques » aient ce sérieux qui ne se prend pas au sérieux (Palace) ! • Christophe Claret : une vraie marque pour Maître Christophe, le magicien des hautes complications qui descend dans l’arène pour y jouer au blackjack avant une montre-casino épatante (Palace)... • De Bethune : quelques-unes des plus belles montres du salon et un objet du temps horlo-connecté qui va enflammer les médias horlogers par les perspectives qu’il ouvre (Palace)... • Hautlence : très attendue, la HL 2 (échappement séquentiel et heure sautante à chaînes avec minutes rétrogrades) porte tous les espoirs de reconquête de la marque, qui a visé très haut pour recaler son image (Hall 4.1)... • Heritage Watch Manufactory : un concept tellement rétro-classique que sa Centenus est partie rechercher 3 000 ans en arrière les heures décimales des lettrés chinois pour en faire une complication jamais vue (Palace)... • Ikepod : un sablier, ça va. Mille sabliers, c’est le nirvana, surtout quand ils sont plus petits et plus accessibles, mais toujours dessinés par Marc Newson. Même les œufs à la coque n’en reviennent pas d’être ainsi chronométrés (Palace)... • Jacob & Co : pour son retour à Bâle, Jacob Arabov ne se contentera pas des plus beaux diamants, des plus jolies hôtesses et des plus gros gardes du corps, il donnera aussi dans la haute horlogerie hyper-créative (Hall 3.0)... • Laurent Ferrier : un micro-rotor qui donne des leçons d’horlogerie aux plus grandes manufactures, ne serait-ce que parce qu’il marche et qu’il se permet des finitions dont Philippe Dufour lui-même est jaloux (Hall 4.1) ! • Loiseau : Dominique Loiseau, qui a été un des plus grands maîtres-horlogers des années 1980, nous propose un des mouvements les plus complexes de tout le salon par ses « complications » enchevêtrées (Palace)... • MB&F : impossible de raconter tout ce qu’on montrera et surtout tout ce qu’on ne montrera pas, mais Max Büsser réaffirmera encore cette année sa prééminence sur la « nouvelle génération » (Palace)... • Ventura : Pierre Nobs rêve depuis vingt ans de réconcilier design, électronique et haute horlogerie, mais ce n’est que maintenant qu’il touche enfin du doigt le Graal auquel il a voué sa vie (Palace)... • Et toutes les bonnes surprises qu’on peut marauder dans les années furtives de ces halls improbables où les marques ne sont protégées par aucun statut de droit divin, ni soutenues par aucun actionnaire prodigue... 6 (x 5) ••• QUELLES AUTRES NOUVELLES DU FRONT DE L’HORLOGERIE ? ••• « OPORTUNISME SORDIDE ! » : ce n’est pas tous les jours que les journalistes se lâchent ainsi à propos de Jean-Claude Biver, mais Joël Grandjean n’a pas digéré le charity marketing japonisant du patron d’Hublot, ni les enchères « sans pudeur » de Frédéric Jouvenot (source : Horlogerie suisse)... ••• DANIEL STROM + ARTYA = ? Forcément quelque chose de bizarre ! Business Montres avait signalé l’étrange collection Agonium de Daniel Strom (21 juin 2010, info n° 4) : passée entre les mains d’Yvan Arpa et relookée par Artya pour créer des pièces uniques, cette « horlogerie agonisante » voit ses crânes badigeonnés de substances luminescentes et de décors gothiques encore plus inquiétants (à découvrir en frissonnant sur le stand Artya, Hall 2.0)... ••• HOUR COLOR : du nouveau pour la chromato-horlogerie, saluée voici quelques mois par Business Montres (22 novembre 2009), puisque Hour Color annonce la diffusion de quelques-unes de ses horloges à « affichage horaire global » (formes + couleurs + heures) pour les smartphones (Android ou Apple)... ••• AUDEMARS PIGUET : l’histrion médiatique Mickaël Vendetta porte une Roayl Oak Offshore dans son émission « Carré Viip » (TF1). Vraie ou fausse montre, peu importe ! Bon ou mauvais plan pour la marque ? A chacun de décider (source : Montres de luxe)... ••• BASELWORLD : « Cinq bonnes raisons de se tirer à Bâle », hors salon horloger (art, musées, architecture). De quoi se rappeler qu’il n’y a pas que la Messeplatz à Bâle, mais une magnifique ville rhénane et plein de musées autour de la « Foire » (source : Evene.fr)... MERCI POUR VOTRE ATTENTION à l’issue de ces « Bonnes questions du mardi ». ••• D’accord, pas d’accord ? Un commentaire, une actualité ou un complément d’information à transmettre ? Cliquez en bas de page sur le mot « GRÉGORY PONS » pour envoyer votre message par e-mail... . |
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| Business Montres & Joaillerie, la lettre internationale des marchés horlogers. Quai du Seujet, 16 - CH-1201 Genève (Suisse). Tél : +41 79 800 23 08. Direction de la publication et responsable de la rédaction : |