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| 27 juin 2007 - …. ( EXCLUSIF ) : RETOUR AU MUSÉE BREGUET DE LA PLACE VENDÔME ….. | |||||||
Après une visite surprise au musée Breguet de la place Vendôme, quelques jours avant l’inauguration officielle, j'ai tenu à refaire un nouveau tour des vitrines. C’est vrai, je l’avoue : je n’aurais jamais dû m’infiltrer dans un espace Breguet en plein chantier et raconter ce que j’avais vu avant tout le monde (http://www.businessmontres.com/breve_211.htm). Ce n'était sans doute pas poli, mais c’est ma conception du journalisme : regarder là où il ne faut pas et raconter ce que les autres ne voient pas... Cette déontologie m’oblige cependant, par honnêteté, à revenir sur les lieux du « crime » et à regarder, cette fois sans les travaux en cours, ni la foule mondaine du jour de l’inauguration officielle, les vitrines de ce musée, le seul consacré à Breguet à travers le monde… Je ne reviens pas sur l’architecture des lieux, encore plus saisissante dans le calme d’un grand espace commercial largement ouvert sur la place Vendôme. Ni sur la décoration : c’est exact, on peut le vérifier dans une vitrine, le bleu « émaillé » des grands panneaux d’un verre qui semble guilloché est bien le bleu légèrement électrique des montres émaillées que vendait Breguet au XIXe siècle. Je maintiens mes réserves sur la qualité du mobilier : les fauteuils en cuir prune sont particulièrement ternes et mal assortis aux bois et aux dorures mates. C’est sans doute la seule fausse note d’un décor réussi. Le vrai bonheur est au premier étage, où une centaine d’objets Breguet (plusieurs dizaines de montres, des pendules, des gravures, des documents d’époque) sont exposés de façon très claire : pas d’excès didactiques, un balisage par époques et par mots-clés, une présentation à plat, sur un fond crème-ivoire qui met les montres en valeur. Clou secret de cette salle : le « coffre-fort », ou plutôt la "salle forte", qui permet d’apercevoir les livres de compte de la maison, tenus depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Chaque montre produite par Breguet y figure, même les plus récentes, avec leur description et leur numéro de série : c’est unique dans l’histoire horlogère. Et c’est très pratique pour vérifier la véracité d’une notice : intrigué par la présentation de la « première montre à couronne de remontoir », datée de 1830 alors que deux autres manufactures suisses revendiquent cette invention, mais dix ans plus tard, j’ai pu consulter le livre de l’époque, où le fils d’Abraham-Louis Breguet avait parfaitement décrit, en 1830, cette couronne et la façon de la remonter de droite à gauche entre le pouce et l’index. Le brevet n’avait pas été déposé, mais l’authenticité de la montre et du registre font foi. Encore une légende horlogère qui s’écroule… Entre les registres officiels, un portrait presque caché : celui de la reine Marie-Antoinette, « marraine » de Breguet à la cour, qui fait discrètement son retour dans une place Vendôme où on a tendance à l’oublier. La maison Breguet, très attachée à Versailles, a la mémoire d’autant plus vive que beaucoup de montres achetées sous l’Ancien régime par les proches de la reine assassinée sont aujourd’hui revenues dans les vitrines du musée. Le soir de l’inauguration officielle, on apercevait, derrière les grilles de la salle forte (grilles modèle pénitentiaire américain), la première ébauche de ce qui sera la future réédition de la « montre de Marie-Antoinette », pièce horlogère qui passe pour avoir été la plus compliquée de son temps, mais qui a disparu dans les années quatre-vingt, lors d’un cambriolage à Jérusalem où elle était exposée. Nicolas Hayek m’a personnellement donné, ce soir-là, quelques nouvelles de cette montre, pour la réalisation de laquelle une équipe d’horlogers de Breguet s’arrache les cheveux depuis deux ans. On ne connaît plus cette grosse montre de poche que des photographies et les plans du calibre sont imprécis, voire faux. La refaire est donc la réinventer sur la base de descriptions à faible valeur ajoutée côté technique. L’ébauche de base est prête et il ne manque plus que quelques complications additionnelles à gérer. Hypothèse probable : une présentation début 2008 et une réalisation en série non limitée (cinq pièces par an), sinon par les contraintes d’une production et d’un réglage par nature très compliqués. Un détail frappant dans cet espace où l’histoire se fait légère et l’horlogerie récréative : l’absence de logos Breguet et de hard selling de la marque. Les gros sabots du branding (le péché mignon des manufactures suisses de vieille extraction) sont restés sur le paillasson de l’entrée (magnifique porte, d’ailleurs, qu’on peut admirer ci-dessus). Un bon tuyau : ce musée – dont les pièces sont déjà exceptionnelles, mais qui devrait s’enrichir dans les mois à venir – est ouvert au public : le visiter seul présente cependant moins d’intérêt que de profiter du savoir des érudits de la maison. En faisant poliment la demande, en insistant un peu et si votre intérêt pour l’histoire de Breguet est sincère, demandez à profiter des lumières d’Emmanuel Breguet en personne : en plus d'être le responsable français de Breguet, l'historien de la maison et le curateur du musée, c’est le descendant direct d’Abraham-Louis Breguet, dont il connaît mieux que personne la vie, l’œuvre et les montres. Avec un peu de chance, vous remonterez le temps avec lui et vous sentirez, derrière le vent glacé d’une sévère climatisation, le souffle de l’histoire et l’air frais des montagnes neuchâteloises… Sur le site de Breguet (cliquez ci-dessous), d'un mouvement de souris, vous pouvez également faire une "visite interactive" de la boutique... ... |
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| Breguet, l'homme, la marque, les montres et Marie-Antoinette : cliquez ici... | |||||||
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