La lettre internationale des marchés horlogers
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16 juillet 2007 - ….. (CONFIRMATION D’UN SCOOP)…. LOUIS VUITTON RENONCE À L’AMERICA’S CUP : C’ÉTAIT UNE RÉVÉLATION DE « BUSINESS MONTRES » IL Y A… DEUX MOIS !
Petite note à l’attention
de ceux qui découvrent, à la mi-juillet,
que Louis Vuitton renonce à parrainer
l’America’s Cup (Louis Vuitton Cup) :
c’était dans Business Montres,
le 21 mai dernier…


Ainsi donc, Louis Vuitton jette l’éponge dans l’America’s Cup et renonce à la fois à la Louis Vuitton Cup (épreuves de sélection du défi challenger) et au chronométrage officiel de l’épreuve...

Les lecteurs de Business Montres en étaient informés depuis le numéro du 21 mai dernier.

On pouvait lire en page 8 :
Une Yachtmaster II subliminale
Rolex pourrait supplanter Louis Vuitton pour la prochaine édition de l'America's Cup.
Certains abonnés m’ont demandé pourquoi je n’avais pas donné un avis personnel plus précis sur certaines montres présentées à Baselworld, notamment les nouveautés Rolex.

Qu’on se rassure : ce n’est pas par timidité, mais tout simplement par manque de place ! Puisque l’occasion de le dire m’est offerte, je pense le plus grand bien de la Yachtmaster II : c’est une superbe pièce et c’est une grande Rolex, par sa taille, par sa fonction régate et par le raffinement de ses détails.

Autre qualité : elle fait entrer Rolex dans l’univers des complications extra-chronographiques, ce qui constitue à l fois une révolution interne et surtout un signal fort adressé à l’extérieur. Quand on connaît de la R&D Rolex, on imagine que la marque ne va pas s’en tenir là…

Je voudrais ajouter qu’il ne m’a pas échappé que ce chronographe Yachtmaster II était calé sur un compte à rebours programmable de zéro à dix minutes, durée requise pour les départs de l’America’s Cup.

Ce qui pourrait confirmer les bruits de pontons récemment recueillis à Valence, dans les bases de la 32e America’s Cup :
nous pourrions bien avoir assisté, cette année, à la dernière Louis Vuitton Cup !

Déjà, en 2003-2004, Rolex avait mené une impressionnante campagne souterraine pour évincer Louis Vuitton de l’épreuve. L’accord de partenariat entre ACM (America’s Cup Management) et Louis Vuitton n’avait été signé qu’à la dernière heure : pour être précis, un quart d’heure avant son annonce officielle…

Depuis, Yves Carcelle, le président de Louis Vuitton, n’a pas caché son insatisfaction agacée face aux retombées médiatiques espérées, notamment sur le continent asiatique, où l’audience de ce qui se passe à Valence est largement au-dessous des prévisions.
Cette médiatisation espérée avait pourtant justifié les montants très élevés exigés par ACM pour le chronométrage officiel d’une Coupe dont l’organisation échappe en fait à Louis Vuitton.
D’autre part, Bruno Troublé, l’homme-lige de Louis Vuitton au sein d’ACM, s’est vu marginaliser par l’équipe de Michel Bonnefous, qui tient sa légitimité d’Ernesto Bertarelli, defender (Alinghi) et manager de fait de l’épreuve.

Louis Vuitton estimant ne plus en avoir pour son argent, Rolex est remonté au créneau et aurait toutes les chances d’empocher le parrainage de la future 33e America’s Cup…

Ce qui renforce un peu plus la perspective de voir les épreuves se dérouler à… Dubaï ! Ce serait déjà acté, sans doute pas pour 2009 (la Coupe devant désormais se disputer tous les deux ans), sinon pour des manches intermédiaires, mais plus sûrement pour 2011 : les travaux d’une base géante seraient déjà lancées sous le contrôle d’ACM.
Est-ce un hasard si l’équipe d’Alinghi s’est déjà longuement entrainée à Dubaï, où le régime des vents équivaut à celui de Valence ?

On savait que Rolex, par dépit d’avoir échoué pour cette 32e édition, avait déjà tenté d’organiser, à Dubaï, une épreuve concurrente de la Coupe de l’America : si la marque genevoise venait à évincer Louis Vuitton et si, bien entendu, le Défi suisse d’Alinghi conservait la Coupe, tout se conjuguerait donc pour une compétition dans les Emirats, point moyen médiatique – en termes d’heures usuelles d’écoute – entre l’Europe et l’Asie…

Bref, pour en revenir à la Yachtmaster II, elle n’était sans doute cette année que le coup de canon subliminal du nouveau départ de Rolex dans un univers nautique qui est inscrit, depuis les origines, dans l’identité de la marque.

Quand on chapeaute l’America’s Cup, la plus ancienne épreuve sportive du monde, on peut se permettre d’abandonner aux « petites » marques le parrainage de tel ou tel équipage. Une fois de plus, il y aura Rolex… et les autres !


BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

Il n’y a pas grand-chose à ajouter aujourd’hui à cette révélation d’il y a deux mois. Sinon pour faire observer que, une fois de plus, les lecteurs de Business Montres auront su ce qui se préparait deux mois avant les autres...

L’hypothèse Rolex sera probablement confirmée dans les semaines qui viennent, avec peut-être l'annonce d'un co-parrainage par BMW, qui passerait ainsi du statut de sponsor d'un Défi à celui de sponsor majeur.

La seule inconnue reste le lieu où se déroulera la 33e America’s Cup : Valence (qui rechigne à payer les 150 millions d’euros réclamés par les organisateurs de la Coupe) ou Dubaï ? Pour de simple raisons d’infrastructures toujours manquantes à Dubaï, Valence conserve actuellement ses chances – mais Dubaï peut promettre de livrer ses bases à temps pour 2009.

Hypothèse plus fine, si Valence n'accepte pas de passer par les fourches Caudines financières des organisateurs de l'America's Cup (ACM) : la Sardaigne. On a beaucoup remarqué le forcing des Italiens auprès d'Ernesto Bertarelli, double vainqueur, et notamment le lobbying d'un Romano Prodi prêt à tout promettre pour que la Cup vienne régater en Italie. Atout de Cagliari : c'est déjà un club de milliardaires et la 33e Coupe sera plus que jamais un rendez-vous de milliardaires, compte tenu du nouveau réglement sportif de l'épreuve, qui va exiger des budgets en or massif. Selon la proposition italienne, les équipes pourraient être hébergées dans les locaux d'une des bases navales américaines (extra-territoriales) qui seront très prochainement libérées...

Seul épine dans la main-mise de Rolex sur la Cup : l'opposition d'Audemars Piguet, maison horlogère associée depuis deux victoires au défi suisse Alinghi, et pas vraiment décidée à voir Rolex rafler les lauriers médiatiques de l'opération...

Reste la possibilité d’une Louis Vuitton Cup parallèle à l’America’s Cup : Louis Vuitton et le groupe LVMH ont largement les moyens de financer une telle épreuve, et ils ont près de vingt-cinq ans d’expérience – et les bons experts – pour mener un tel projet à son terme. D’autant que plusieurs autres marques du groupe pourraient être embarquées dans une compétition de prestige (on pense à TAG Heuer ou à Zenith pour les montres ou à Moët et Chandon pour le champagne).

Le défi – concurrencer la Cup historique – est à la portée de LVMH, qui a désormais une revanche à prendre : de quoi rallumer une nouvelle guerre franco-suisse !



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