La lettre internationale des marchés horlogers
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11 avril 2011 - LE FRANC-TIREUR DE BASELWORLD 2011 # 37 : Les 10 meilleures propositions des marques de la « nouvelle génération horlogère »
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La « nouvelle
génération »
n’est pas
une question d’âge,
mais de tension
créative dans
les artères
d’une marque :
grâce à ces dix offres
qui jouent avec malice
à mêler tradition
et modernité,
on ne s’ennuiera pas
dans les vitrines
des détaillants horlogers...








••• ILS AURONT TOUT FAIT
POUR NOUS SAUVER D’UN
« RETOUR AU CLASSIQUE »
QUI COMMENCE À LASSER TOUT LE MONDE...


Sans verser dans la concept watch de rupture, ces marques de nouvelle génération
(catégorie aux contours flous, mais définie par le nouveau regard porté sur les montres, quel que soit leur style) ont particulièrement bien exprimé leur identité et l’originalité de leur projet pendant Baselworld. Business Montres reviendra évidemment dans les jours et les semaines qui viennent sur beaucoup des montres ci-dessous (présentation par ordre alphabétique de marques, pour ne pas créer de jaloux, ni d’injustices entre concepts horlogers très différents)...

1)
•••
BELL & ROSS
L’année était au vintage, mais c’est déjà, depuis toujours,
le fond de commerce de Bell & Ross, qui a fondé son projet de marque sur l’expression contemporaine des codes fonctionnels de l’horlogerie militaire depuis les années 1940. Comment faire plus rétro ? En revenant carrément aux sources de cette horlogerie « réglementaire », et donc aux origines mêmes de la montre-bracelet, telle que l’ont portée et popularisée les combattants de la Première Guerre mondiale. En avant donc pour une montre-bracelet WW1, assortie d’une montre de poche qui reprend exactement les mêmes marqueurs identitaires une manière pour Vell & Ross de « boucler la boucle » en relisant désormais toute l’histoire de l’aviation militaire de 1910 à 2010...

2)
•••
CORUM
La place de Corum dans ce classement se justifie se justifie par l’homogénéité de la nouvelle 2011,
qu’on parle du nouveau mouvement automatique « baguette » logé dans la Golden Bridge, de la nouvelle T-Bridge en titane à réserve de marche ou de la restructuration de la collection Admiral’s Cup, où se distingue une nouvelle ligne : l’Admiral’s Cup Legend en 42 mm (version féminine en 38 mm). C’est une déclinaison en mode classique des codes de l’Admiral’Cup, dans un goût qui reste sportif mais qui sait s’offrir une élégance qu’on remarquera au poignet. Les proportions sont justes, les angles plus « civilisés » et les cornes plus profilées pour rendre la montre plus portable...

3)
•••
DE BETHUNE
En plus de son extraordinaire DB-M (l’« objet du temps » qui réunit dans la poche iPhone et montre de gousset),
De Bethune misait ce printemps sur un nouveau quantième perpétuel (DB 25 QP) qui renouvelle par son esthétique « au-delà de la tradition » une vision novatrice de ce que devrait être l’expression horlogère contemporaine. Autre proposition à ne pas manquer : le tourbillon DB28 Collection, qui réussit lui aussi à recréer un nouveau style « classique » sans jamais cesser de porter l’innovation aux limites d’un extrême tempéré par le goût des finitions artisanales. Les lunes sont toujours sphériques et les échappements d’avant-garde, avec cette légèreté technique et graphique que donne une parfaite maîtrise de l’art horloger : s’il y a du « néo-classique » légitime cette saison, c’est bien du côté de l’avant-garde qu’il faut le trouver, sur un terrain défriché par De Bethune qui se place ici loin, très loin devant ses suiveurs...

4)
•••
DIOR
En marge de sa nouvelle Dior VIII, qui énerve beaucoup la concurrence,
Dior s’est amusé avec quelques « complications » travaillées en compagnie de Frédéric Jouvenot, comme des rotors fonctionnels placés côté cadran et habillés, selon les cas, de joailleries travaillées comme des dentelles (série des Grand Bal en céramique à cadran en nacre noire du Vietnam) ou d’or blanc gradué en minutes et en secondes comme un cadran (réussite esthétique de la Chiffre rouge M01, à mouvement « Dior Inversé », en édition limitée à 200 pièces). On ne demande pas à Dior de révolutionner les beaux-arts de la montre mais, année après année, on voit se dessiner dans les collections une appréciable ambition de bien faire sur le terrain de la belle horlogerie créative...

5)
•••
HAMILTON
Si la marque n’a pas lancé cette année son concept Lipstick de montre en tube de rouge à lèvres
(pour le coup, Business Montres avait plus d’un an d’avance sur Baselworld... 2012 !), c’est qu’il y avait déjà trop de nouveautés dans les tuyaux : qui s’en plaindra ? Surtout quand on sait que la marque fêtera l’année prochaine ses 120 ans ! En attendant, la collection Hamilton 2011 était remarquable de pertinence [on est resté dans la veine vintage que la marque travaille depuis des années], avec le chronographe automatique Pan Europ (Business Montres du 11 avril, info n° 4), la Thin-o-Matic qui se permet même un de ces bracelets extensibles « arrache-poils » (vintage oblige !) qu’on espérait tombés dans les poubelles de l’histoire horlogère, un chrono d’aviation plus rétro que nature (Khaki Pioneer « à l’ancienne ») et quelques autres fantaisies, toutes plus savoureuses et accessibles les unes que les autres...

6)
•••
JAQUET DROZ
Des décors en mini-sculptures 3D (la Petite Heure Minute Oiseau)
à une pièce maîtresse comme la Grande Seconde quantième [on attendait une telle montre depuis des années], en passant par la Grande Seconde en céramique et au Tourbillon 7 jours, c’est toute la collection 2011 qui se trouve emportée par une incontestable dynamique de réussite. Les piliers de l’identité sont là : ils déclinent avec élégance les canons d’un rétro-classicisme néo-contemporain qui se distingue par une grande maturité. Autant dire que Jaquet Droz Saison II (sans Manuel Emch) a peut-être enfin trouver son équilibre. Cerise sur le gâteau : la livraison imminente des premières « Machines à écrire le temps », qui prolongent avec bonheur les automates Jaquet Droz du XVIIIe siècle (dont une exposition est en train de s’organiser pour la fin de l’année).

7)
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LAURENT FERRIER
Tant qu’à donner dans le classique, autant y aller à fond, dans tous les compartiments du jeu,
des finitions (d’une qualité quasi-inégalée en Suisse, sauf par quelques artisans géniaux) au mouvement (intégralement « manufacture », avec un micro-rotor aux performances elles aussi superlatives), en passant par l’esthétique générale (plus traditionnel, tu meurs !) et par la distribution (hyper-sélective). On y ajoutera le caractère familial de la marque (Laurent lui-même et son fils, Christian), la proximité avec un atelier de référence comme La Dabrique du Temps et l’ambition marquée de se poser en future « grande maison », avec la manufacture en cours d’installation à Genève. S’il y a une illustration parfaite de la tendance à la « révolution conservatrice », qu’il ne faut pas confondre avec un simple remake des codes néo-classiques, c’est bien du côté de Laurent Ferrier qu’il faut la trouver en 2011. Le micro-rotor Laurent Ferrier n’est pas un micro-rotor de plus sur le marché : c’est un micro-rotor de nouvelle génération et un pionnier qui disqualifie par ses solutions techniques et son efficience la plupart des propositions précédentes...

8)
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NIXON
Surprenante, la présence d’une marque comme Nixon dans ce Top Ten de la nouvelle génération à Baselworld ?
Oui, sans doute, pour les esprits conformistes qui n’ont pas poussé jusqu’aux tréfonds du Hall 1.1. pour y découvrir une collection aussi totalement opportuniste que totalement séduisante pour sa cible « jeune ». Nixon ne s’interdit rien et aurait plutôt tendance à tout réussir, en se jouant avec une habileté consommée des couleurs, des matières et des styles – avec, aussi, une vraie connaissance des ados et des post-ados amateurs de glisse et de nouveaux codes urbains. Si une marque peut désormais réconcilier les jeunes gens avec le port d’une montre au poignet, c’est bien Nixon, qui s’avance en plus sur le terrain du life style avec des prix très accessibles. Dernier atout : la tentation du Swiss Made et des beaux mouvements pour arriver un jour à faire des belles montres. Ça mérite un encouragement, non ?

9)
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PERRELET
Les nouvelles Turbine, les plongeuses de la ligne Seacraft, le tourbillon volant réarchitecturé, la Grande lune :
inutile d’allonger la liste, la collection 2011 est d’une excellente tenue et d’une grande lucidité dans la mise en place d’un style contemporain qui se relie, d’une main, à la grande tradition horlogère et, de l’autre, aux codes ludiques et insolents des concept watches d’avant-garde. Les prix restent élevés (même si la marque a fait des efforts), mais une jeune génération d’amateurs se reconnaît dans ces montres non-conformistes par esprit et par goût. Les puristes aboient, la caravane passe et Perrelet poursuit sa trace...

10)
•••
RJ-ROMAIN JEROME
On connaît les légendes de la marque et ses avancées provocatrices,
mais Manuel Emch réussit, pour la première collection dont il a eu la maîtrise totale, à nous étonner sur un segment ultra-concurrencé où le bon ton exige de ressasser les mêmes codes [on sort difficilement du « style Submariner » !]. Il manquait à RJ-Romain jerome une montre de plongée et on se demandait un peu ce que cela donnerait dans un contexte Titanic. La nouvelle Titanic-DNA Octopus ne ressemble à aucune « plongeuse » du marché, quoiqu’elle respecte à peu près intégralement les spécifications d’un cahier des charges subaquatique. Lunette tournante graduée : en fait, c’est tout le verre saphir qui tourne, grâce à une lunette crantée redoutablement complexe, les chiffres étant gravés au revers de la glace (ils se détachent encore plus nettement sur le fond sombre du cadran). Aiguilles luminescentes, mouvement automatique et rspect intégral des codes de la collection Titanic-DNA : les « griffes » extérieures (maintenues en dépit de la lunette tournante unidirectionnelle) et la croix de Saint-André [tiens, un symbole de plongée dans l’alphabet des pavillons nautiques] sont préservées, de même que la touche de « rouille » (image ci-dessus : la Red Octopus, semée d’or rose pour un grand chic nautique). Coup de chapeau pour la couronne à huit rivets, très travaillée, pour les états de surface du cadran (brut, satiné, poli, avec index et logo RJ en relief, et pour le clin d’œil de l’étanchéité à 888 pieds (270 m) – largement suffisante pour ce boîtier de 46 mm gravé d’une pieuvre (« octopus ») en hommage probable à Jules Verne...







LE FRANC-TIREUR DE BASELWORLD 2011
••• Les trente premières interventions du « Franc-tireur de Baselworld 2011 » figurent en liens dans la liste qui se trouve sur la page de la séquence # n° 30 ci-dessous...
••• # 30 « Hermès réinvente les complications philosophiques » (Business Montres du 27 mars)...
••• # 31 « Les charmes et les délices de la “Halle aux Chinois“ » (Business Montres du 28 mars)...
••• # 32 « Les 10 objets du temps qu’il ne fallait pas manquer » (Business Montres du 30 mars)...
••• # 33 « Les 10 montres de joaillerie les plus intéressantes du printemps » (Business Montres du 1er avril)...
••• # 34 « Les 10 marques “classiques“ qui auront marqué le printemps » (Business Montres du 4 avril)...
••• # 35 « Les 10 concepts les plus radicaux de Baselworld » (Business Montres du 5 avril)...
••• # 36 « La vitrine Sphere en images (Dietlin pour Hublot) » (Business Montres du 9 avril)...
••• # 37 « Les 10 meilleures propositions de la “nouvelle génération“ » (Business Montres du 11 avril)...

••• Et toutes les autres information et nouveautés 2011 (salons ou off salons, nouvelles marques ou maisons de tradition), à retrouver dans les pages et les rubriques régulières de votre Quotidien des Montres...











MERCI POUR VOTRE ATTENTION
à l’issue de cette séquence « Le Franc-tireur de Baselworld 2011 » # 37.

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