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| 1 juin 2011 - LE ZAPPING DU MERCREDI : Les marques, les montres et ceux qui les font – en moins de dix minutes chrono | |||||||
.••• CHANGEMENT D'ADRESSE E-MAIL La précédente adresse gregpons/at/aol.com étant définitivement plombée et détournée par des spameurs, il faut maintenant écrire à l'adresse suivante : gregorypons//at//aol.com (merci de la noter pour tous vos envois)... Les records pleuvent : deux oiseaux chanteurs sous le marteau, trois directeurs en trois ans, quatre rendez-vous à Monaco et des étoiles dans un ciel du XIIIe siècle... POUR CE MILIEU DE SEMAINE, LE ZAPPEUR SACHANT ZAPPER A ZAPPÉ SUR... 1) ••• LES CHAISES MUSICALES RELANCÉES CHEZ AUDEMARS PIGUET... Trois changements de direction en trois ans pour Audemars Piguet France : c’est peut-être beaucoup ! Et ce n’est pas forcément un bon signal, pour le marché français comme pour les autres filiales européennes. Après Jérôme Auzanneau, viré en 2008, l’interlude Philippe Douchet (viré en 2009) n’avait convaincu personne. On avait repris espoir avec l’arrivée aux commandes d’Arnaud Vidal, ex-Bell & Ross (révélation Business Montres du 22 juin 2007), mais il n’aura pas tenu deux ans dans son fauteuil de directeur général, ce poste se trouvant ébranlé et fragilisé par les querelles intestines surajoutées, tant au sein de la filiale française qu’au sein de la direction de la marque, au Brassus. Comme on dit à la roulette : « Rien ne va plus, faites vos jeux »... 2) ••• LES BONNES NOUVELLES EN PROVENANCE DU GRAND PRIX D’HORLOGERIE DE GENÈVE... On va enfin passer aux choses sérieuses ! Première bonne nouvelle : la création d’une Fondation qui devrait veiller à l’impartialité de cette distribution des prix, ainsi qu’à son rayonnement international. Cette Fondation comptera bien (annonce Business Montres du 26 mai) deux représentants de Genève (deux fonctionnaires, un pour l’Etat et un pour la ville), un représentant du Musée international d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds (Ludwig Oechslin), un représentant de Timelab (Patrick Jaton) et deux représentants d’Edipresse (Pierre Lamunière et Marco Cattaneo). Ce « conseil de fondation » sera présidé par Carlo Lamprecht, ancien président du conseil d’Etat genevois... • Deuxième bonne nouvelle : la volonté affichée par ce « conseil » de réformer en profondeur les procédures de fonctionnement du prix [voir nos critiques du règlement intérieur : Business Montres du 27 mai, qui ont été manifestement lues et commentées en haut lieu]. Ce « conseil » des membres fondateurs sera assisté d’un « conseil consultatif » d’une douzaine de membres issus de la profession : on espère que ces consultats seront « représentatifs »... • Troisième bonne nouvelle : la prochaine exposition des montres sélectionnés pour la finale aura la Cité du Temps (Swatch Group) pour décor. On ne sait pas si c’est une conséquence de l’effacement (relatif) d’Edipresse de l’organisation et le signal d’un possible retour des marques du Swatch Group dans la compétition, mais c’est largement positif, de toute façon, pour la légitimité et le prestige d’un GPHG – « Grand » Prix genevois qui exclut aujourd’hui de ses sélections les grandes marques qui représentent 85 % des emplois horlogers genevois... • Quatrième bonne nouvelle : la Banque privée Edmond de Rothschild sera le partenaire « économique » du GPHG – ce qui mettra fin au calamiteux soutien affiché ces dernières années par une UBS désinvolte, totalement démotivée et particulièrement inefficace dans son soutien au Grand Prix... 3) ••• LES MAUVAISES NOUVELLES EN PROVENANCE DU GRAND PRIX D’HORLOGERIE DE GENÈVE... On a quand même des raisons de s’inquiéter ! Même s’il n’est pas question de faire, dès maintenant, un procès d’intention à une Fondation qui n’a guère que vingt-quatre heures d’existence... Première mauvaise nouvelle : les fonctionnaires nommés par la ville et par l’Etat n’ont pas de vraies connaissances du dossier horloger (par exemple, Jean-Charles Magnin est le directeur général des affaires régionales du canton de Genève). Le discours de son « patron », le conseiller d’Etat Pierre-François Unger, pour le baptême de la Fondation en disait long sur le flou des convictions horlogères locales : attribuer la création de l’horlogerie genevoise, au début du XVIe siècle, à des horlogers catholiques, c’était à la fois nier le rôle décisif des horlogers huguenots chassés de France (et notamment de Blois) par les guerres de religion et se méprendre sur l’« invention de la ponctualité » réclamée dans les discours théocratiques de Calvin. Lequel exigeait à l’époque que « chaque minute soit consacrée à Dieu » : les mouvements horlogers de l’époque n’avaient pas d’aiguille des minutes – il y avait donc urgence à répondre aux demandes présentes du grand prédicateur réformé... • Deuxième mauvaise nouvelle : on s’étonnera de ne pas trouver dans ce conseil de fondation des acteurs stratégiques de l’horlogerie suisse, qui auraient pu apporter au GPHG des ressources et une audience considérable. Un exemple, entre autres : avec un prisme moins genevo-genevois, on aurait bien vu Baselworld s’associer à ce projet au plus haut niveau. Ou des représentants des autres cantons horlogers, puisque un des objectifs affichés est de « rassembler la branche horlogère toute entière ». C’est sans doute une occasion ratée (une de plus !) pour décantonaliser le Grand Prix... • Troisième mauvaise nouvelle : là encore sans faire de procès d’intention, on peut se demander si les deux représentants d’Edipresse au conseil de fondation s’imposaient vraiment. Un de trop ? Si le GPHG est un instrument professionnel de la promotion économique genevoise en général, et de la diffusion de la culture horlogère genevoise en particulier, cette sur-représentation des intérêts privés et marchands liés historiquement à ce Grand Prix ne s’imposait pas. Merci quand même à Pierre Lamunière d’avoir rendu hommage à Gabriel Tortella, fondateur initial de ce GPHG avec Jean-Claude Pittard... • Quatrième mauvaise nouvelle : rien ne changera de toute façon avant le début 2012, et le GPHG 2011 vivra sans doute sur la lancée des dérives précédentes (longuement pointées du doigt par Business Montres, notamment le 30 mai, info n° 3). Aura-t-on le courage de réformer le règlement intérieur pour l’édition 2011 ? Ludwig Oechslin a manifesté son intention d’y faire des coupes claires, notamment dans la définition des catégories, mais aura-t-il les moyens de s’en mêler ? Même constat pour l’Aiguille d’or « Made in China » (or et main-d’œuvre) : tout le monde a l’air de trouver ce trophée un peu ridicule pour promouvoir les montres suisses, mais qui prendra la décision de faire tout refondre à Genève ? Pour Business Montres, il suffirait de confier la refabrication de cette Aiguille d’or à l’atelier genevois qui assure déjà la réalisation de ses réductions (les mini-trophées remis aux gagnants) : une dépense dérisoire par rapport à la destruction de valeur générée par l’image grotesque d’un objet China Made pour récompenser l’excellence horlogère suisse... 4) ••• LA CHASSE EN MEUTE TELLE QUE LA PRATIQUENT LES MARQUES LVMH... Ce week-end, il n‘y en avait que pour TAG Heuer (groupe LVMH) sur le circuit de F1 à Monaco (Business Montres du 30 mai, info n° 8). Hublot (groupe LVMH) est normalement le partenaire officiel de la F1. L’explication de l'anomalie monégasque mérite le détour. Sur les vingt grands prix du circuit officiel, 18 sont gérés directement par Bernie Ecclestone et ils ont donc Hublot pour partenaire horloger officiel. Les deux indépendants sont Monaco et l’Inde. Ce dernier a été récupéré par TAG Heuer (Business Montres du 9 mai, info n° 10), la marque ayant également signé un accord de partenariat avec l’Automobile Club de Monaco (annonce Business Montres du 31 janvier, info n° 8). L’ACM détient tous les droits sur le Grand Prix de Monaco – d’où la présence inpactante de la signalétique TAG Heuer sur tout le circuit. Un verrouillage total de la F1 par LVMH et une forme de cartel qui condamne les autres marques à y faire de la figuration ou à se reporter sur d’autres univers... 5) ••• LE CIEL DE MONACO DANS LA NUIT DU 8 JANVIER 1297 (DE BETHUNE POUR ONLY WATCH)... On l’appelait Il Malizia (« le rusé ») : ce 8 janvier 1297, François Grimaldi se déguise en moine franciscain pour s’infiltrer dans la citadelle du Rocher de Monaco, qui appartenait aux Gênois. Au cours de la nuit, il va réussir à ouvrir les portes de la forteresse pour y faire pénétrer ses propres troupes et s’emparer de la place, qui est toujours à ses descendants, plus de sept cents ans plus tard. Les armes de Monaco perpétuent le souvenir de cet épisode « franciscain », une statue de François Grimaldi en moine tirant l’épée se dressant près du palais princier. • Pour Only Watch 2011, la manufacture De Bethune a créé une montre DB 25 (pièce unique) dont le cadran en titane bleui reproduit, en étoiles d’or et en diamants, les constellations d’Orion et des Gémeaux au-dessus du ciel de Monaco, dans cette nuit glaciale du 8 janvier 1297. Le boîtier DB 25 se reconnaît à son élégance absolue (finesse des cornes et harmonie des lignes), mais l’originalité est marquée par l’affichage. Les heures et les minutes défilent dans une « ouverture » à 6 h : on y lit les heures (chiffres romains) et les minutes (chiffres arabes) sur des disques rotatifs en argent, à la pointe d’un immense vaisseau spatial qui se détache dans le ciel étoilé (image ci-dessus). Passons sur le mouvement (balancier silicium-platine) et sur ses finitions aussi magnifiques que traditionnelles. C’est la DB 25 référence 08-01-1297 : elle fera... date ! 6) ••• LE TRIOMPHE CHINOIS DE CHRISTIE’S À HONG KONG... Comme on pouvait s’y attendre, la paire de pistolets à oiseau chanteur (pièce unique) vendue par Christie’s à Hong Kong a fait un record : 5,8 millions de dollars (record pour un objet du temps vendu en Asie et record pour un lot tout court dans une vente asiatique). Business Montres (3 mai et 27 mai, info n° 5) avait parié pour les 5 millions de dollars : on y est largement, ce qui prouve qu’une pièce de qualité, bien tracée et bien storytellée, a toutes ses chances. Enchérisseur final possible (au téléphone) : pas forcément un musée privé (on attendait Patek Philippe) ou une collection européenne, mais plus probablement un nouvelle fortune péri-chinoise, peut-être même hongkongaise... • Ce n’était pas le seul record de la vente, qui restera à 21 millions de dollars comme le plus beau résultat jamais atteint par une séance d’enchères horlogères en Asie. Le Centigraphe Sport 001 de FP Journe (pour l’instant, pièce unique en aluminium) a également explosé son estimation : les 465 000 dollars (neuf fois le prix d’un modèle « normal » en boutique) iront directement aux sinistrés du tsunami japonais. Un seul écrin FP Journe – boîte de 6 pièces, mais sans montres – s’est vendu l’équivalent de 30 000 CHF ! On a dépasse le million de dollars pour une Patek Philippe réf. 2499 en or rose ou pour une Patek Philippe Skymoon Tourbillon réf. 5002P. Au vu du nombre des enchérisseurs en ligne (240 : un autre record pour Christie’s en Asie) et des paddles « de luxe » (enchérisseurs spécialement habilités pour les lots supérieurs à un million de dollars : en Asie, ne lève plus la main qui veut !), on en déduira que Christie’s a réaffirmé sa suprématie sur le marché asiatique – dont les amateurs semblent de mieux en mieux informés [les lots « ravalés » l’ont été à cause de prix de réserve trop élevés]. Mieux : Christie’s semble avoir acquis le statut de « marque » : il est devenu valorisant d’y dépenser un peu plus d’argent qu’ailleurs – il est vrai que les concurrents asiatiques ne peuvent encore pas proposer le même niveau d’expertise et de fiabilité (le fameux « facteur confiance »)... • Prochaine étape pour Aurel Bacs et son équipe : la vente de la mi-juin, à New York. On a vu quelques pièces émaillées intéressantes à l’exposition de Genève, ainsi que les montres (jamais vues) de la collection Packard. Attention ! Evénement annoncé autour de quelques Patek Philippe... 7) ••• LE PREMIER BILAN DES NOUVEAUX RENDEZ-VOUS HORLOGERS... Les salons horlogers pour le grand public se multiplient sur tous les continents. Avec des réussites contrastées selon la maturité des clientèles locales et les stratégies tortueuses des marques – souvent difficiles à décoder. Quelques nouvelles des différentes initiatives, des plus lointaines dates aux rendez-vous qui viennent d’avoir lieu... • THE WATCHES DAYS (Genève, 11-13 novembre) : la grille de départ est quasiment pleine pour l’édition 2011 (40 à 50 marques attendues), mais il y a encore un peu de place pour les retardataires qui s’en voudraient de rater cette fête de la montre unique en Suisse... • BELLES MONTRES SHANGHAI (26-29 octobre) : le premier salon horloger grand public jamais organisé en Chine va créer une référence et un standard sur laquelle le futur « SIHH » chinois devra impérativement s’aligner pour sa mise en place (prévue en 2012 avec les marques Richemont et quelques satellites). Pour beaucoup de marques exposantes (Louis Vuitton, Chanel, Hublot, etc.), ce salon sera l’occasion de marquer solennellement leur attachement aux amateurs chinois. Là encore, quelques (rares) places libres avant la clôture des inscriptions... • WORLD PRESENTATION OF HAUTE HORLOGERIE (Monaco, 30 septembre-2 octobre) : située quelques jours après Only Watch, la séquence 2011 s’annonce encore plus spectaculaire que la précédente, par le nombre des invités comme par l’image de prestige attachée à l’événement. Même lieu (le forum Grimaldi) et même concept : on ne change pas une formule qui gagne... • MONACO TIME SHOW (Monaco, 21-24 septembre) : la Principauté n’est pas forcément une martingale gagnante pour l’horlogerie et les organisateurs (GTE) ont dû renoncer à y mener bataille, faute de combattants et en raison d’un calendrier horloger local ultra-chargé. Tous les efforts se reportent à présent sur l’organisation du GTE 2012 (pendant la semaine du SIHH)... • LE RENDEZ-VOUS DE L’HORLOGERIE (Monaco, 31 mai) : excellents échos pour cette manifestation, qui succédait à la première Nuit de l’horlogerie. Satisfaction générale des amateurs et des marques qui avaient répondu présent : la « vague italienne » a permis de vérifier que la passion horlogère n’avait pas de frontières, surtout à Monaco... • TIME CRAFTERS (new York, 13-15 mai) : c’était le premier salon horloger non professionnel mis en place pour le public américain. De l’avis unanime des exposants (presque tout Richemont et quelques autres, avec le renfort de la FHH), la faiblesse relative du visitorat s’expliquait par le choix d’un lieu qui n’était pas idéal – la ville de New York (justifiée par le partenariat médias avec le New York Times) n’étant pas non plus idéale pour ce genre de manifestation, qui aurait sans doute eu plus de sens sur la côte Ouest... MERCI POUR VOTRE ATTENTION à l’issue de ce « Zapping du mercredi ». ••• D’accord, pas d’accord ? Un commentaire, une actualité ou un complément d’information à transmettre ? Cliquez en bas de page sur le mot « GRÉGORY PONS » pour envoyer votre message par e-mail... . |
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