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| 24 juin 2011 - LE SNIPER DU VENDREDI : Où il est question d'un micro-rotor, d'un orchestre horloger, d'un nouveau combier et d'un champion de la pédale jurassienne | |||||||
.••• CHANGEMENT D'ADRESSE E-MAIL La précédente adresse gregpons/at/aol.com étant définitivement plombée et détournée par des spameurs, il faut maintenant écrire à l'adresse suivante : gregorypons//at//aol.com (merci de la noter pour tous vos envois)... Réouverture du site après fermeture inopinée : l'actualité n'a pas relâché son emprise, mais il fallait sélectionner dans tout ce qui n'avait pas été dit... POUR CETTE FIN DE SEMAINE, AVEC L’ACTUALITÉ DES MONTRES DANS LE COLLIMATEUR, LE SNIPER A... 1) ••• PARIÉ SUR LE SUCCESSEUR (PROBABLE) DE PHILIPPE C. MERK À LA DIRECTION D’AUDEMARS PIGUET... S’il est de moins en moins probable que le contrat de Philippe C. Merk soit renouvelé en fin d’année (selon un héritier de la famille, il n’en serait même pas question !), les spéculations vont bon train sur le nom de son successeur. Alors qu’un puissant lobby interne s’emploie à servir les intérêts de Wolfgang Sickenberg (l’actuel directeur commercial), on apprend de source singapourienne bien informée que le choix du conseil d’administration se porterait plutôt, in fine, sur Saji Jabbour, l’actuel directeur financier de la manufacture. D’origine syrienne, ce dernier affiche un parcours purement financier (même s’il a fait un détour par le Swatch Group) à dominante médico-pharmaceutique : autant dire qu’il aurait le profil idéal pour soigner les bleus à l’âme d’une marque tirée à hue et à dia ces dernières années. Cette option financière – préférée apparemment à l’option commerciale de son challenger – est assez révélatrice des orientations et des urgences stratégiques d’un board qui tente de conserver un minimum de cohérence et d’homogénéité dans la redistribution en cours de son capital – et qui doit faire face au traumatisme de l’éventuelle ouverture de ce capital à des investisseurs extérieurs aux « familles » (révélation Business Montres du 13 mai dernier)... 2) ••• SALUÉ L’APPARITION DU PREMIER RÉGULATEUR DE POIGNET CHEZ PATEK PHILIPPE... Généralement, Patek Philippe lâche ses nouveautés à Baselworld, pour se contenter de les relancer, marché par marché, tout au long de l’année. Là, pour fêter l’été 2010, débarque un Régulateur à quantième annuel (réf. 5235) particulièrement élégant. Précision utile : il s’agit d’un « hommage » aux horloges traditionnellement appelées « régulateurs » dans les manufactures plutôt que d’un régulateur stricto sensu. C’est la première fois que Patek Philippe propose ainsi un cadran de « style régulateur » (image ci-dessus), sachant que la démonstration aurait été encore plus convaincante si le guichet de la date n’était pas venu perturber la sobre lisibilité du compteur des secondes... • Explication : il ne s’agit pas d’un simple régulateur, mais aussi d’une montre à quantième annuel (triple indication : date, jour, mois, ajustable une fois par an le 1er mars). Ce module de quantième annuel à guichets a été ajouté à une nouvelle version, revue mais pas si corrigée que ça, de l’ancien calibre 240, qui n’est plus tout jeune (1977), mais qui est resté un des mouvements automatiques (micro-rotor) les plus plats du marché (2,53 mm de hauteur). Le nouveau mouvement (réf. 31-260 REG QA), dont la petite seconde a été ramenée à 6 h, n’est épais que de 5,08 mm pour 33 mm de diamètre. Choix qui « stabilise » pour quelques décennies la taille des boîtiers Patek Philippe autour des 40-42 mm, puisque ce micro-rotor est appelé à devenir un « tracteur » de série avec ses multiples innovations techniques et sa minceur qui permet d’ajouter de nouveaux modules... • Autre particularité marquante de ce calibre 31-260 REG QA : une fréquence très rare en horlogerie : 3,2 Hz, soit 23 040 A/h, une amélioration de 10 % de l’habituel 3 Hz (21 600 A/h) qui facilite apparemment le réglage de la précision aux nouvelles normes Patek Philippe (-3+2 s./jour). Ce calibre 31-260 REG QA est également le premier de la collection Patek Philippe à recevoir en série le nouvel organe réglant « au silicium » (Silinvar : spiral Spiromax et échappement Pulsomax à ancre et roue au silicium). Plus cosmétiques, les autres innovations (profil des dentures, ressort-moteur spécial, etc.) ont été travaillées pour améliorer le rendement du micro-rotor (roulement à billes spécial) et de toute la chaîne horlogère, dans une logique d’optimisation des performances énergétiques et de réduction de la maintenance.... 3) ••• AIMÉ LA SOBRIÉTÉ ESTHÉTIQUE DU NOUVEAU STYLE PATEK PHILIPPE... Même si la marque met l’accent sur l’efficacité technique des solutions retenues pour ce régulateur, sa mécanique reste cependant traditionnelle, avec un mouvement dont le goût rondouillard (ponts tout en courbes) fait regretter les lignes tendues, étirées et anglées d’autrefois. Dommage que l’esprit de sobriété et de chic discret qui ont prévalu pour l’expression du cadran n’ait pas guidé le dessin des ponts, qui manquent totalement d’élégance. Le coq semble pataud, les masses sont disposées sans souci d’harmonie ou de fluidité (les ruptures de ligne sont même choquantes) : on y sent l’idée d'un constructeur horloger plus que la vision d’un designer capable de souligner dans les volumes la dynamique du mouvement. L’envers ne vaut pas l’endroit : pourquoi faire mou quand on peut faire joli ? • Heureusement, c’est la nouvelle esthétique qui emporte l’adhésion. D’une part, dans la réussite de proportions, avec un rapport largeur (40,5 mm) sur hauteur (10,6 mm) très juste, qui sait donner de l’ampleur à la montre sans la grossir démesurément. La finesse élancée des cornes ajoute à cette élégance spontanée. D’autre part, les choix opérés pour le cadran argenté (satinage vertical) et sa typographie renforcent l’impression de raffinement : les polices de caractères retenues pour les différents chiffres sont superbes (notamment celle de la minuterie). Seul bémol : on a visuellement surchargé la droite du cadran, où se trouve déjà la couronne, alors que le « Patek Philippe Genève » du logo aurait sans doute été plus équilibré dans la moitié gauche du cadran, où il aurait créé une dynamique supplémentaire. Ne nous faisons pas plus royalistes que le roi : quand Patek Philippe additionne une esthétique aussi réussie et un affichage inédit qui sait reprendre le meilleur de la tradition, le succès ne saurait se démentir, surtout à 44 000 CHF pour un quantième annuel... 4) ••• REGRETTÉ LA « PARESSE » MÉCANIQUE DE CE RÉGULATEUR AUTOMATIQUE À QUANTIÈME ANNUEL... Une fois digéré le choc esthétique, on en revient pourtant à regretter certains choix mécaniques, pas forcément à la hauteur de la réputation et de l’excellence revendiquée par Patek Philippe. Héritier contemporain de l’ancien calibre 240, le nouveau calibre 31-260 REG QA n’a pas été révolutionné. A y regarder de plus près, on s’est même contenté d’améliorations ponctuelles, intéressantes mais pas fondamentales. Gagner 25 % de réserve de marche pour passer de 48 à 60 heures, c’est appréciable, mais largement insuffisant pour un week-end : celui qui laissera sa montre le vendredi soir au profit d’une montre de loisirs retrouvera son quantième bloqué le lundi matin. Pas assez d’énergie en fin de cycle pour que les disques tournent le dimanche soir à minuit (à eux seuls, ils « consomment » un peu moins de 10 h de réserve de marche, même avec des rouages optimisés) ! • Apparemment, en examinant les pointages, la taille du barillet n’a pas été changée par rapport au calibre 240, alors qu’il y avait la place pour l’agrandir. Sans perdre en minceur, on aurait sans doute pu gagner en autonomie de marche et passer à trois vrais jours, passages des quantièmes compris. Paresse ou manque d’imagination ? On espère que ce n’est pas pour des économies de bouts de chandelles et pour recycler les composants du vieux 240, qui a pourtant fait son temps et dont on aurait pu, à l’occasion, légèrement surdimensionner le micro-rotor sans autre risque qu’une meilleure efficience de remontage... • Inconvénient de l’augmentation de 10 % de la fréquence : un étalonnage impossible sur les actuels machines du parc (Witschi), dont aucune n’est calée – ni calable – sur ces 3,2 Hz. On ne pourra donc certifier le respect des normes Patek Philippe que chez Patek Philippe : tant pis pour la transparence et pour l’éthique minimum ! Impossible donc de vérifier in situ l’amélioration de rendement apporté par cette nouvelle fréquence : on doute cependant que le gain soit très significatif, sachant que la masse du balancier semble avoir été diminuée (4 masselotes au lieu de 8), ceci étant compensé par cela (fréquence plus haute). Comme on ne connaît pas les modifications éventuellement apportées au moment d’inertie du balancier, on ne peut que réserver son jugement... • De même, l’introduction du stop-seconde dont les horlogers de la manufacture semblent très fiers n’est en rien un réel progrès (hormis pour quelques collectionneurs allemands fétichistes du top horaire quotidien), mais une précaution défensive avec un échappement au silicium, qui est relativement fragile (ça casse) et sensible aux blocages lors du remontage. Autant bloquer le tout avant de jouer avec les aiguilles... • Bref, pour conclure à propos de ce régulation à quantième annuel : réussite esthétique incontestable, mais on est passé à côté d’une belle occasion de doter Patek Philippe d’un nouveau calibre automatique à micro-rotor réellement innovant, dans ses performances comme dans son style architectural et dans ses finitions. Grave, pas grave ? Tout dépend de l’idée qu’on se fait des clients Patek Philippe et de ce qu’ils achètent : une marque, un style, une réputation, une performance mécanique, des finitions, une bienfacture traditionnelle ? A chacun de mettre le curseur où il l’entend... 5) ••• COMPRIS QUI AVAIT ACHETÉ LA RICHARD MILLE À LA VENTE AUX ENCHÈRES DE LA SOIRÉE « ACTION INNOCENCE » (GENÈVE)... Etait-ce un sosie, ou était-ce bien lui, puisque cette soirée charitable avait pour thème « La nuit des sosies » ? Non, c’était bien lui : c’est effectivement Jean-Claude Biver (Hublot) qui a misé fort pour acheter la montre Richard Mille offerte par Richard Mille... Sinon, pas d’enchères spectaculaires, les montres se vendant à ces enchères charitables à des prix « normaux », voire inférieurs à ceux du marché. Surprise, en revanche, pour une œuvre de l’artiste contemporain Mac Quinn, adjugée à quatre fois sa valeur marchande ! Si les montres reculent au profit de l’art contemporain... 6) ••• TENTÉ DE DEVINER CE QUI SE TRAMAIT AUTOUR DE LA « MACHINE D’ANTICYTHÈRE »... En plus des préparatifs de l’ouverture – officielle ? non officielle ? en tout cas retardée à la rentrée – d’une salle du musée des Arts et Métiers (Paris), spécialement consacrée aux pionniers des sciences, où la « machine d’Anticythère » serait pédagogiquement à l’honneur (avant-première Business Montres du 6 juin), on reparle en Suisse d’un film en 3D spécialement tourné sur cette « mécanique » antique, les lieux de son naufrage, ses fragments, sa reconstitution et l’équipe horlogère qui s’est attelée à en comprendre les indications avec l’espoir de les reproduire au format d’une montre-bracelet... 7) ••• RETROUVÉ NOTRE CAMARADE LOUIS NARDIN À PEINE DESCENDU DE SON « TOUR DU JURA HORLOGER » EN VÉLO... Pour Worldtempus, il a sillonné les cols et les vallées (sous des pluies de tempête et d’anthologie), mais son opération Veloptuous Times a été la preuve par 300 (kilomètres) qu’on peut faire du journalisme horloger autrement. Lui-même a remarqué que les horlogers – qu’il connaissait bien – le regardaient à présent d’un autre œil et lui prêtaient une autre oreille maintenant qu’il s’était hissé jusqu’à leurs ateliers à la pédale et à la force du mollet. On attend avec plaisir la prochaine édition de Plaza Watch (magazine associé à l’opération) pour avoir une idée plus précise de l’opération, malheureusement saucissonnée sans logique, ni cohérence dans Worldtempus... • Quand on connaît le nombre d’amoureux de la « petite reine » – tous âges confondus – dans les rangs horlogers, on se demande même s’il ne faut pas songer à institutionnaliser cette randonnée horlo-cyclotouriste : peut-être que ça aiderait les patrons de marques à comprendre que le cyclisme est un sport populaire aujourd’hui pratiqué par des aristocrates. Un sport mûr pour la promotion des belles montres... 8) ••• INAUGURÉ AVEC 250 PIONNIERS LE PREMIER « BAL DES HORLOGERS » ENTRE LAC ET JURA... Tout le monde était content d’en être et d’y avoir été : même des Parisien(ne)s de Bell & Ross avaient fait le déplacement ! Tous les ingrédients étaient réunis pour faire la fête et on l’a faite, cette fête ! Les songes d'une nuit d'été, les pipoles, les enchères (merci à Geoffroy Ader : ce n’était pas facile), la tombola, le double orchestre pro-am (Laurent Picciotto dont la guitare aurait mérité un vrai ampli), le dîner thaï, les jolies dîneuses en robes de soirée décolletées et les dîneurs en black tie : même Maximilan Büsser avait passé une cravate et lâché ses Converse, c’est dire ! Le plaisir d’essuyer les plâtres, c’est de savoir qu’on peut faire mieux et qu’on reviendra pour que ce soit encore mieux : tout le monde a donc pris rendez-vous pour l’année prochaine, avec les inévitables améliorations dans le concept, le format et l’agenda. Merci aux rares « grandes » marques qui avaient vraiment joué le jeu (notamment Audemars Piguet, Swatch ou Bell & Ross) pour un événement qui pourrait et qui devrait devenir la grande fête d’été de la montre. Une fête où on oublierait les marques pour ne plus considérer que celles et ceux qui font des montres. Pour avoir une idée de l'ambiance : toutes les photos sont disponibles sur le site de l'événement... MERCI POUR VOTRE ATTENTION à l’issue de cette séquence « Le sniper du vendredi ». ••• D’accord, pas d’accord ? Un commentaire, une actualité ou un complément d’information à transmettre ? Cliquez en bas de page sur le mot « GRÉGORY PONS » pour envoyer votre message par e-mail... . |
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