La lettre internationale des marchés horlogers
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28 décembre 2011 - LE DERNIER ZAPPING DU MERCREDI POUR L’ANNÉE 2011 : Même quand il ne se passe rien, l'actualité est riche de découvertes...
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Montblanc
monte au créneau
avec un chronographe
au 1000e de seconde :
la nouvelle guerre
de l'ultra-chronographie
à hyper-haute fréquence
se précise...

Et la montre tactile
préparée par Apple :
pour demain ou pour jamais ?

POUR CE MILIEU
DE SEMAINE,
ET COMME
DERNIÈRE SÉANCE
DE ZAPPING EN 2011,
LE ZAPPEUR
SACHANT ZAPPER
A ZAPPÉ SUR
...







1)
••• LA
GROSSE RUMEUR À PROPOS D’UNE « MONTRE APPLE »
QUI DEVRAIT NORMALEMENT INQUIÉTER LE SWATCH GROUP...

On parle très sérieusement d’une télévision Apple, mais aussi d’une montre-bracelet tactile
qui serait équipée d’un système de reconnaissance vocale (Siri). Cette apparition d’une iWatch n’est encore qu’une rumeur, mais les « cuppertinologues » [équivalent américains des « kremlinologues » du temps de l’ex-URSS] seraient prêts à miser leur chemise sur une incursion d’Apple du côté de l’horlogerie : Steve Jobs n’avait-il pas présenté le premier iPod Nano comme un « watchband Nano, créant de fait un marché sur lequel de nombreux acteurs se sont engouffrés ? Quand on maîtrise les technologies nomades de communication et les technologies tactiles, la montre est quasiment un passage obligé (source : Mac Rumors et New York Times). Ce qui rappellera à certains le projet (avorté) de Swatch « Paparazzi » lancée en 2006-2007 par Nicolas Hayek et par son fils, Nick (Swatch Group), ou, pour les fous de BD, la montre de Dick Tracy...
••• Bonne nouvelle pour Swatch ? Pas sûr, puisque la marque vient à peine de lancer, avec succès, une ligne de Swatch tactiles et que toute intrusion d’Apple sur un terrain « sociétal » a tendance à en redistribuer les cartes [dernier exemple : la téléphonie, qui a vu Nokia s’effondrer en quelques années pour avoir pris de haut le phénomène iPhone]. Bonne nouvelle pour l’horlogerie en général ? Pourquoi pas, puisqu’une iWatch d’Apple reconsacrerait le poignet comme « place to be » et redonnerait aux nouvelles générations l’habitude de lire l’heure ailleurs que sur leurs terminaux nomades, c’est-à-dire sur une montre. Et, de même que Vertu a été une « réponse de luxe » à la banalisation des smartphones, on peut imaginer demain – avec des initiatives comme le concept Slyde de Jorg Hysek – une « réponse de luxe » aux nouvelles iWatch d’Apple...


2)
••• LA BONNE SURPRISE DU
MILLIÈME DE SECONDE CHEZ MONTBLANC
(NOUVEAU CHRONOGRAPHE TIMEWRITER II BI-FRÉQUENCE 1000)...

Montblanc possède, grâce à la manufacture Minerva intégrée à la marque en 2007,
de solides lettres de noblesse dans le domaine de la chronographie. En 1916 [avant ou après le Mikrograph de Heuer, ce n’est pas clair !], Minerva disposait déjà d’un compteur de sports au centième de seconde. Plus tard, la manufacture de Villeret avait travaillé les hautes fréquences et produit quelques-uns des plus beaux chronographes mécaniques suisses. Sous pavillon Montblanc, l’équipe de Villeret avait fait main basse sur Nicolas Rieussec, proclamé « inventeur » du chronographe [uniquement dans sa version « encreur »]. Inévitablement, on devait y travailler à un chronographe haute fréquence...
••• Une indiscrétion du prochain numéro de Revolution (édition Asie-Singapour) dévoile le chronographe Timewriter II, annoncé comme « bi-fréquence » et capable de décompter les temps courts au millième de seconde (annonce sur la page Facebook de Business Montres le 27 décembre). On n’en sait pas beaucoup plus sur ce chronographe (image ci-dessus, au poignet d’une de ces créatures qui hantent Revolution...), sinon pour attendre avec impatience de l’avoir en main pour tenter de comprendre un affichage complexe : d’après l’image, on devine une heures-minutes au centre, un compteur minutes-secondes du chronographe à 6 h, une réserve de marche à 3 h [elle serait de 45 minutes], une aiguille centrale pour le centième de seconde (minuterie circulaire autour du cadran) et – innovation – un guichet à 12 h, avec un gros « 1000 » rouge dessous, pour l’indication du millième de seconde. La bi-fréquence annoncée serait de 2,5 Hz (18 000 A/h) pour la partie « classique » du mouvement et de 50 Hz (360 000 A/h) pour le chronographe haute fréquence (deux barillets sont mobilisés)...
••• Indiscrétion de la part de Revolution, mais discrétion absolue côté Montblanc sur le fonctionnement exact de ce millième de seconde, qui semble n’avoir rien en commun avec le Mikrotimer Flying 1000 présenté cette année à Baselworld par TAG Heuer, qui pourrait bien travailler pour 2012 à une édition poussée au 2000e de seconde (indiscrétion Business Montres du 12 décembre). Détail « non officiel et non autorisé » : affiché par aiguille dans un guichet à neuf graduations, le millième de seconde (qu’on peut donc tenir pendant près de trois-quarts d’heure, contre un peu moins de trois minutes pour TAG Heuer) se calculerait sur la mesure hyperfine de la position de l’aiguille du centième de seconde entre deux marquages de son parcours circulaire sur 360 degrés. A suivre...
••• En lice, actuellement, pour la course aux hyper-fréquences et à l’ultra-chronographie extrême : TAG Heuer (500 Hz déjà présentés, 1 000 Hz dans les tuyaux et un millième de seconde maîtrisé de façon furtive, quoiqu’on annonce 15 à 30 minutes de réserve de marché pour 2012) ; De Bethune pour sa « résonique horlogère » (de 1 000 Hz à 10 000 Hz exprimentés, sans montre terminée pour l’instant) ; Zenith, qui présentera probablement un chronographe au 1000e de seconde (500 Hz) en début d’année. Arrivées prévisibles sur ce terrain de manœuvres : Ulysse Nardin, Breguet, Chopard, Seiko et d’autres...


3)
••• QUELQUES
INFORMATIONS HORLOGÈRES À LA VOLÉE,
EN VRAC, EN BREF ET EN TOUTE LIBERTÉ ÉDITORIALE...


••• « JE BÉTONNE MA MARQUE » (1), pour le meilleur et pour le pire : Rolex Etats-Unis attaque en justice Shaqu Ali, un petit épicier de Brooklyn (sandwich, chips et Coca pour moins de 10 dollars), qui a eu le malheur de baptiser « Rolex » son Deli, sans le moindre logo ou la moindre allusion horlogère qui pourrait prêter à confusion. Ne pas manquer les commentaires des internautes à ce sujet (un exemple parmi d’autres sur CBS New York)...

••• « JE BÉTONNE MA MARQUE » (2), pour le meilleur et pour le pire : Louis Vuitton poursuit Warner Bros devant les tribunaux pour contrefaçon. Motif : les accessoiristes de Very bad Trip 2 ont utilisé des faux sacs Louis Vuitton dans un scène du film, un des acteurs présentant ce sac comme un faux (source : Hollywood Reporter). Louis Vuitton s’estime victime de « violation de marque déposée, fausse dénomination de la provenance et concurrence déloyale » et réclame le retrait de la scène des DVD, à venir ainsi que la destruction de toutes les copies en circulation à ce jour, en plus de dommages et intérêts pour l’utilisation de ces contrefaçons (la scène litigieuse sur TMZ)...

••• BRITISH MUSEUM : une application didactique sur le fonctionnement général d’une montre mécanique, souvent repérée sur Internet mais toujours agréable à regarder pour se reposer l’esprit en améliorant sa culture horlogère (merci à Chronomania pour cet aiguillage sur le British Museum...

••• CHRISTIAAN VAN DER KLAAUW : le maître-horloger néerlandais lance une série de montres-bracelets en platine en hommage à l’astronomie, avec des gravures (exécutées par Kees Engelbarts selon une technique japonaise) inspirées par les douze signes du zodiaque et, en complication, le plus petit planétaire du monde (six planètes). Cette Aquarius Planetarium est une série de « pièces uniques » (chaque signe a sa gravure symbolique), mais on peut commander certains signes ou la série complète. Ne pas manquer, sur le site, les animations qui font défiler les planètes en mode accéléré...

••• CODEX : alors que les Chinois du groupe Haidian peinent à installer ailleurs qu’en Chine leur nouvelle marque suisse Codex, un concept américano-malaisien vient déranger tout le monde. Présenté par Tokyoflash (évidemment !), le concept Codex veut témoigner d’une horlogerie fondée sur la cryptologie. Un design cryptique pour décoder le temps ?

••• JACOB & CO : d'un imparable bon goût pour les fêtes et parfait pour aborder la prochaine récession, le « stylo-le-plus-cher-du-monde » nous est proposé autour du million de dollars par Jacob & Co. Proposition : 65 carats de diamants baguette, corps et agrafe en or rose et en or blanc et pointe bille (source : Elite Daily)...

••• MARCH LA.B : décidément pas ordinaire, la jeune marque March LA.B mêle l’ultra-tendance et le souvenir napoléonien, comme en témoigne sa nouvelle collection 1805, des montres de poche ultra-classiques qui rendent un hommage horloger inattendu au style Empire et qui servent à la fois de pendulette de bureau et de réveil. Sur le site (lien ci-dessus), ne pas manquer entre Bullit et moto-cross, la collection des montres portées par l’empereur Napoléon Ier : même Jérôme De Witt, descendant authentique de la famille impériale, n’avait pas osé un tel hommage !

••• ROLEX : quelle montre pour commémorer les cinquante ans de la fameuse course d’endurance des « 24 Heures de Daytona » (Rolex 24 at Daytona), une compétition créée en 1962 et passée au format 24 heures en 1966 ? Ce sera le 28 janvier 2012, avec une course qui regroupera tous les champions vainqueurs de ce dernier demi-siècle...

••• SWATCH GROUP : grande franchise de Nick Hayek (CEO du Swatch Group), qui explique dans Das magazin (supplément du Tagesanzeiger de Zürich) pourquoi il ne voit aucun inconvénient à commercer (avec succès) avec un dictature qui méprise les droits de l’homme comme la Chine ! Un discours candide, franc et sans détours, plutôt déconnecté de l’eau tiède « citoyenne » et des habituelles envolées lyriques sur la « responsabilité sociale » des entrepreneurs : logique, quand on accroche un drapeau pirate à tête de mort à la fenêtre de son bureau...

••• « GROSSES COMME DES HORLOGES DE CUISINE ? » : jusqu’où les montres masculines grandiront-elles ? Le New York Times se (nous) pose la question : « Is It Bigger Than a Breadbox ? ». Sans nous fournir de réponse satisfaisante. On a du mal à croire que Ted Stafford, l’éditeur européen de GQ, ait vraiment compris le marché de la montre quand il le voit revenir, pour les hommes, autour de 38 mm. Comme le dit Edward Faber (American Wristwatches: Five Decades of Style and Design), qui note la taille grandissante des montres de femme, « pas un homme ne veut porter un montre plus petite que celle d’une femme » !

••• « LES MONTRES QUE VEULENT LES JEUNES » : dans Le Figaro, Elodie Baërd tente de décoder les tendances du marché horloger pour les 18-25 ans. Pas simple : « Un prix abordable, une griffe identifiable, un style à la mode et une communication bien ciblée. Pas évident pour les annonceurs des pages horlogères du Figaro, dont les lecteurs n’ont pas l’habitude de voir vantées des marques comme Diesel, Ice-Watch, Louis Pion ou Casio...

••• « LA CHINE TANGUE » : dans son blog, l’économiste français Guy Sorman ne croit pas aux lendemains qui chantent pour l’économie chinoise, ni pour le modèle économique chinois, ni surtout pour le Parti communiste au pouvoir. A méditer pour comprendre 2012 et ses convulsions annoncées (Le futur, c’est tout de suite)...
Lire également, sur un sujet connexe, « La Chine ne devrait pas connaître d’atterrissage brutal en 2012 », titre dont on déduira qu’il est au conditionnel et article où on découvrira qu’il y a « des éléments d'un atterrissage brutal possible dans les années qui viennent » (source : Le Quotidien du Peuple).
••• Toujours sur la Chine, une analyse de ce même Quotidien du Peuple sur « l’importance de la classe moyenne en Chine ». Article dont on retiendra la conclusion héroïque et pas si post-communiste qu’on le dit : « En élargissent et en augmentant sans cesse l'importance des classes moyennes, notre pays s'engage dans la voie de développement continuel qui promet la prospérité et un avenir radieux à l'ensemble de la population du pays »...


4)
••• LE
RÉGIME ALLÉGÉ DE « BUSINESS MONTRES »
PENDANT LES VACANCES HORLOGÈRES ET POUR PRÉPARER DE NOUVELLES ÉCHÉANCES...

Dans les semaines qui viennent, sans sacrifier les informations vraiment déterminantes,
Business Montres fonctionnera en régime allégé pour mieux préparer la nouvelle version du site (accès payant réservé aux abonnés pour les trois-quarts des informations) et ses nouvelles fonctionnalités (réellement plus fonctionnelles que l’actuelle et habituelle architecture « préhistorique»). Pour rire un peu, ne pas manquer la campagne « Libérez l’information horlogère », qui détourne au profit de la cause horlogère une campagne anti-censure de Reporters sans frontières (Business Montres du 3 décembre)...











MERCI POUR VOTRE ATTENTION
à l’issue de cette séquence « LE ZAPPING DU MERCREDI ».

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