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| 7 octobre 2007 - ..... RICHEMONT PREND UN PEU PLUS DE MUSCLE EN RACHETANT ALAÏA ..... | |||||||
.Johann Rupert, le président du groupe Richemont, a un très gros appétit : non content de s'imposer en premier horloger du monde sur le créneau du luxe, il va maintenant chatouiller Bernard Arnault sur le créneau de la mode : un nouvel accord fait passer le couturier Azzedine Alaïa dans le giron du groupe Richemont Johann Rupert (ci-contre) nous avait promis une belle croissance pour les années à venir. Il tient parole ! Dans le périmètre horloger, il a non seulement renforcé ses propres manufactures, mais il a également acquis des positions stratégiques en signant la licence horlogère de Ralph Lauren, en reprenant la manufacture Minerva, en entrant dans le capital de Greubel-Forsey et en s'emparant du plateau technique de Roger Dubuis (Manufacture genevoise de haute horlogerie). Ce n'est sans doute pas fini et l'actualité proche nous réserve quelques surprises de taille dans la course à l'armement que se livrent les grands groupes. On savait cependant Johann Rupert soucieux de trouver des relais de croissance hors du microcosme horloger. Sa relance de Lancel n'avait pas d'autre sens que cet élargissement... Encore faible dans le domaine de la mode (quoique Chloe soit ultra-profitable), le groupe Richemont regardait également du côté des marques italiennes, notamment Brioni. C'est finalement une marque "française" qui entre la première dans le nouveau pôle mode de Richemont : Azzedine Alaïa, plus griffe que marque puisque son créateur, Azzedine Alaïa (72 ans), couturier parisien d'origine tunisienne, est toujours à la manoeuvre. L'entreprise réalisait à peu près 15 millions d'euros de chiffre d'affaires (elle avait été revendue à son créateur par le groupe Prada, qui l'avait acquise en 2000). Il semblerait que le couturier reste encore majoritaire dans sa marque, la prise de contrôle par Richemont devant s'opérer en plusieurs étapes (Prada semble devoir continuer à développer des lignes de cuir et de chaussures pour Alaïa)... BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE En termes de chiffre d'affaires, cette main-mise sur Alaïa ne devrait guère émouvoir les analystes, qui attendent des acquisitions plus fermes à se mettre sous la dent. En termes d'orientation stratégique, c'est nettement plus décisif... D'une part, le pole mode de Richemont (297 millions d'euros) – sans avoir la valeur de l'empire LVMH (5,2 milliards d'euros) – commence à peser un peu plus lourd sur le marché, avec Chloe, Dunhill (resté fort en Asie), Shanghai Tang et quelques petites marques pas très connues comme Harrys of London ou Mary Norton. Au passage, Richemont s'octroie un gisement créatif de première importance : toutes les archives d'Alaïa (trente ans de créations). Sans parler du regard que le couturier pourra porter sur les autres créations des marques du groupe : on sait que Cartier ou Montblanc auraient bien besoin d'un coup de pouce créatif pour leurs collections de "mode"... D'autre part, ce pied mis par Richemont sur le marché de la mode indique clairement sur quel terrain Johann Rupert entend trouver les relais de croissance indispensables à son groupe et à ses actionnaires. La confrontation avec LVMH et PPR-Gucci est inévitable, même si Richemont est loin d'avoir la masse critique suffisante pour peser de façon significative sur ce marché. Confrontation dont le Swatch Group se trouve exclu de fait par son ultra-spécialisation horlogère – ce qui est à la fois une force et une faiblesse... Richemont, qui n'avait plus rien à prouver du côté horloger, et qui était devenu le premier groupe d'horlogerie de luxe du monde, doit maintenant apprendre un nouveau métier, trouver les bons managers et engager les bons créateurs pour se battre à armes égales avec ses compétiteurs. L'arrivée d'un nouvel acteur sur ce marché – moins inquiétant que LVMH ou PPR-Gucci – devrait inciter un certain nombre de marques à prendre contact avec Johann Rupert, qui se pose ainsi en alternative crédible et moins "impérialiste", surtout pour des indépendants soucieux de transmission et de pérennité : l'expertise de Richemont (gestion d'un réseau de boutiques mondiales, promotion de marques de niche, back-office juridique et financier, approche cross-médias, etc.) font de Richemont un allié désirable... A très court terme, l'activité horlogère devrait directement bénéficier de cette irruption sud-africaine dans la mode, tant pour ce qui est des futures licences (d'autres marques devraient être annoncées dans les semaines qui viennent) que pour laisser infuser dans les manufactures de montres un nouvel esprit créatif... . Swiss Made |
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