La lettre internationale des marchés horlogers
 Accueil  Brèves  Présentation  Grégory Pons  Anciens numéros  S'abonner
14 octobre 2007 - .... (EXCLUSIF) : L'AFFAIRE ANTIQUORUM REBONDIT AVEC LE DÉSAVEU JAPONAIS DE L'ÉVICTION D'OSVALDO PATRIZZI ....
.

La direction japonaise
d'Artist House désavoue
Yo Tsukahara, nouveau président
d'Antiquorum, pour les manoeuvres
qu'il avait lancées contre Osvaldo Patrizzi...
Au même moment, à Tokyo,
les contrôleurs des comptes japonais
d'Artist House démissionnent...
L'affaire semble se pourrir
de semaine en semaine...



Chaque semaine apporte son lot de surprises autour d'Antiquorum.
Lundi dernier, c'était une charge à boulets rouges contre Osvaldo Patrizzi (ci-contre), clairement soupçonné par le Wall Street Journal (New York) de manquer sérieusement d'éthique dans la conduite de ses ventes aux enchères passées.

• Ce week-end, on a appris que Yo Tsukahara, l'actuel président d'Antiquorum Genève, qui avait été à l'origine des manoeuvres contre Osvaldo Patrizzi (conduisant celui-ci à quitter l'entreprise cet été), aurait été désavoué, voire même poursuivi en justice par la direction japonaise d'Artist House.

Il semblerait qu'on lui reproche d'avoir poussé dehors Osvaldo Patrizzi et d'avoir ainsi repris en main une "coquille vide", sans bénéfices réels pour Artist House.
Ce genre de désaveu est exceptionnel dans la vie des affaires au Japon...

C'est Yo Tsukahara lui-même qui a fait part de cette information au personnel d'Antiquorum !

• Nouveau rebondissement, toujours au Japon : les contrôleurs des comptes d'Artist House (ceux qui procèdent à l'audit de rigueur dans les sociétés cotées japonaises) auraient donné leur démission.
Artist House n'a pas commenté la nouvelle.
Dans la vie des affaires, ce genre de démission intervient généralement quand la société d'audit et de contrôle des comptes refuse de couvrir des manoeuvres qui lui paraissent douteuses ou qu'elle refuse d'endosser la responsabilité de manipulations financières qui lui sembleraient délictueuses...

• Enfin, on apprend que Habsburg Holdings, ancien partenaire d'Osvaldo Patrizzi resté actionnaire d'Antiquorum à la suite du gel de sa vente d'actions à Artist House, viendrait d'entamer des poursuites contre Artist House aux Etats-Unis.
Habsburg Holdings (représenté par Rainer Kahrmann) reproche à Artist House d'avoir réduit à néant la valeur d'Antiquorum en décapitant son management et en contraignant Osvaldo Patrizzi au départ.
Habsburg Holdings restant actionnaire (43 %) d'Antiquorum, il est certain que son investissement se trouve considérablement déprécié par l'absence du fondateur de la maison d'enchères et par les polémiques créées autour de son départ...


BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

Ce n'est sans doute qu'un début...

Chacun avait remarqué la partialité inhabituelle du Wall Street Journal dans son récent article : de là à conclure que les journalistes s'étaient laissé manipuler, il n'y avait qu'un pas, franchi par tous ceux qui connaissent un peu les dessous du dossier (les lecteurs de Business Montres sont, à cet égard, des initiés).

Le Wall Street Journal a reçu à cet égard un droit de réponse circonstancié d'Osvaldo Patrizzi.
Réponse que Business Montres a pu se procurer et que je publierai si le quotidien new-yorkais manquait à tous ses devoirs.

Voici à présent que l'accusateur d'Osvaldo Patrizzi – celui qui avait mené un procès à charge contre lui – se trouve à son tour accusé d'avoir manqué d'éthique dans son offensive anti-Patrizzi...

Et voici qu'Artist House – société dont on connaît l'extrême fragilité boursière (révélée par Business Montres) – voit ses auditeurs s'enfuir en courant, alors qu'une augmentation de capital était annoncée aux analystes japonais ! Lesquels devraient sérieusement commencer à se poser des questions...

Pour ce qui est de l'action en justice aux Etats-Unis, précisons qu'Artist House peut y laisser ljusqu'au dernier des yens qu'elle n'a plus vraiment en caisse, les tribunaux américains ne plaisantant pas sur le droit des actionnaires...

Derrière l'écume des scandales, on distingue la réalité d'un ébranlement de la confiance des amateurs pour les enchères horlogères, créatrices de valeur pour toute l'industrie de la montre.
C'est là qu'est le vrai danger !
C'est parce qu'il y a un vrai risque que tout doit rentrer au plus vite dans l'ordre, sans étalages inutiles sur la place publique et devant les tribunaux.

Vite, rendez un marteau à Osvaldo Patrizzi et qu'on n'en parle plus...



.
Business Montres & Joaillerie, la lettre internationale des marchés horlogers.
4, rue René-Jacques 92130 Issy-les-Moulineaux France. Tél : +33 611 936 369.
Direction de la publication et responsable de la rédaction : Grégory Pons