La lettre internationale des marchés horlogers
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7 novembre 2007 - ... (EXCLUSIF) : LA NOUVELLE MACHINE HORLOGÈRE (HM 2) DE MAX BUSSER ....
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Max Busser, épisode II :
une horlogerie en grand écran,
cinémascope et stéréographie.
HM 2 confirme l'originalité
et l'audace de l'atelier horloger
qui inspire toute la nouvelle génération.


On commence par chercher les différences entre HM 1 et HM 2, puis on découvre les ressemblances et on finit par découvrir qu'il y a, au-delà des divergences esthétiques, la manifestation d'un vrai style. Presque le manifeste d'une nouvelle horlogerie...

Tout d'abord, un retour en arrière sur ce que Business Montres avait pu deviner de cette Horological Machine n° 2, dévoilée en trois actes successifs (l'ébauche du mouvement, les "friends" associés au projet, le détail de la couronne : voir nos informations précédentes, sur ce site en date des 26 et 29 octobre et sur Forumamontres en date du 4 novembre).

Nous avions tiré quelques conclusions intéressantes et parfaitement déduites de la présence de certains "friends" et des images disponibles :
- présence massive des vis six pans et des arc-boutants pour structurer l'architecture de la montre...
- couronne à midi...
- double affichage avec un seul mouvement...
- double cadran intérieur pour l'heure et les complications annexes...
- affichage rétrograde du calendrier et affichage des phases de llune...
- minceur et largeur du boîtier rectangulaire surdimensionné...
- l'or rose et le titane de l'ensemble...

Il nous manquait juste l'essentiel : les dimensions massives du boîtier, le double affichage rétrograde (minutes et calendrier), style général de la montre, les touches de bleu de la double phase de lune, la "portabilité" et l'ergonomie supérieures à celle de HM n° 1 et, enfin, le prix (environ 45 000 euros, soit une confirmation du positionnement plus "commercial" de ce modèle, moins disruptif que le précédent).

Les images (retrouvez les plus belles sur Forumamontres : cliquez ci-dessous) parlent d'elles-mêmes : il s'agit une montre à heures sautantes, minutes rétrogrades, calendrier rétrograde et double phases de lune, qui dispose de deux cadrans d'affichage (un pour les heures et les minutes, le second, à gauche, pour le calendrier), avec un seul mouvement et un seul rotor (base Girard-Perregaux) pour animer l'ensemble.
Le tout avec des finitions horlogères superlatives, beaucoup de soins apportées à chaque angle, méplat, courbe, étai de renfort, verrou de couronne, détail du rotor ou des cadrans, traitement des surfaces, bref une somme horlogère de ce qui se fait de mieux.

Cette montre de série (officiellement limitée à 125 pièces, et sans doute bien moins, compte tenu de la capacité de production de Girard-Perregaux et du potentiel d'assemblage de l'atelier de construction) devrait être livrée en tout début d'année à une petite poignée de détaillants à travers le monde.



BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

On adorera ou on détestera, mais la pièce – plus portable que la précédente quoiqu'aussi "encombrante" – ne laissera personne indifférent : soit on est bluffé (j'avoue, c'est mon cas), soit on est indigné (ce que je peux aussi comprendre), mais on ne jouera jamais les blasés face à cette fusion improbable d'une Gérald Genta (le style rétrograde) et d'une Vianney Halter (l'affichage multi-compteurs sur champ plat)...

Quelques notations critiques, cependant :
- le bracelet reste frêle et pas assez large pour la largeur de la montre. Il conviendrait sans doute de redessiner les cornes (qui ne perdraient rien à être plus inclinées encore) pour élargir l'entrecornes et donner plus d'ampleur au bracelet de cuir...
- je ne suis pas convaincu par le cerclage bleu de l'heure sautante (gravé au revers du verre saphir) ou par celui des phases de lune. J'en vois l'intention, mais je n'en saisis pas la réussite...
- j'émets des réserves identiques à propos du nom du modèle gravé dans les compteurs (il gagnerait à être plus discret, presque ton sur ton sur le titane du réhaut intérieur)...
- la boucle déployante paraît pour le coup assez décalée (dans le classique sans cachet particulier) au milieu de toutes ces propositions innovantes...

En revanche, j'apprécie l'esthétique particulière de la couronne et de son verrou en carburateur, le travail d'équilibrage visuel des arc-boutants, au recto comme au verso de la montre (on peut voir là un élément de la nouvelle signature stylistique de Max Busser), le soin apporté au dessin des cornes, la décoration en côtes de Genève circulaires du mouvement Girard-Perregaux (qui n'avait sans doute jamais se retrouver dans une telle montre conceptuelle), le style industriel de la couronne, elle aussi surdimensionnée...

Reste le vrai sujet à débattre autour de cette montre : proposition opportuniste ou pièce fondatrice d'une nouvelle génération horlogère ?
Rien n'y semble anodin ou banal, ce qui est à traduire, en amont, par des milliers d'heures passées à envisager, changer, repenser et améliorer chaque détail de chaque fonction, de la moindre vis à la conception du rotor central.

Si cette montre a des formes, elle a aussi du fond. Dans la grande famille des pièces larges et plates, elle bat des records de minceur et de périmètre, soit exactement ce que recherchent les amateurs contemporains. Et elle a de la conversation horlogère, avec son double affichage rétrograde, son heure sautante et sa double phases de lune, le tout sur un unique mouvement automatique Girard-Perregaux, soit un beau condensé de techniques horlogères avancées.

Max Busser enfonce un nouveau clou dans le cercueil de l'horlogerie classique : il démode un peu plus les montres qui croient faire jeune avec une rondelle de high-tech posée sur une tranche de céramique et tenue par une lanière de gomme noire.
HM 2 n'est pas révolutionnaire, tout simplement parce qu'elle est une révolution à elle seule.
Elle témoigne de la maturité de ces nouveaux horlogers qui ont défrayé la chronique et qui revendiquent aujourd'hui leur place dans l'histoire : loin de se ranger, ils continuent à déranger, mais par la force de leur exigence intérieure plus que par la rigueur de leur apparence extérieure.

Max Busser a fait un long voyage pour en arriver à cette force tranquille. On peut déjà être certain qu'il ne va pas s'en tenir là...


• La discussion du 4 novembre sur Forumamontres :
http://forumamontres.forumactif.com/forum-general-de-discussions-horlogeres-f1/le-strip-tease-emotionnel-de-max-busser-mb-f-t25625.htm


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D'autres photos de cette montre hors du commun sur Forumamontres : cliquez ici...
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Direction de la publication et responsable de la rédaction : Grégory Pons