La lettre internationale des marchés horlogers
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14 novembre 2007 - .... (VERTICALISATION) : RICHEMONT MET EN BOÎTE DONZÉ-BAUME ....
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C’est quasiment officiel :
le groupe Richemont devrait annoncer
sous peu son rachat de Donzé-Baume SA,
un des meilleurs spécialistes suisses
de la fabrication de boîtiers
haut de gamme.



La nouvelle a été plus ou moins officiellement annoncée aux 300 employés de Donzé-Baume SA, qui est le plus gros employeur de la région des Breuleux, dans les Franches-Montagnes (Jura) : une intégration au sein du groupe Richemont est envisagée à très court terme, la famille Donzé – toujours aux commandes – s’étant résolue à vendre ses parts, après quatre générations d’indépendance.

Donzé-Baume travaillait déjà beaucoup pour les différentes maisons du groupe Richemont, ainsi que pour de nombreuses marques d’horlogerie, tant dans le domaine des boîtes (80 % de l’activité, avec une spécialisation sur les métaux précieux et rares : platine, tantale, titane, etc.) que dans la fabrication des bracelets.


BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE

La maîtrise des composants et de toute la chaîne de fabrication est absolument stratégique dans le déploiement international des entreprises horlogères, confrontées à de graves pénuries qui causent d’importants retards de livraison et donc beaucoup d’aléas commerciaux.
Un des composants les plus stratégiques est le boîtier, surtout pour les montres haut de gamme, qui ne peuvent se permettre de sous-traiter en Chine cette activité (rappelons que la Suisse ne réalise sur place qu’un quart des 24 millions de boîtiers officiellement produits sous le label Swiss Made).
Plus les boîtiers sont complexes et difficiles à polir (les plus originaux ne peuvent se polir qu’à la main), plus le savoir-faire suisse est nécessaire...

Le mouvement de verticalisation semble irrésistible au sein des grands groupes, qui rachètent un par un leurs fournisseurs. Il y a quelques jours, le Swatch Group annonçait sa reprise d’un de ses principaux fournisseurs d’index. Le groupe Franck Muller ou le groupe Bulgari ont récemment annoncé des opérations du même ordre. On va finir par compter sur les doigts des deux mains les derniers fournisseurs indépendants de l’horlogerie suisse !

Avec Donzé-Baume, Richemont s’offre une capacité de premier plan dans le domaine des boîtiers, des bracelets et surtout du polissage (ci-dessus). Il s’agit d’éliminer les différents goulets d’étranglement qui retardent la production tout au long de la chaîne de réalisation d’une montre. Richemont acquiert ainsi une indépendance de production quasi-totale pour les composants les plus stratégiques de ses différentes manufactures.

Le groupe Richemont devenant de fait prioritaire dans la production de ces boîtiers et de ces bracelets, les marques tierces subiront logiquement – c’est inévitable, quels que soient les contrats – les conséquences de cette perte d’indépendance de Donzé-Baume : c’est aussi une façon pour les grands groupes horlogers de « surveiller » leurs concurrents, ou du moins d’en « encadrer » la croissance et de profiter de leurs innovations...

On notera, au passage, la confirmation du parcours sans fautes de Richemont dans cette course à la verticalisation et à la diversification : au cours de ces dernières années, le groupe de Johann Rupert a systématiquement raflé au nez de ses concurrents ce qui se faisait de mieux sur le marché horloger, en marques, en manufactures et en fournisseurs de composants stratégiques...


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Direction de la publication et responsable de la rédaction : Grégory Pons