La lettre internationale des marchés horlogers
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24 novembre 2007 - … (HISTOIRE) : ON FÊTE AUJOURD’HUI L’HEURE DÉCIMALE ET LE CALENDRIER RÉPUBLICAIN…
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Le 24 novembre 1793,
la Convention révolutionnaire
instituait l’heure décimale
et le calendrier républicain



Aujourd’hui, nous sommes le 4 frimaire, an CCXV de l’Ère des Français…

Après avoir décrété le remplacement par le mètre (base décimale) et le kilogramme (base décimale) de toutes les mesures traditionnelles de l’Ancien régime, la Convention décidait le 24 novembre 1793 de créer une « heure décimale » et un « calendrier républicain » (rebaptisé « calendrier des Français »), calé sur le 22 septembre 1792 comme « premier jour de l’ère des Français ».

• L’heure décimale institue une journée de 10 heures, divisée en 100 minutes de 100 secondes (soit 100 000 secondes par jour).

• Le calendrier décimal institue une année de 10 mois, qui comptent trois semaines de 10 jours. Chaque jour et chaque mois était affecté d’un nouveau nom (4 frimaire, an II pour ce 24 novembre 1793) : on relève « abeille », « chien » châtaigne » pour les jours, ou « brumaire », « vendémiaire » et « nivose » pour les mois.
Les noms poétiques de ce calendrier révolutionnaire ont été signés par le poète François Fabre d’Eglantine, le célèbre auteur de « Il pleut, il pleut, bergère » (ci-dessus)…
Comme il manquait cinq jours par rapport au calendrier traditionnel, les jours manquants devenaient des « sans-culottides » et des jours de fête…

Cette heure décimale sera officiellement aboli en avril 1795, le calendrier républicain ne l’étant légalement qu’en 1805, sous l’Empire (22 fructidor, an XIII de la République).
Alors que le système métrique avait été accueilli avec enthousiasme par les élites comme par le peuple (pour ce qui concernait les poids et les mesures), cette heure et ce calendrier révolutionnaires n’avaient jamais suscité l’assentiment populaire.
Les Communards en 1871, les Bolcheviks en 1917et même Mussolini en 1922 tenteront, à leur tour, un passage à l’heure et au calendrier révolutionnaire, sans plus de succès…


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Comme on ne rigolait avec les décrets de la Convention (la guillotine étai prévue pour ceux qui s’exprimeraient désormais dans l’ancien calendrier), et souvent aussi par enthousiasme révolutionnaire, plusieurs horlogers entreprirent aussitôt de convertir leurs mécaniques horlogères (pendules et encore plus rarement montres) à la nouvelle heure.

Les rares montres et pendules qui ont survécu (en n’étant pas reconditionnées) sont aujourd’hui des pièces de musée très recherchées, notamment celles qui affichent la double heure (décimale d’un côté, duodécimale de l’autre) et le double calendrier (traditionnel et révolutionnaire)…

Fabre d’Eglantine n’en sera pas moins guillotiné moins d’un an plus tard (5 avril 1794 pour nous ; 17 germinal, an II pour lui).

On peut s’interroger sur les raisons de cet échec d’une heure décimale, autrement plus logique que l’heure duodécimale héritée des Babyloniens.

• L’heure de la Convention contredisait, justement, la logique des cadrans circulaires, calée sur quatre segments horaires : on ne divise pas un cercle en dix segments et, sur les cadrans révolutionnaires, on ne perçoit pas facilement les quarts traditionnellement marqués aux quatre points cardinaux.

• A une époque où montres et pendules étaient faites à la main, le changement n’aurait pu être que très progressif, et il était d’un coût économique sans commune mesure avec le profit autre qu’idéologique de l’opération (poser la Révolution dans les têtes et rythmer le calendrier sans faire appel aux saints chrétiens).
Le succès du mètre et du kilogramme viennent précisément de leur utilité immédiate dans les échanges économiques, puisque, jusque là, chaque province française avait son propre usage en matière de poids et de mesures (la livre parisienne n'était pas celle d'Orléans, ni celle de Lyon)…

• L’heure décimale introduisait une quantification assez inutile de la durée, à une époque où les gens n’étaient pas payés à l’heure, mais à la journée et à la tâche...


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L'excellent article de Wikipedia sur le calendrier républicain : cliquez ici...
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