![]() |
|||||||
| 10 décembre 2007 - …. (SALONS) : FANTASTIQUE SUCCÈS POUR LE SALON PARISIEN BELLES MONTRES …. | |||||||
.Réussite sur toute la ligne pour le salon Belles Montres, qui replace Paris au premier rang européen des grandes capitales horlogères Les oiseaux de mauvaise augure ne manquaient pas pour prédire le « bide » du premier salon Belles Montres, organisé pour le grand public français au Carrousel du Louvre (Paris), par l’équipe de Climats Secrets (Alain Faust). Les uns – faux experts médiatiques, pas vraiment outillés pour sentir les évolutions du marché – se répandaient en rumeurs pessimistes sur l’absence de clients français pour les montres et les marques de prestige. Les autres – parfois responsables locaux de marques de luxe – doutaient du caractère prestigieux de la manifestation et craignaient un « mauvais retour sur investissement », voire une « erreur de casting » pour leurs précieuses montres… Il est vrai que l’organisation d’un tel salon grand public, qui manquait à Paris et qui était attendu par tous les amateurs depuis de nombreuses années, avait découragé plusieurs des équipes qui tentaient d'en mettre un sur pied. Dès l’ouverture, vendredi, le succès était patent. Superbe allure des stands qui regroupaient une petite quarantaine de maisons, très connues ou moins connues du grand public, et vraie ambiance de luxe dans les allées comme dans les vitrines. Ferveur réelle d’un public d’aficionados plutôt très calés et très motivés, venus pour se frotter à des marques et à des modèles qu’ils étaient ravis de pouvoir prendre en main, passer à leur poignet (souvent déjà très bien équipé) et mieux connaître en posant des questions très pointues aux équipes commerciales mobilisées pour l’événement. Cette ambiance très particulière – grande classe et forte mobilisation des amoureux de la montre – s’est prolongée pendant tout le week-end, pour le plus grand bonheur des marques présentes sur place, dont certaines ont fait en quelques heures de salon le chiffre d’affaires d’un mois ordinaire. Dimanche soir, on pouvait estimer la participation effective à 7 000, voire 8 000 visiteurs (sans compter les visiteurs multiples), ce qui fait de ce salon grand public la plus importante manifestation européenne pour le grand public (120 journalistes ont été accrédités). Le succès était d’autant plus notable qu’il était principalement franco-français, avec quelques passionnés belges ou italiens venus d’un saut de TGV, mais la foule des aficionados venait de la région parisienne et des grandes métropoles régionales situées à portée de TGV. Quelques pièces exceptionnelles ont été vendues, qu’il s’agisse de BRM, de Cabestan (200 000 euros, tout de même) ou de Montblanc, qui présentait là, en avant première mondiale, un intéressant chronographe TimeWalker acier/céramique. Quelques marques avaient fait l’effort de proposer des pièces hors du commun : Van Cleef & Arpels avec la remarquable Midnight in Paris, Piaget avec la malle à montres dessinée par Frédéric Pinel (60 000 euros) ou Blancpain avec l’incroyable tourbillon baguette en serti invisible et cadran « tapisserie » (1,2 million d’euros : ci-dessus) ont été récompensés par l’enthousiasme des amateurs de passage. Les visites guidées de l’exposition organisée par la Fondation de la haute horlogerie ont été suivies avec enthousiasme par des centaines de personnes, tandis que des centaines d’autres s’initiaient aux subtilités des bracelets sur mesure proposés par l’Atelier du bracelet parisien. Les stands de librairie étaient en rupture de stock pour certains titres dès le samedi matin ! Aurel Bacs n’avait pas le temps de souffler entre deux estimations de Patek Philippe ou de Rolex Daytona. La noria des Maserati préposées au transfert des invités vers les boutiques était impressionnante. De l’avis unanime, les amateurs présents sur le salon ont trouvé de quoi satisfaire une curiosité qu’ils n’auraient pas forcément étanchée en entrant dans une boutique. Beaucoup venaient voir en live, toucher et essayer des montres qu’ils ne connaissaient que par les images des magazines ou pour les avoir vues, de loin, dans une vitrine. C’était notamment le cas de Concord, de BRM, de A. Lange & Söhne, voire même de Hublot ou de Vacheron Constantin, marques certes plus notoires, mais pas forcément mieux connues des visiteurs. D’où le succès proprement phénoménal du stand des jeunes horlogers créatifs emmenés par Philippe Dufour : Romain Gautier, Cabestan, Cyclos, Vianney Halter ou Romain Jerome faisaient pour la plupart leur première sortie publique auprès des amateurs français, qui étaient par ailleurs ravis de s’initier à la collection de marques aussi rares que François-Paul Journe, De Bethune ou Hautlence. BUSINESS MONTRES & JOAILLERIE S’il n’y avait qu’un titre de gloire pour Belles Montres, ce serait d’avoir réussi – pour la première fois en Europe, Russie comprise – l’organisation d’un salon qui présentait un plateau aussi exceptionnel de célébrités horlogères, avec des personnalités comme François-Paul Journe, Richard Mille (qui dévoilait pour la première fois en Occident son Planétaire), Philippe Dufour, Denis Flageolet (De Bethune), Romain Gautier, Félix Baumgartner (Urwerk), Jean-François Ruchonnet (Cabestan), Bernard Richards (dont le mouvement automatique Birotor « 100 % Made in France » a emporté la conviction des amateurs), Alain Silberstein, Steven Forsey (Greubel Forsey) et bien d’autres. Jamais encore, même en Suisse, aucune manifestation grand public, ni même professionnelle, n’avait encore réussi une telle concentration de talents, porteuse d’une saine curiosité de la part du grand public. C’était une vraie world premiere et il est symbolique que ce pari ait été réussi dans la capitale française ! A une ou deux exceptions près, les journalistes suisses n’avaient pas fait le déplacement : faut-il y voir une pointe de jalousie ? Evidemment, devant cette réussite – prévisible, et d’ailleurs annoncée dans Business Montres – et devant cette mobilisation d’un nombreux public d’amateurs français aussi experts que motivés, l’absence de certaines marques a fait un peu tâche… Je maintiens, comme cela avait été noté dans Business Montres qu’on n’est pas loin, pour certains absents, de la faute professionnelle. Pas une seule des sept marques du groupe Franck Muller, ni de Cvstos, ça fait désordre et pour le moins méprisant vis-à-vis des amateurs français ! Rien pour Hermès, alors que Chanel, Bulgari, Montblanc ou Cartier avaient fait le déplacement : c’est pour le moins maladroit pour le parangon du luxe à la française ! Peut-on, comme Alpina, Frédérique Constant ou Universal, prétendre jouer dans la cour des grands sans paraître à de telles manifestations de la grande famille horlogère ? On pourrait en dire autant de Raymond Weil, d’Ebel ou de Girard-Perregaux. Personnellement, j’aurais aimé que Wyler Genève, MB & F, Corum ou Jaquet Droz soient de la fête… Beaucoup de questions sur l’absence de Jaeger-LeCoultre, d’IWC, de Breguet, d’Omega ou d’Audemars Piguet, dont la participation à un salon de haute horlogerie semblait aller de soi aux yeux du grand public… Beaucoup d’interrogations sur la défection de références comme Zenith, Chopard ou Bell & Ross, alors que de nombreuses « petites marques » (Maurice Lacroix, Bédat & Cie, Ulysse Nardin, Perrelet, Glashütte Original, Chaumet, Duc Oger, etc.) avaient fait l’effort d’investir dans cette occasion unique de toucher le grand public français et d’avoir ce contact avec le client final qui est aujourd’hui le principal défi des marques du luxe horloger… Beaucoup de déception chez les aficionados en constatant que ni Rolex, ni Omega, ni même TAG Heuer n’avaient fait l’effort d’aller au devant du public français. Ce sera pour l’année prochaine, mais les places seront rares, le salon Belles Montres se devant de conserver une dimension « intime » qu’une grande foire perdrait. De même, si de nouvelles marques intègrent le salon, il faudra veiller à l’équilibre des grandes manufactures et des maisons plus jeunes et plus modestes, mais pas moins créatives. Enfin, il restera aux marques présentes en 2008 à présenter des pièces aussi originales que celles qui avaient été proposées cette année à Tempus II (Singapour), sur le thème du « All Black ». Avec la puissance d’attraction de Paris et la proximité immédiate de la Suisse, avec le soutien des marques et la force de conviction du nouveau public des amateurs français, Belles Montres peut devenir un événement mondial de référence. C’est en tout cas bien parti pour ! ... |
|||||||
| Business Montres & Joaillerie, la lettre internationale des marchés horlogers. 4, rue René-Jacques 92130 Issy-les-Moulineaux France. Tél : +33 611 936 369. Direction de la publication et responsable de la rédaction : Grégory Pons |