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| 4 juillet 2008 - VACANCES HORLOGÈRES : inconscience ou provocation ? | |||||||
.Par décision de la Convention patronale de l’industrie horlogère, les ateliers horlogers suisse seront fermés du 14 juillet au 2 août. Soit entre la fête nationale française et la fête nationale suisse… Dans le monde entier, les détaillant commencent à serrer le frein à main et ils aimeraient bien vendre – au moins ! – ce qui leur a été commandé et parfois payé d’avance, mais qui n'a pas encore été livré par les manufactures. Les clients des meilleurs marchés internationaux se désespèrent de recevoir, un jour, les belles montres dont ils ont rêvé il y a de longs mois, sinon de longues années. Dans toute la Suisse horlogère, du côté des marques comme du côté des fournisseurs, les directeurs de production sont plus « à la bourre » que jamais, avec des carnets de commandes trop pleins pour être réalistes. Sur leurs bancs de travail, les horlogers ont beau s’acharner : ils n’arriveront pas à terminer dans les délais annoncés non seulement ce qui a été présenté en 2008, mais surtout ce qui a été annoncé en 2007, voire en 2006. Tout le monde va cependant partir en vacances, par décision de la Convention patronale, qui en avait décidé ainsi le 13 juin dernier. Enfin, pour être précis, pas exactement « tout le monde », mais au minimum les entreprises qui ont adopté ce principe de fermeture estivale. Malgré tout, comme le réseau industriel horloger pratique joyeusement la sous-traitance en flux tendu, la fermeture des uns entraînera, de fait, la fermeture ou le ralentissement des autres. Si on tient compte des délais de préparation de cette fermeture, et des délais de remontée en puissance de l’entreprise au retour des vacances, l’industrie horlogère se trouve virtuellement paralysée du 10 juillet au 10 août, et fortement ralentie du début juillet à la fin août. En ajoutant les vacances d’hiver (fermeture des manufactures aux environs de Noël), près de trois mois sont « neutralisés » dans une année horlogère qui ne compte plus guère que huit mois d’activités si on soustrait la sacro-sainte période des salons de printemps ! Au vu de tous les retards de livraison, la situation est, au choix ou en vrac, aussi absurde que scandaleuse : elle tendrait à démontrer l’autisme d’une profession qui a oublié le principe élémentaire de la satisfaction du client final et le respect minimal des promesses faites… Confidences des patrons horlogers qui ont essayé de ne pas pratiquer cette fermeture annuelle : « En étalant nos propres départs en vacances sur deux mois, alors même que nos fournisseurs sont eux aussi plus ou moins fermés, on désorganise encore plus la production qu’en baissant franchement le rideau pendant un mois » ! Pour mémoire, ces « vacances horlogères » – tradition devenue pénalisante pour toute une industrie – étaient conçues, en d’autres siècles, pour libérer, en période de moissons et de travaux estivaux, une main-d’œuvre paysanne qui avait un pied dans les ateliers et un pied dans les champs. Au XXIe siècle, ces fermetures annuelles systématiques et généralisées – qui ne remettent pas en cause les vacances d’été du personnel – ont perdu toute signification socio-économique, pour ne plus démontrer que l’incapacité des dirigeants et des personnels à envisager d’autres voies que la routine et la dictature des « droits acquis »… . |
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