La lettre internationale des marchés horlogers
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4 février 2009 - LE QUOTIDIEN DES MONTRES : l’actualité de ce mercredi, à J – 49 pour l’ouverture de Baselworld
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Des montres, des marques,
des salons, des journaux,
des journalistes, des clients
et des gouvernements qui influencent
le quotidien des acteurs de l'horlogerie



••• ALAIN DUMÉNIL PREND LA MAJORITÉ DE L’AGÉFI SUISSE : bonne ou mauvaise nouvelle pour le mundillo horloger ? Dans la mesure où le financier franco-suisse s’intéresse aux montres [il a notamment racheté Poiray], ce serait plutôt une bonne nouvelle – d’autant que L’Agéfi propose actuellement les pages horlogères les plus intéressantes de tous les quotidiens francophones. Dans la mesure où il n’a rien prouvé concernant Poiray, qui n’a toujours pas retrouvé d’ambition cohérente, ni de stratégie claire, on peut rester sceptique sur cette reprise d’un groupe de presse qui édite groupe de presse qui édite L’Agéfi et le Quotidien suisse de la finance, ainsi que les magazines Evasion et Profil. On se pose les mêmes questions stratégiques sur les marques de luxe gérées par Alain Duménil, notamment Smalto et Scherrer.
Bonne nouvelle : Alain Duménil prévoit la continuation de toutes les activités presse, avec un renforcement de l'équipe actuelle et une maquette renouvelée [c’est généralement ce qu’un investisseur dit quand il arrive dans un titre]
••• ON SAIT QUE LE BANQUIER GENEVOIS BÉNÉDICT HENTSCH était sur les rangs et il tenait la corde pour la reprise de L’Agéfi, mais il semble avoir été secoué par l’escroquerie Madoff, où il aurait perdu quelques dizaines de millions. La solution franco-suisse choisie avec Alain Duménil – 90e fortune française, avec environ 400 millions d’euros estimés [chiffre mis en doute par les banquiers genevois] – est intéressante dans la mesure où le repreneur ne manque pas d’une sensibilité littéraire personnelle, comme il l’a prouvé en investissant dans les Editions de l’Herne (fondées par Dominique de Roux).
Lui-même n’a pas fait une mauvaise affaire dans la mesure où très peu de titres économiques sont disponibles sur le marché francophone, et plus spécialement sur la place suisse : il s’offre donc un outil stratégique au cœur de l’Europe financière, ce qui ne devrait pas nuire à l’avenir de ses affaires. Pour ce qui est des montres, on aimerait seulement qu’il fasse preuve d’autant d’esprit entrepreneurial que dans ses investissements médias…



••• NOS INFORMATIONS SUR LA TAG HEUER V4 PROMISE POUR BASELWORLD persistent à susciter le scepticisme des insiders, qui considèrent que la série limitée proposée – 100 pièces pour cette année – n’aura qu’un vague rapport avec le concept mécanique imaginé en 2004 par Jean-François Ruchonnet et validé par Philippe Dufour. Suspense et réussite s’il s’agit d’entretenir le buzz avant Bâle !
••• INFORMATIONS QUI ONT FILTRÉ DE LA CHAUX-DE-FONDS : les 100 pièces en question seraient une forme de teasing avant la mise au point définitive ( !) d’une V4 digne de ce nom en 2010. On parle d’un boîtier ultra-précieux et d’un mouvement qui ne serait pas forcément automatique…


••• TENDANCES 2009 (toujours à l’attention de mes confrères qu bouclent les « spéciaux Baselworld) : le gris mat est une des couleurs de l’année. On le décline dans tous les métaux et dans tous les états de surface et on l’aime pour son aspect métallico-industriel, surtout s’il est associé à un satinage qui en adoucit l’agressivité.
••• BON EXEMPLE DE CETTE TENDANCE : une nouvelle Franck Muller Revolution 3 (ci-dessus), assortie d’un bracelet enalligator gris mat. On pourra la découvrir au prochain WPHH qui se tiendra… pendant Baselworld à Genève (Genthod) !


••• INQUIÉTUDES SUPPLÉMENTAIRES POUR LA REPRISE DU MARCHÉ CHINOIS : les incertitudes liées à la situation sociale. On sait que l’empire chinois ne créera plus d’emplois au-dessous de 8 % de croissance annuelle : les prévisions les plus réalistes – non officielles – ne dépassent pas les 6,5 %, d’où la menace de nouvelles tensions alors que les fermetures d’usines approche la dizaine de milliers. Sans compter les risques de catastrophes écologiques.
Peut-il y avoir une révolte à grande échelle ? Les sinologues se posent désormais la question, l’actuel mélange de libéralisme économique et de communisme institutionnel pouvant se révéler explosif aux premiers signes de ralentissement. On note déjà quelques révoltes spontanées contre la corruption des élites bureaucratiques, tandis que des millions de travailleurs migrants réduits au chômage reviennent dans leurs provinces d’origine, créant de nouvelles « classes dangereuses ».
Certes, la résilience chinoise est légendaire et le centralisme étatique bien structuré par la hiérarchie communiste, qui verrouille les médias. Certes, le gouvernement a lancé un plan de stabilisation évalué à 580 milliards de dollars, puisés dans des réserves financières alimentées par un taux d’épargne très élevé et par les profits d’une vingtaine d’années de croissance axée sur les exportations. Il n’en reste pas moins que la consommation intérieure est très basse et que le seul moteur de l’économie chinoise est aujourd’hui une industrie qui assure la production des biens de consommation destinés aux marchés occidentaux : ces derniers étant déprimés, l’« effet coup de fouet » aggrave en amont les fermetures d’usines en Chine et l’effondrement des exportations qui finançaient le décollage économique…
D’où les craintes des gouvernants chinois : « Quand la bulle explose, le monde risque un désastre », rappelait récemment le Premier ministre chinois. Si la Chine parvient à maintenir sa croissance, ce sera sa plus grande contribution au monde entier face à la crise financière ». On admire le « si » chez un gouvernant communiste qui avoue par ailleurs les « difficultés » qui secouent son pays…
••• PREMIER SIGNAL D’ALARME DANS L’INFLUENTE FAR EASTERN ECONOMIC REVIEW, QUI ÉVOQUE de sérieux indices d’explosions sociales après des années de bas salaires, d’effondrement des revenus personnels et d’inégalités croissantes dans un climat de corruption généralisée. Selon le Sunday Times, après enquête dans les provinces de Guangdong, Zhejiang et Jiangsu, la crise mondiale a miné l’économie locale et provoqué des dizaines de manifestations totalement occultées par les médias – on parle aussi d’actes terroristes ayant entrainé l’intervention de l’armée.
Indice d’une évolution « nationaliste » : les chefs d’entreprise chinois avouent qu’ils font face à de nombreux impayés : dans la région de Wenzhou, les Occidentaux devraient près de 20 milliards de dollars aux entreprises locales !



••• APPEL DU PIED DES AUTORITÉS DE MONACO POUR UNE RÉINDUSTRIALISATION DE LA PRINCIPAUTÉ : « Monaco n'est pas dans une bulle, à l'écart des affres du monde, admet Gilles Tonelli, conseiller de gouvernement pour les Finances et l'Économie. Face aux différents licenciements qui touchent le secteur industriel de la principauté, il faut réagir vite et travailler au cas pas cas. Les entreprises sont des entités qui évoluent. Nous souhaitons maintenir en principauté des niches de haute technologie, d'usines à la pointe de la technique. Des industries de l'horlogerie ou de la plaisance sont intéressées par les qualités de la Principauté » (Monaco Matin).
••• POURQUOI PAS DES MANUFACTURES DE MONTRES À MONACO ? il existe déjà deux marques officiellement monégasques : Horus et Zegg & Cerlati. L’affinité des horlogers avec le Rocher est aussi ancienne qu’éprouvée, d’autant que le prince est lui-même amateurs de montres. Il y a quelques années, Gérald Genta – l’horloger – avait d’ailleurs mis en place une sorte d’atelier de complications dans un appartement de la principauté…


••• MÊME SI LA SOCIOLOGIE ÉVOLUE (NOS INFORMATIONS DE CE MATIN), LES RICHES AIMENT TOUJOURS LE LUXE : on a pu le vérifier lors de la récente Fashion Week parisienne. Trois jours d’ébullition, vingt défilés de haute couture (23 l’année dernière) et des centaines de clientes – pas forcément européennes – sur les dents dès que les créations sortaient un peu de l’ordinaire et autant de journalistes : pas mal pour les premières semaines de la « Première Crise mondiale » !
••• LES MEILLEURES HISTOIRES RESTAIENT CELLES DES DÉPENSES EXCENTRIQUES attribuées aux derniers flambeurs russes ou proche-orientaux à travers le monde, dont on relève qu’ils sont tout de même assez sélectifs sur l’exclusivité des pièces achetées. Valeurs sûres aux yeux de ces milliardaires crisis proof : la signature, le savoir-faire déployé pour le produit et la qualité des matériaux. La main du créateur plutôt que la griffe de la marque et la trace de l’artisan plutôt qu’un logo estampé sur du China Made !
D’où la nouvelle communication sur le temps passé pour chaque pièce, les informations sur la noblesse des matières premières
[l’alligator, décliné à toutes les sauces et à n’importe quel prix, est désormais trop abondant pour rester vraiment distinctif] et l’attention portée à l’intérieur – ce qu’il y a dans le produit, ses ingrédients, ses composants – plutôt qu’à l’aspect extérieur.



••• SOUS LE TITRE « EBEL : LE FUSIBLE ACTIONNÉ », le journaliste Pascal Brandt, de retour au clavier pour Horlogerie-suisse.com, nous offre un savoureux « billet » sur cette marque : « Propriété du Movado Group depuis 2004, la marque a suivi au cours des 12 dernières années une trajectoire chaotique, passant des mains d’Investcorps dans celles de LVMH avant d’être revendue au groupe américain. En parallèle à ces tribulations, Ebel ne s’est jamais vraiment remise du départ de Pierre-Alain Blum en 1996 : l’homme en a fait, dès les années 70, une success story qui a valeur de véritable cas d’école, à l’image d’une communication véhiculant l’un des meilleurs concept de l’histoire horlogère, « Les Architectes du Temps », abandonné sous l’ère LVMH puis repris – à juste titre - par Movado Group ».
(…) « De LA marque de luxe contemporaine et sportive des années 80-90, l’image d’Ebel s’est peu à peu diluée dans un contexte il est vrai devenu hyper-concurrentiel et plus difficile. La crise fait aujourd’hui le reste, les fusibles sont actionnés et Thomas van der Kallen en paie le prix sans pour autant avoir démérité. (…) Le changement de tête suffira-t-il à remettre la marque en selle et de restaurer ses gènes fondateurs ? Pari peu évident, sachant qu’il requiert du temps et surtout des moyens, à un moment où les entités sabrent têtes et budgets.
(…) « Qui est Ebel aujourd’hui ? Poser la question revient à y apporter une ébauche de réponse. Elle vaut d’ailleurs pour de nombreuses marques, de La Chaux-de-Fonds à Genève, qui n’ont plus d’image claire et lisible. Il ne suffit plus aujourd’hui de s’autoproclamer manufacture pour satisfaire automatiquement au bonheur universel… De nouveaux paramètres définissent désormais l’horlogerie et ses acteurs, ils requièrent un positionnement identitaire affûté et, par conséquent, une communication soutenue. Le poste dans lequel, en général, on taille naïvement en périodes de vaches maigres ».
A découvrir en intégralité sur http://www.horlogerie-suisse.com/billet-horloger/Ebel-fusible_actionne-173509.html.
••• POURVU QUE ÇA DURE ! Et pourvu que les pressions commerciales des annonceurs du site ne réduisent pas au silence une voix aussi décidée à rester libre !


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• Pour les premiers Ateliers de la refondation horlogère,
réservez votre mercredi 4 mars.
• Thème de cette journée conviviale d’études intensives, d’échanges passionnés et de mises en perspective décapantes :
« Y aura-t-il une vie après la crise ? ».
• L’avant-garde de la nouvelle génération horlogère est déjà mobilisée pour faire de cette journée le creuset d’une cohésion affinitaire encore jamais tentée en Suisse. Ce forum se tiendra au cœur des vallées horlogères, avec la participation de multiples « influenceurs » dans des domaines d’expertise utiles aux marques (design, médias, marketing, publicité, sociostyles, PLV, etc.).
• Entrée uniquement réservée aux inscrits, après le règlement de la participation aux frais : 400 euros-630 CHF (journée + déjeuner). Le nombre de participants est limité par la capacité de la salle. Réservez dès maintenant votre place et votre journée du mercredi 4 mars pour bénéficier d’une réduction de 25 % sur les réservations passées avant le 31 janvier (soit 300 euros-472 CHF la journée ; acompte obligatoire pour valider la réservation : 200 euros-315 CHF).
• Solidarité oblige : Business Montres accorde une réduction de 30 % aux premières « victimes de la crise » (cadres dirigeants, etc.) et aux jeunes créateurs (start-ups, etc), soit 280 euros-440 CHF.
• Inscriptions groupées : nous consulter.
Messages : gregorypons@businessmontres.com).
• Renseignements : Alaric/Business Montres - quai du Seujet, 16 - CH-1201 Genève (Suisse). Tél : +41 79 800 23 08.



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