La lettre internationale des marchés horlogers
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19 février 2009 - STATISTIQUES HORLOGÈRES DE JANVIER 2009 : une accélération pathétique de la glissade
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À un demi-point près, le pronostic
de Business Montres s’est vérifié :
la chute officielle des exportations suisses
est de 21,5 %, contre 22 % annoncé.
Un résultat statistique qui cache,
comme toujours, quelques dramatiques
évolutions de l'industrie horlogère.




••• LA CONTRACTION EST QUALIFIÉE DE « FORTE » PAR LA FH mais on pourrait l’estimer pré-catastrophique, dans la mesure où ce chiffre consolidé de – 21,5 % confirme à la fois une tendance baissière maintenant très fortement établie depuis trois mois et une accélération de faiblesses industielles et commerciales désormais criantes.

• La perte est spectaculaire en volume : - 37,3 % de montres exportées, ce qui signifie qu’on n’a exporté que 6 montres quand on en expédiait 10 en janvier 2008. On imagine les dégâts en amont, dans les usines et chez les fournisseurs. Et en aval, dans la mesure où ce coup d’arrêt – on est loin du coup de frein et même la FH parle de « net ralentissement » – indique clairement que tous les tuyaux sont pleins, chez les détaillants, les distributeurs, les filiales ou les magasins d’usine. 860 000 montres suisses de moins sur les marchés internationaux : à chacun de traduire cet indicateur en pertes de parts de marché !

• Toutes les catégories de montres sont impactées : l’or, le platine, l’acier et le plastique. Les pièces les plus moins chères (- 39 %), la moyenne gamme (- 33,6 % pour les 500-3 000 CHF) et le haut de gamme (- 14 % pour les montres à plus de 3 000 CHF). Tous les grands marchés sont atteints, avec des plongeons spectaculaires (- 28,5 % aux Etats-Unis) et des chutes vertigineuses (- 42,6 % pour la Chine ou – 50,1 % pour la Russie).

• Résistent bien la Corée du Sud (valeur doublée depuis 2007), l’Australie (+ 42,5 % depuis un an) ou le Maroc (+ 28,5 % sur 2008/2009), avec une confirmation de la dynamique pour le Qatar ou Oman, qui compensent la défection de Dubai, mais sur des volumes plus modestes.

• En variation annuelle, on obtient du – 38,6 % pour le nombre de pièces et – 22,1 % pour le volume d’affaires. Inutile d’en dire plus. Comme on ne voit pas à l’horizon les facteurs qui feraient que, demain, les affaires horlogères reprendraient, on peut imaginer une prolongation de cette tendance jusqu’à mars – et donc un salon de Bâle s’ouvrant sous le choc d’une tragique morosité collective…



••• ON AURA BEAU TRITURER CES STATISTIQUES DANS TOUS LES SENS, impossible de leur faire dire qu’il n’y a pas un vrai problème !
Ces chiffres ridiculisent la langue de bois post-Genève 2009, quand les petits marquis prétendaient n’avoir enregistré que des corrections mineures de leur chiffre d’affaires et qu’il était de bon ton de considérer que, tous comptes faits, le pire était derrière nous. Si le ridicule ne tue pas
[on fera un jour le bêtisier de toutes les déclarations sur « 2008 année record »], il licencie : c’est là que l’absence d’anticipations stratégiques et le fait d’aller droit dans le mur en klaxonnant son auto-satisfaction deviennent mortelles pour l’industrie.

On vérifie au passage que les marchés émergents – Chine et Russie, notamment – sont bien en panne, comme on l'a souvent écrit ici, en contradiction avec l'opinion commune au sein des marques. Même désespérance du côté de Dubai...

Que d’emplois auraient été sauvés ou aménagés si des dispositions avaient été prises à temps et des mesures conservatoires décidées autrement que dans l’urgence ! Que de ressources humaines et matérielles ont été gaspillées – surproduction, surinvestissement, surdistribution, surembauche, etc. – pour illusionner les analystes et rassurer les actionnaires !

Et encore… Tout n'est pas dit...

Faut-il rappeler ce que ces chiffres d’exportation ont d’artificiel ? On sait qu’ils ne correspondent que partiellement à la réalité des ventes réelles sur le terrain – c’est-à-dire à des revenus effectifs pour les marques et aux profits réels qu’ils génèrent en termes de
cash flow et de capacités d’investissement.

On sait que ces chiffres autorisent toutes les manipulations cosmétiques des comptes d’exploitation, avec leur cortège d’exportations dans les stocks sous douane des ports-francs, d’expéditions autoritaires dans les stocks intermédiaires des filiales et de livraisons d’office aux détaillants : autant de facturations qui donnent provisoirement et virtuellement un ballon d’oxygène au tableau de bord, sans le moins du monde correspondre à du
sell-out




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