La lettre internationale des marchés horlogers
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6 avril 2009 - (BEST OF BASELWORLD 2009) Meilleur concept de joaillerie mécanique : HARRY WINSTON Opus 9
.

Soit un Jean-Marc Wiederrecht
au mieux de sa forme
et de son art horloger.
On lui ajoute un Eric Giroud
plus soucieux que jamais
de précision dans le moindre détail
et de création hors de sentiers battus.
A l’arrivée : une Opus 9
qui est sans doute – et de loin –
la plus Harry Winston de toutes les Opus
et la plus sobrement conceptuelle
– donc la plus efficace –
de toute cette série de montres
qui ont changé en profondeur
notre vision de l’horlogerie…





••• LE PLUS AMUSANT EST DE PENSER QUE CETTE OPUS 9 EST, DE LOIN, la moins violemment horlogère de tous les « ovnis » qui l’ont précédée. Jean-Marc Wiederrecht n’a pas voulu frapper fort : il s’est contenté de frapper juste. Juste assez de technique horlogère pour faire tourner les cylindres qui entraînent les deux chaînes de diamants (une pour les heures, une pour les minutes) et pour libérer l’imagination du designer.

De son côté, Eric Giroud n’a pas souhaité construire une de ces soucoupes volantes dont il a le secret [voir ses « machines » pour MB&F], mais seulement rendre hommage à la sobriété de l’art horloger déployé par Jean-Marc Wiederrecht tout en transformant les diamants – molécules constitutives de l’ADN d’Harry Winston – en composants horlogers capables d’afficher l’heure.

Il ne s’agissait donc plus d’horlogerie, mais de création artistique en totale liberté. Plus de cadran, mais des chaînettes : génial pour libérer le cœur de la montre de toute contrainte d’affichage et se livrer à une grande démonstration de virtuosité purement graphique dans les pleins, les courbes, les déliés et les angles.

Plus d’aiguilles, mais un mouvement automatique assez costaud pour entraîner un système d’affichage linéaire de l’heure à travers un réseau de crémaillères et de pignons. Plus de « centre » de la montre : un fantastique terrain de jeu pour imaginer une structure porteuse en colonne vertébrale de la montre.

Avec une enveloppe de verre saphir des deux côtés de la montre, cette Opus 9 nous fait entrer dans un autre temps : c’est à la fois fonctionnel – cette montre donne l’heure avec précision – et surréel dans la mise en valeur des diamants et des rubis par la mécanique.

C’est aussi incroyablement innovant que fantastiquement sobre dans le déploiement des solutions techniques : il fallait sans doute un quart de siècle à Jean-Marc Wiederrecht pour parvenir à cette maîtrise presque zen du métier horloger.

Il fallait aussi une grande maturité à Eric Giroud pour comprendre l’essence de cette « frugalité » – proche du jansénisme – et pour en rendre la force par son dessin.



••• L’EXERCICE DE STYLE DE CETTE OPUS 9 EST ÉBLOUISSANT, tant dans le domaine horloger que joaillier. Simplicité – voire économie – des moyens mis en œuvre [même si, pour 66 diamants baguette, cette qualité de sertissage invisible vaut son pesant de main-d’œuvre ultra-spécialisée] et redoutable efficacité du résultat pour une Opus d’anthologie, qui illustre à merveille le nouveau rapport au luxe engendré par la crise : moins d’ostentation démonstrative pour davantage d’expressivité dans la substance même de la montre.

Eric, Jean-Marc et Harry : une nouvelle
dream team dans la haute horlogerie. On en veut d'autres !

A titre personnel, je ne peux que me réjouir de voir Jean-Marc Wiederrecht enfin reconnu et admis à graver son nom sur le boîtier d’une montre : c’est en pensant à des « maîtres » comme lui que j’avais créé, il y a deux ans, le prix du meilleur concepteur-constructeur au Grand Prix d’Horlogerie de Genève et je suis très fier qu’il ait été le premier récompensé dans une compétition où l’on accorde plus de place aux marques qu’aux hommes…

Si la signature n’était pas déjà prise, on pourrait parler de néo-architecture du temps : on se contentera donc de décerner à ce chef-d’œuvre absolu de l’horlogerie nouvelle génération le premier rang qui lui revient. C’est tout et il n'y a rien à ajouter à cette première place, surtout à l’issue d’un concours créatif 2009 qui était plutôt relevé.

Tout le monde peut mettre des diamants sur une montre : seul Harry Winston est parvenu à faire dire l’heure à des diamants !






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