La lettre internationale des marchés horlogers
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1 mai 2009 - LE SNIPER DU VENDREDI : fidèle au poste, même le 1er mai !
.

Faute de pouvoir défiler
en syndicat organisé
pour ce Premier Mai
(pas assez de journalistes indépendants
sur le marché des montres!),
le Quotidien des Montres
a préféré déléguer
son « sniper du vendredi »
pour débusquer
quelques informations horlogères
digne de ce nom.

...Cette semaine, le sniper du vendredi a...






••• REPÉRÉ chez Sterling & Noble une pendule Star Trek « nouvelle génération horlogère » : chaque index des heures est un des vaisseaux de la fameuses série de science-fiction, tout comme le centre de la pendule (électronique). L’idée est intéressante : autant d’index, autant de modèles d’une collection horlogère…


••• RENONCÉ à compter les célébrités qui ont défilé sur la Cinquième Avenue, chez Cartier New York, pour fêter hier soir le centième anniversaire de la présence aux Etats-Unis du « roi des joailliers et joaillier des rois » : la bonne question serait plutôt « Qui n’y était pas ? »…


••• RELEVÉ, à cette occasion, l’actuel activisme immobilier du Swatch Group à New York. Dans la foulée de l’ouverture de la boutique Omega sur la Cinquième Avenue, il y a quelques jours, le groupe annonce l’ouverture d’une boutique Tourbillon sur Wall Street. C’est la seconde boutique Tourbillon sur le marché américain et la dix-septième dans le monde (treize en Europe, dont cinq en Suisse).


••• ADMIRÉ la nouvelle égérie des montres Ferragamo : Claudia Schiffer elle-même, magnifiquement photographiée en Californie par Mario Testino (image ci-dessus, montre Gancino sertie de 184 diamants au poignet). Californie parce que c’est là que Salvatore Ferragamo avait ouvert, voici 81 ans, sa première boutique de chaussures pour les stars d’Hollywood. La licence horlogère de Ferragamo Montres a été signée par le groupe Timex et les collections sont Swiss Made


••• HÉSITÉ à « miser » en ligne – de 3 à 10 euros – pour gagner des montres de 3 000 à 10 000 euros… Le principe de la Luxury Tombola proposée par Win Luxury Watches est très simple : on mise une fois – ou plusieurs fois – une somme très modique pour avoir une chance d’être tiré au sort pour gagner une montre suisse (Rolex, cartier, Hublot, Panerai et les autres) : 1 chance sur 1 000 de gagner, sous contrôle d’huissier genevois, une montre neuve 100 % suisse (garantie internationale). Evidemment, quand on découvre que la société organisatrice est localisée à Chypre [mais on sait que la fiscalité des profits commerciaux et des jeux de hasard est là-bas très favorable], on se méfie un peu, même si le concept – typique des initiatives de crise – est intéressant. Enquête à suivre…


••• COMPRIS les nouvelles règles du jeu pratiquées par les fournisseurs pour forcer les marques à honorer leurs échéances : quand toutes les pressions classiques ont échoué pour faire payer un client [une marque ayant pignon sur rue], il suffit de déclarer la facture en souffrance à l’Office des poursuites [institution suisse qui centralise les dossiers de litiges pour les recouvrements de créance. La peur du qu’en dira-t-on fait le reste : sauf dans les cas désespérés, la marque trouve toujours de quoi calmer provisoirement son fournisseur et effacer l’infâmante « inscription aux poursuites » – toujours très mal considérée en Suisse. C’est ainsi que plusieurs marques survivent depuis plusieurs mois…


••• ENTENDU les rumeurs enflées à propos de la succession de Thierry Nataf chez Zenith. Les uns s’irritent de n’avoir pas été contactés. Les uns laissent entendre qu’ils sont sur la short list. Laquelle n’est d’ailleurs pas forcément ouverte. Dans les couloirs de l’avenue Montaigne (état-major LVMH), on évoque une « filière italienne » : quelques candidats plus ou moins d’origine italo-hélvétique tiendraient la corde. Les autres spéculations concernent le point de chute de Thierry Nataf : certains le voient rester dans l’horlogerie [après tout, il n’avait pas de clause de non-concurrence et il peut très bien être recruté par un concurrent], mais on évoque aussi une marque de mode européenne [ce qui pourrait aussi le mettre en confrontation avec une marque de LVMH]


••• SENTI monter la pression autour du lot 209 de la prochaine vente Christie’s : la Patek Philippe d’aviateur à « angle horaire » (qualifiée le 26 avril d’« une des plus extraordinaires Patek Philippe de ce début de siècle »). Dans sa chronique de Tribune de Genève, Gabriel Tortella s’affirme persuadé qu’elle atteindra le million de francs suisses (estimation : 350-500 000 CHF). D’autres font remarquer que ce n’est pas vraiment une « montre », mais un instrument de vol porté au poignet : de fait, cette « montre » [pas d’autre mot pour wristwatch en français] ne donne pas l’heure, mais qu’elle est belle ! De toute façon, sa taille (56 mm) la rend importable et la destine à la vitrine. Autre question pour l’instant sans réponse : sa provenance exacte, notamment le pays dans lequel cette pièce avait été vendue en septembre 1936 et sa destination civile ou militaire…


••• SALUÉ, à cette occasion, l’excellent travail d’Aurel Bacs chez Christie’s : il a déniché, pour cette vente du 11 mai, quelques raretés jamais passées en salle des ventes, comme la « montre de carrosse de la reine de Naples », réalisé en 1812 pour Caroline Bonaparte (lot 59, estimé 160-230 000 euros), qui n’avait jamais quitté la famille, ou le chronographe Patek Philippe 2499 vendu en 1963 et resté depuis dans la famille de l’amateur (lot 84, estimé 670-1 000 000 euros). Beaucoup d’autres lots de cette vente connaîtront pour la première fois le feu des enchères. C’est avec de la marchandise fraîche et exclusive qu’il faut aujourd’hui tenter les amateurs.


••• CONSTATÉ que le message concernant les enchères était également bien reçu chez Antiquorum, qui aligne pour les 9 et 10 mai prochains quelques raretés, comme un chronographe à rattrapante Patek Philippe réf. 1436 en acier, encore jamais passé en salle des ventes (lot 161, estimé 400-525 000 euros), ou une autre rattrapante Patek Philippe for Tiffany & Co (lot 329, estimé 460-800 000 euros).
••• A PROPOS D’ANTIQUORUM, on annonce officieusement un nouvel actionnaire anglo-saxon [apparemment pour reprendre le paquet d’actions du Californien Bernie Chase], alors que les démêlés judiciaires entre Antiquorum et Osvaldo Patrizzi semblent au point mort – à Genève, conformément au droit suisse, cela signifie sans doute que l’instruction est terminée et que les juges n’ont pas trouvé matière à poursuivre, ce qui lave de fait Osvaldo Patrizzi des gravissimes accusations lancées contre lui par ses « successeurs » !


••• OBSERVÉ l’inflexion stratégique d’Osvaldo Patrizzi pour réagir à cet afflux de bonnes montres aux enchères. D’abord, explorer de nouveaux champs de collection horlogère : sa prochaine vente d’Horloges européennes de la Renaissance (exposée à Genève pendant les ventes Christie’s et Antiquorum, vente le 24 mai à Milan) permettra de jeter un pont entre l’art horloger des origines et l’art horloger contemporain. On vérifiera, avec ces 70 pièces exceptionnelles, que tout a été perpétuellement réinventé depuis la Renaissance, même ce qu’on croyait très moderne, comme les « heures du monde » ! Sans parler des pièces qui sont, mécaniquement et esthétiquement, les ancêtres directes des… Cabestan de 2009 ! Nous y reviendrons dès que le catalogue sera disponible, mais il n’y avait pas eu de dispersion « historique » de cette ampleur depuis 1860 ! Seconde initiative de Patrizzi & Co, précisément au sujet du catalogue : le retour du bon vieux catalogue papier, qu’on peut feuilleter à volonté, marquer, « truffer » et méditer à sa guise. Le high-tech est parfois… régressif !


••• VÉRIFIÉ dans un article du quotidien nigérian Daily Trust (Abuja, Nigéria) que le marché local de la montre était tout aussi sinistré qu’en Europe – alors que le marché horloger de Kano était célèbre dans tout le Nigéria et les pays limitrophes. Fini, l’âge d’or des montres. Heureusement, on y vend encore des pendules…


••• TROUVÉ dans un laboratoire de recherches un futur concurrent de la montre-bracelet : cette société d’optique étudie des… lentilles de contact « intelligentes », capables d’afficher, devant les yeux, des informations usuelles, dont l’heure – à la demande digitale ou analogique ! On n’en est encore qu’à l’étude de faisabilité, mais…


••• ENREGISTRÉ l’accélération du tempo judiciaire dans l’affaire Franc Vila contre Maxim Artsinovitch. L’ex-« King of grey market » russe a déposé à Genève une plainte pénale pour « escroquerie, abus de confiance et gestion déloyale » contre ses anciens associés Franc Vila et Mario Scotto, lesquels ne le considèrent d’ailleurs pas comme un associé. C’est un combat à mort – au moins civile et économique – qui s’est engagé, les trois millions de francs suisses réclamés n’étant qu’un prétexte pour conclure une guerre devenue personnelle : en février dernier, Business Montres avait déjà raconté la « lettre ouverte » dans laquelle Maxim Artsinovitch révélait les coulisses pas très propres de la haute horlogerie genevoise, les palaces, les comptes au Lichtenstein, les Bentley de fonction et les Bugatti Veyron exposées à Baselworld [impossibilité juridique actuelle de publier cette lettre plutôt croustillante, dont les arguments restent à être validés par l’instruction des juges]


••• PRIS NOTE de la confirmation par Le Matin (Suisse) de ce 1er Mai d’une révélation Business Montres de mardi dernier concernant le sauvetage de de Grisogono. Mêmes informations concernant la piste « family and friends », sans citer la source Business Montres, comme d’habitude ! L’essentiel reste que la manufacture genevoise ait maintenant la tête hors de l’eau…


••• DÉPENSÉ 0,60 euro en Italie pour acheter un timbre Bvlgari, édité par la Poste italienne pour les 125 ans de la marque. Ce timbre fait partie d’une série, « Made in Italy », qui a déjà consacré une vignette à la Fiat 500 et une à la Lamborghini Miura. Visuel : un collier en or jaune, platine et pierres de couleur, créé par Bvlgari en 1965. Si la Poste suisse se mettait à éditer des timbres à chaque grand anniversaire, cela relancerait peut-être le marché de la collection des timbres-poste…


••• SENTI monter une tendance à la récupération marketing des icônes du XXe siècle. Après Steve McQueen pour TAG Heuer ou Audrey Hepburn et Humphrey Bogart pour Longines, c’est maintenant Omega qui embrigade le président Kennedy au service de la Speedmaster [40e anniversaire du premier pas sur la Lune]. Réalisée avec la fondation JFK, la campagne est intelligente et d’autant plus légitime qu’on sait que l’ancien président américain amateur d’Omega, qui lui a d’ailleurs consacré une montre commémorative. Elle décale en tout cas l’habituel discours sur la Moon Watch sans pour autant casser cette ligne de communication axée sur la Lune : bien joué ! Du moins pour toucher une cible de non-initiés…


••• RETROUVÉ une âme d’enfant avec la dernière Camcorder, « montre photo-vidéo » qui ressemble à une vraie montre (elle donne l’heure et son dessin est plutôt réussi), mais qui permet d’enregistrer jusqu’à 16 heures de vidéo/audio en couleurs grâce à son objectif dissimulé dans le chiffre 2 du cadran. Pour récupérer les images, une clé USB suffit. C’est mieux que les gadgets de James Bond ou la montre-espion de Tintin dans Le sceptre d’Ottokar. Le tout pour 250 dollars : démonstration sur YouTube (en anglais). C’est apparemment une mode aux Etats-Unis…


••• RÉSERVÉ le numéro de demain (samedi) du quotidien français Libération (supplément Next) pour une série qui sera également disponible sur le site Next du journal : Hedi Slimane y présentera son reportage photographique à Saint-Cyr-Coëtquidan, l’école des officiers français. Une série à la fois romantique et respectueuse, qui prouve l’immense talent visuel d’Hedi Slimane (ex-Dior Hommes et créateur de la montre Chiffre rouge). Ceux qui en douteraient peuvent dès aujourd’hui découvrir son superbe reportage photo sur Kate Moss, toujours dans Next





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