La lettre internationale des marchés horlogers
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5 mai 2009 - (EXCLUSIF) : Arlette Emch prend(rait) la présidence de Swatch
.

Non officiel, mais officieux :
remaniement « ministériel »
à la direction du Swatch Group,
où Arlette Emch serait promue
à la présidence de la maison fétiche
du groupe biennois.
Elle quitterait CK Watches
et Léon Hatot pour présider Swatch,
marque qui a toujours été
plus ou moins pilotée en direct
par la famille Hayek, père et fils.



DERNIÈRE HEURE (CET APRÈS-MIDI) :
CONFIRMATION OFFICIELLE
PAR LA DIRECTION DU SWATCH GROUP.
Le conditionnel de précaution
n'est donc plus de rigueur
dans le titre de l'article !



••• ARLETTE EMCH EST INSUMBERSIBLE : quoique chargée de veiller sur des marchés aussi stratégiques pour le Swatch Group que le Japon [elle a parfaitement relevé le défi, en plein crise économique nippone et malgré les peaux de banane locales] et la Corée du Sud, responsable pour l’ensemble du groupe de Dress Your Body (structure opérationnelle de la joaillerie pour toutes les marques, et présidente de CK Watches (pas loin d’un million de montres par an, estimation Business Montres) ainsi que de Léon Hatot, elle a été nommé ce matin à la direction de la marque Swatch, emblème du groupe biennois et pivot de sa puissance industrielle – Swatch fonctionnait plus ou moins jusque-là sous la présidence officieuse de Nick Hayek, le CEO du groupe.


••• CETTE NOMINATION INATTENDUE devrait s’accompagner d’une nouvelle nomination à la tête de CK Watches [où on attend un manager proche d’Arlette Emch] et sans doute d’un repositionnement stratégique de Léon Hatot, marque qui tarde encore à faire la preuve de son impact sur le marché en dépit des investissements consentis [une réduction sensible du format est envisagée, ce qui pourra libérer des ressources utiles au décollage de Tiffany & Co].


••• AU SEIN DU GROUPE, LA MARQUE SWATCH N’EST PAS UNE RÉFÉRENCE COMME LES AUTRES : alors qu’on a dépassé les 350 millions de montres produites, Swatch reste un nom magique, connu dans le monde entier à l’égal de Rolex ou de Coca-Cola. C’est sur le rocher Swatch que Nicolas Hayek a bâti son empire et rebâti l’industrie suisse des montres. C’est une marque qui a trop fait battre le cœur des amateurs – grands et petits, garçons et filles, jeunes et vieux – pour qu’ils ne lui en gardent pas une forme de reconnaissance éternelle et de sympathie immédiate. C’est dire à quel point l’enjeu Swatch est stratégique dans les visées post-crise du groupe…


••• ON L'AURA COMPRIS : tous nos voeux accompagnent la nouvelle présidente d'une marque-culte, dont on finissait par désespérer qu'elle revienne un jour à son meilleur niveau de créativité et de convivialité...



••• ON EN SAURA PLUS CES JOURS-CI SUR CE « REMANIEMENT MINISTÉRIEL », qui pose évidemment des problèmes de territorialité au sein de l’état-major du groupe – en particulier de sa direction. Il avait déjà été question de confier le dossier Swatch à Arlette Emch. Un dossier jamais facile à traiter avec le regard permanent de MM. Hayek père et fils au-dessus de son épaule, d’où la rotation accélérée des managers à la tête de la marque, et un poste très exposé, où personne – pas même [et surtout pas] Arlette Emch – n’a le droit à l’erreur.

• Si elle a su tirer son épingle du jeu japonais et si elle a permis une surprenante requalification du groupe dans le domaine de la joaillerie et de la haute joaillerie, la présidente de CK Watches et de Léon Hatot n’en va pas moins se trouver très exposée à la présidence de Swatch – marque qui patine encore malgré un récent rétablissement et qui reste le pilier non seulement de l’empire industriel Swatch Group, mais aussi de l’industrie horlogère suisse toute entière
[sans les volumes de Swatch et sans leur effet d’entraînement en termes de production, de logistique et de R&D, le gâteau horloger helvétique serait nettement moins appétissant !].

• Une larme au passage sur Léon Hatot, marque qui n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la galaxie Swatch Group et qui pourrait se trouver réduite à l’état de comète fugace, voire de simple collection d’appoint. « Inventé » par Jean-Claude Biver, qui avait eu l’idée de ressusciter un Léon Hatot auquel plus personne ne pensait, le concept Léon Hatot a souffert de ses repositionnements successifs.
Coïncidence troublante : Léon Hatot passe au second plan, alors qu’un de ceux qui l’avaient le plus travaillé
[pas facile de passer derrière Jean-Claude Biver !], Jean-Frédéric Dufour, est placé depuis hier sous les projecteurs de l’actualité, puisqu’il prendra en juin la présidence de Zenith (révélation de Business Montres du 4 mai)…






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