La lettre internationale des marchés horlogers
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12 juin 2009 - LE SNIPER DU VENDREDI : Juste avant le week-end, un petit tour d’horizon de l’actualité horlogère
Parti à la chasse aux montres
du GIGN réalisée par Ebel
(nos informations de ce jour),
votre Quotidien des Montres
n’en présente pas moins
un tableau de chasse intéressant
pour cette veille de week-end.
On sent que les vacances horlogères
ont allégé les agendas,
mais l'actualité ne manque pas
de piquant, ni d'humour...

... Cette semaine, le sniper a...





••• SALUÉ la naissance d’African Romance, la première marque de diamants purement africaine. L’entreprise est née en Afrique du Sud, avec des capitaux « noirs » et une implantation 100 % sud-africaine (taille, polissage, marketing, communication, commercialisation). Tous les diamants sont absolument « sains », c’est-à-dire sans le moindre soupçon d’être mêlés à des « diamants de guerre ». Le défi d’une marque africaine de diamants n’est pas mince, d’autant qu’il ne s’agit pas d’ouvrir une chaîne internationale de boutiques : l’Afrique du Sud, troisième producteur mondial, extrapit environ 12 millions de carats tous les ans, mais moins de 1 % de ces diamants sont traités et exploités sur place : African Romance veut relocaliser cette exploitation sur place, avec une main-d’œuvre éthiquement mieux traitée qu’en Chine ou en Inde, devenus bases internationales pour la taille et le polissage. « Nous serons la première grande marque de joaillerie africaine, aux côtés de Gucci et de Cartier », explique Mohseen Valli Moosa, le nouveau CEO d’African Romance...
C’EST LOGIQUE : même le Botswana a mis en place, avec De Beers, une industrie du diamant source de valeurs ajoutée. Seule une vigoureuse politique de « marque » (labellisation) peut recréer la confiance autour des diamants africains, toujours soupçonnés d’être des « diamants de guerre » : le choix de créer une « marque ethnique » autour du diamant sud-africain est stratégiquement très bien pensé.


••• ÉTÉ SURPRIS de découvrir une Toy Watch au poignet de la First Lady américaine, qu’on nous assurait folle des montres Cartier. Apparemment, Michelle Obama se fait aussi plaisir avec des petits montres en silicone Toy Watch (ci-dessus), une petite marque italo-chinoise spécialiste des modèles inspirés par « l’air du temps » – qui a le dos large – et surtout les modèles de référence du marché...
C’EST TENDANCE : les petites marques font comme les grandes !


••• ENREGISTRÉ avec beaucoup d’intérêt les excellents résultats des diverses ventes aux enchères de ces dernières semaines, avec des amateurs très connaisseurs dans tous les pays du monde, pourvu qu’on leur propose de la marchandise « fraîche » et « bonne » – c’est-à-dire des montres exceptionnelles par leur rareté [c’est désormais la signature de l’excellence chez Christie’s], leur provenance [les lots Steve McQueen d’Antiquorum ont explosé la cote, à vingt fois l’estimation] ou même les procédures d’enchères [quoique parasitée par de graves problèmes informatiques, la vente new-yorkaise de Patrizzi & Co a définitivement validé le concept « zéro commission » dans l’esprit des amateurs].
C’EST LE SIGNE D’UNE HISTOIRE D’AMOUR QUI SE PROLONGE entre montres et amateurs/investisseurs. Les marques devraient se poser la question de l’atonie de leurs propres ventes (montres neuves), comparée à la dynamique du marché des pièces vintage...


••• PERÇU, chez TAG Heuer, une certaine crispation sur l’absence totale de résultats des « ambassadeurs sportifs » de la marque, particulièrement en Formule 1, où l’outsider Button rafle la mise face aux pilotes maison (Hamilton et Raïkkönen). La marque tire désormais plus de profits d’image de ses stars (Leonardo DiCaprio ou Shah Rukh Khan) que de ses champions (Sharapova, Kovalainen ou Bourdais), mais il lui manque une élément féminin convaincant pour asseoir sa promesse de glamour. En pleine dépression américaine, même Tiger Woods donne à présent des signes de fatigue. On pourrait même assister à un dépositionnement discret de TAG Heuer dans l’univers du cinéma : les product placements se font rares...
C’EST RÉVÉLATEUR des limites du celebrity marketing en temps de crise : le surinvestissement sur des champions n’a qu’un effet d’entraînement limité sur les marchés où la marque veut rebondir (téléphonie, optique) et de moins en moins d’efficacité sur le marché horloger. La dernière recrue, Shah Rukh Khan, est une géniale trouvaille pour les fans de Bollywood, assez rares hors du marché indien qui relève toujours du whishful thinking stratégique...


••• ASSISTÉ au décollage des deux avions de collection présentés par Breitling au salon du Bourget, qui ouvrira ses portes lundi dans une ambiance aéronautique un peu plombée : le Super Constellation est toujours aussi impressionnant et le DC 3 toujours aussi sympathique. Tous les deux ans, Le Bourget est une grande fête Breitling, ne serait-ce que par la présence de la patrouille des jets Breitling, seule patrouille privée à évoluer sur des avions à réaction.
C’EST JUSTE UN PEU DIFFICILE à justifier côté écologie et facture énergétique passée au crible de l’équivalent carbone, mais qu’eest-ce que c’est beau, toute cette armada volante !


••• REÇU d’un cadre de la manufacture Zenith une liste des prix qui auraient dû être pratiqués à la « vente privée » annulée in extremis par Jean-Frédéric Dufour après son annonce par Business Montres. Il s’agissait d’une « garage sale for suppliers and friends – autant dire beaucoup de monde en Suisse... Au Locle, les 4 et 5 juin, on aurait dû se voir proposer des Star Elite à partir de 500 francs suisses, des El Primero à partir de 1 000 francs suisse (1 500 CHF avec lunette sertie), des Defy Xtreme à 3 500 francs suisses et des quantièmes perpétuels Chronomaster à 9 500 francs suisses.
C’EST DOMMAGE D’AVOIR PRIVÉ AUTANT D’AMATEURS d’une vente à prix aussi providentiels...


••• VU fleurir en boutique de nouvelles « initiatives de crise » : après ses pocket shops – mini-boutiques ponctuelles – et ses guerilla stores (tout aussi éphémères), la marque mode japonaise Comme des garçons lance une collection Black, plus abordable et destinée à maintenir l’attractivité de la marque en période de récession.
C’EST UNE RÉPLIQUE parisiano-parisienne au lancement d’une boutique low cost par Marc Jacobs, à deux pas de la boutique historique de Comme des garçons, place du Marché Saint-Honoré à Paris. Cela ne fait que confirmer la nouvelle tendance low cost de luxe à laquelle les montres n’échapperont pas – voir à ce sujet la récente initiative de TechnoMarine...


••• LU avec beaucoup d’intérêt la saga des chronographes Vacheron Constantin mise en ligne par Alexandre Ghotbi sur le forum privé de la marque, The Hour Lounge : une belle histoire et des produits qu’on aurait tendance à oublier, alors qu’ils crédibilisent la légitimité sportive de la manufacture genevoise.
C’EST SYMPTOMATIQUE de l’explosion en cours du marché de l’information horlogère : il y a cinq ans, ce genre d’étude historique avait sa place dans les revues spécialisées. Aujourd’hui, ce travail d’investigation est directement assumée par la marque, sur son propre site, Internet autorisant une diffusion internationale instantanée...


••• VÉRIFIÉ, chez Colette, à Paris, que les Bell & Ross Airborne – la fameuse montre à tête de mort – « cartonnaient » : en trois jours d’exposition, 10 des 15 montres présentées en avant-première étaient déjà vendues. On a même vu Laurent Picioto (Chronopassion) s’arroger la numéro 1 pour sa collection personnelle. Plus rigolo : deux des trois modèles sertis ont été commandés. Il n’est pas impossible qu’on en retrouve une au poignet du Kaiser parisien de la couture, qui affirme pourtant détester les montres...
C’EST NORMAL : avec un authentique parachutiste américain dans la vitrine, en uniforme d’époque, parachute en soie compris, impossible de ne pas craquer pour la montre-talisman de ceux qui sèment « la mort venue du ciel »...


••• POSÉ, aux copains en poste à l’Elysée, des questions sur cette Bell & Ross Airborne : il semblerait qu’une édition spéciale de quelques montres – en plus de l’édition limitée à 500 exemplaires du commerce – ait été réalisée pour les chefs d’Etat présents en Normandie lors de la commémoration du D-Day. C’est top secret comme tout ce qui touche désormais aux montres de Nicolas Sarkozy, mais il y a clairement Airborne sous roche. Et si c’était le nouveau cadeau horloger de la République à ses invités officiels ? Après tout, Bell & Ross est une vraie marque 100 % bleu-blanc-rouge...
C’EST BIZARRE, mais peut-on imaginer le prince Charles avec une Airborne au poignet ? Barack Obama ? Peut-être...


••• REPÉRÉ une nouvelle boutique Locman à Milan, dans le voisinage de la boutique Ronchi, qui en assurera la gestion. C’est la sixième boutique Locman en Italie.
C’EST TENDANCE : les petites marques font comme les grandes !


••• SENTI monter la pression scientifique contre le BPA (bisphénol A), substance que les scientifiques mettent en doute et qui est émise par les produits en polycarbonate. Selon une étude de la Société américaine d’endocrinologie, le BPA est susceptible de causer des altérations génétiques non négligeables. L’étude ne concerne encore que les souris, mais, à part les humains qui portent quotidiennement des montres en polycarbonate, quels sont les êtres vivants les plus exposés au BPA ?
C’EST UNE CHANCE HISTORIQUE pour les horlogers qui se trouvent confrontés à une pression concurrentielle accrue de la part des marques qui les pastichent avec des produits en polycarbonate. Il suffit de faire passer le message...


••• ÉTÉ FRAPPÉ par le nombre de journalistes qui « savaient déjà » que Vincent Perriard avait donné sa démission chez Concord, mais qui attendaient (quoi ?) pour en parler à leurs lecteurs. Ils attendaient probablement... qu’un mail personnel du même Vincent Perriard vienne leur signaler que l’information venait d’être rendue publique par Business Montres .
C’EST CURIEUX, cette pudeur professionnelle qui prive les lecteurs de bonnes informations...


••• NOTÉ, dans le même registre, qu’il aura fallu attendre que Business Montres annonce le rachat de Dubey & Schaldenbrand (10 juin) pour que l’information – la vente et nom du repreneur – soit reprise, dans les jours qui ont suivi, par la presse bien comme il faut.
C’EST À SE DEMANDER S’IL NE FAUDRAIT PAS transformer Business Montres en agence de presse horlogère...





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Business Montres & Joaillerie, la lettre internationale des marchés horlogers.
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