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| 16 juillet 2009 - LE TOUR DU MONDE HORLOGER EN 80 JOURS (*) : Les 10 Textos d’actualité horlogère de Hans Erb (Uhrsachen) | |||||||
.VINGT-TROISIÈME JOUR… L'outlaw Hans Erb vit à Bienne et travaille à Berne, qui est tout sauf une capitale horlogère. Le choix des marques qu’il distribue à Uhrsachen, au cœur de la vieille ville, témoigne d’une grande indépendance d’esprit (Ulysse Nardin, Jaquet Droz, JeanRichard, Ikepod, MeisterSinger et une grosse trentaine d’autres). Comme beaucoup de (vrais) Suisses, cet ancien photojournaliste sait cacher un esprit subtil sous une écorce rugueuse. Il aurait impensable de ne pas lui consacrer une étape du Tour du monde horloger en 80 jours organisé tout au long de l’été 2009 par votre Quotidien des Montres. • Les client sont-ils revenus chez Uhrsachen, et dans quelle proportion ? •••• Hans Erb (Uhrsachen, Berne, Suisse) : Ils n'étaient jamais loin. Au contraire, ils viennent plus fréquemment que jamais. Et surtout, de plus loin. • Le profil de ces clients a-t-il changé, et comment ? •••• Ça a changé en partie. On a constaté une forte augmentation de clients (nouveaux et existants) qui veulent s'offrir quelque chose qui garde au moins une certaine valeur et qui, en plus, leur fait plaisir au quotidien en plus. Il y en a qui disent « J'ai tellement perdu à la bourse que je veux maintenant dépenser mon argent pour le plaisir ». Mais le profil change aussi, car nos collections changent et deviennent de plus en plus exclusives. • Uhrsachen a -t-il recommencé à commander, quel type de pièces et à quel prix ? •••• Je n’ai jamais cessé de commander. Aujourd'hui, ce sont surtout les pièces de caractère, les séries limitées, celles qui donnent le fameux « coup de foudre » qui marchent le mieux. • Des nouvelles marques, lesquelles et pourquoi ? •••• Oui, j'ai commencé de travailler avec Peter Speake-Marin, avec Richard Habring, avec Fabrizio Cavalca et ses montres Steinway & Sons. J’ai recommencé avec Bell & Ross. Speake-Marin, parce que j'observe depuis longtemps et je suis amoureux de ces pièces depuis que j'en a vu une la première fois. Habring pour son Chrono commandé par la couronne (sans poussoirs) et pour sa seconde sautante. Avec Fabrizio Cavalca, c'est pour sa montre et surtout pour la passion totale qu'il met dans son projet. Bell & Ross parce que leur collection est tout simplement cool. Et je mise très fort sur le vintage, marché très intéressant, aussi ou même surtout en temps de crise. Encore une représentation très exclusive : on est le seul point de vente indépendant officiel pour Grand Seiko, seulement disponible au Japon et dans les Seiko Centers. • Comment séduire des nouveaux clients et par quels canaux ? •••• Chez nous, la recette, c'est la compétence et le choix de pièces avec du caractère, le tout dans une atmosphère décontractée. Les nouveaux clients nous disent souvent qu'ils en ont assez des magasins ultra-chics avec des vendeuses mieux habillées que compétentes. Autre engagement : donner à ces clients un maximum d'informations, par exemple sur un site internet qui contient plus que quelques photos et des textes de pub fourni par les marques. L'approche latine passe peut-être plus par l'émotion. Nous, nous avons en grande partie des clients suisses alémaniques, allemands et autrichiens. En plus, nous éditons une petite, mais vraie revue horlogère deux fois par an, également avec de l'info au lieu de photo-shootings excessifs qui ne servent finalement à rien... • La crise a-t-elle changé les relations avec les marques, et comment ? •••• Oui, bien sûr. Pour la majeure partie des marques, on livre plus vite. On est plus flexible. Et il y a des gens qui sont devenus nettement plus gentils... Par contre, les budgets pub sont plus difficilement accessibles. • Peut-on faire confiance aux petites marques, et aux grandes ? •••• Pas de généralisation possible. Swissair était grande et elle a quand même subi un grounding. Qu'est-ce qui va se passer avec des « grands » comme Zenith ou TAG Heuer dont les pièces restent « collées » dans les vitrines ? Si une petite marque travaille sérieusement, est financée par des vrais entrepreneurs et amateurs de montres, et non des financiers qui perdent leurs nerfs, elle peut se sortir de la crise, et même mieux. • Le marché a-t-il encore besoin des petits détaillants indépendants de niche ? •••• Evidemment, il y aura la place pour plus de détaillants comme nous. Mais il ne faut pas avoir peur du travail, avoir l'obsession de prendre ce chemin et prendre des risques en agissant à contre-cycle. C'est moins simple que gérer une affaire en troisième génération et de vivre de ce qu'on construit les ancêtres. C’est pour cela que je ne suis pas trop optimiste sur l’espoir de voir beaucoup de monde prendre notre chemin... • La recette pour tenir le coup en temps de crise ? •••• C’est tout simple : bien faire son travail au lieu de pleurer toute la journée sur la mauvaise économie. Et surtout ne pas perdre l'humour ! • Sortie de crise pour quand ? •••• Qu'est-ce que j'en sais ? Pour nous, je ne me fais pas de souci, mais pour l'horlogerie en général, je vois deux ou trois années avant l'écoulement des stocks. (*) « Le Tour du Monde Horloger en 80 Jours » (exclusivité Business Montres) : pendant tout l'été 2009, l'actualité horlogère au jour le jour, exprimée du tac au tac par quatre-vingt décideurs et influenceurs, en quatre-vingt fois dix textos d’actualité. ••• DEMAIN, VENDREDI ••• VINGT-QUATRIÈME JOUR : XAVIER DIETLIN (DIETLIN ARTISANS MÉTALLIERS), EN DIRECT DE LAUSANNE (SUISSE). RETROUVEZ LES RENDEZ-VOUS PRÉCÉDENTS DE CE TOUR DU MONDE HORLOGER EN 80 JOURS : ne pas manquer les dix textos de Albert Bensoussan (Louis Vuitton, Paris), Laurent Besse (Les Artisans Horlogers, Le Locle), Max Büsser (MB&F, Genève), Antonio Calce (Corum, La Chaux-de-Fonds), Isabelle Chillier (aiguilles Fiedler, Genève), Steve Clerici (Rebellion, Lonay), Xavier Dietlin (Dietlin, Lausanne), Pierre Dubois (Pierre DeRoche, vallée de Joux), Hans Erb (Uhrsachen, Berne), Karsten Frasdorf (Fabrication de montres normandes, France), André Grossmann (Horus, Monaco), Pierre Halimi Lacharlotte (FP Journe Americas), Georges Kern (IWC, Schaffhouse), Pierre Koukjian (deLaCour, Genève), Lionel Ladoire (Ladoire, Genève), Massimo Macaluso (JeanRichard, La Chaux-de-Fonds), Cécile Maye (Marvin, Vaumarcus), Richard Mille (Richard Mille, France), Philippe Mougenot (Chanel, Paris), Giulio Papi (Audemars Piguet Renaud Papi, Le Locle), Luc Perramond (La Montre Hermès, Bienne), Laurent Picciotto (Chronopassion, Paris), Antoine Préziuso (Antoine Préziuso, Genève), Bernard Richards (BRM, Vexin français), Carlos Rosillo (Bell & Ross, Paris), Jean-François Ruchonnet (Cabestan, Genève), Ion Schiau (Chronotime, Roumanie), Alain Silberstein (Alain Silberstein, Besançon), John Simonian (Westime, Los Angeles), Ryan St. George (Wyler, Genève), Guillaume Têtu (Hautlence, Neuchâtel), Jean-Marc Wiederrecht (Agenhor, Genève) et tous les autres, à suivre pendant quatre-vingt jours... ..... |
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