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| 24 juillet 2009 - LE SNIPER DU VENDREDI : des montres, des marques d’horlogerie et des groupes de luxe dans l’actualité de l'été | |||||||
.Comme beaucoup de lecteurs sont en vacances et ne passent pas [on les comprend !] leur temps libre face à un écran d'ordinateur, le Quotidien des Montres a proposé au sniper du vendredi de se concentrer sur un tir groupé d'une vingtaine de cibles. Pas question de laisser sans nouvelles fraîches et originales ceux qui travaillent encore et ceux qui veulent garder le contact... ... Cette semaine, le sniper a... ••• ENREGISTRÉ de nouvelles réservations pour The Watch Factory, ce qui porte à vingt-six marques et maisons les exposants enregistrés. Sans parler des messages de sympathie de nombreux détaillants, qui se promettent bien de venir s’offrir une bouffée d’oxygène créatif en terre indépendante. Merci à Ian Skellern pour son annonce stratégique sur Horomundi et à Ariel Adams (A blog to read) pour son intervention tout aussi stratégique sur Luxist... ••• CONSTATÉ que les salons horlogers étaient décidément à la mode, puisque se tiendra bientôt (30 septembre-3 octobre), à Prague (Tchéquie), le salon Watches and Jewels 2009, organisé par Incheba Praha sur un concept low cost (859 euros les 6 mètres carrés). ••• DÉTECTÉ, parmi les nouvelles marques attendues à The Watch Factory, une référence genevoise qui débarque sur le marché de l’horlogerie : Peter Tanisman. Le nom est connu des marques de joaillerie, puisque l'atelier de Peter Tanisman (c'est une personne physique et non un horloger plus ou moins imaginaire !) réalise de nombreuses pièces pour les grandes marques de la place. Côté montres, on se situe dans un univers très orienté vers le design et la performance esthétique, avec de classiques mouvements ETA (superbement retravaillés et décorés : on sent le savoir-faire joaillier) et beaucoup d’attention portée aux finitions (image ci-dessus : la Graphica). Le tout à des prix décents (7 000-11 000 francs suisses), avec de bonnes idées d’animation, comme une aiguille des secondes animalières (première proposition : une araignée porte-bonheur qui se promène autour du cadran) ou un caroussel déstressant (un cylindre tournant et serti à vocation purement ludique)... ••• REÇU, en avant-première, les résultats proprement catastrophiques du pôle horloger de LVMH au premier semestre 2009 : impossible d’en faire état dans le détail pour ne pas risquer le « délit d’initié » (punissable par la loi), mais on peut se demander quel signal Bernard Arnault va bien pouvoir envoyer aux analystes pour qu’ils ne perdent pas confiance dans cette branche dont la chute de profitabilité pourrait largement dépasser les 60 %, avec des scores encore plus dramatiques pour certaines marques – pratiquement à l'arrêt côté sell-out – et des baisses inquiétantes chez les « locomotives » qui devaient constituer les « relais de croissance » vendus ces dernières années aux marchés boursiers... ••• LA TÊTE DE THIERRY NATAF ÉTAIT TOMBÉE pour les premiers résultats trimestriels de 2009. Pour le premier semestre, on s'attend à une autre victime expiatoire et à un « signal fort » – ce que va gâcher les vacances de certains ! • Au fait, c'est pour quand la publication de ces résultats, déjà repoussée une fois et désormais agendée pour la fin juillet ? ••• ÉTÉ INFORMÉ toujours en avant-première, des chiffres tout aussi désastreux du pôle horloger de Bvlgari pour ce même premier semestre 2009 : à Neuchâtel, on évoque un ajustement pour une première vague qui frôlerait la centaine de suppressions de postes. Toujours pour ne pas risquer le même « délit d’initié », impossible d’être plus précis... ••• SURPRIS, chez Richemont, un plan de réorganisation de l’organigramme horloger, qui verrait certaines marques notoirement affaiblies [on parle de Baume & Mercier, Roger Dubuis ou de A. Lange & Söhne] passer sous la coupe de managers aux commandes de manufactures mieux portantes ou plus opérationnelles. Exemples : un regroupement opérationnel des manufactures Jaeger-LeCoultre et A. Lange & Söhne [bon courage pour la logique à la fois géographique et horlogère !]et un pôle disons plus « sportif », qui serait constitué autour d'IWC, Georges Kern coiffant désormais Baume & Mercier et Roger Dubuis. Cette pratique des sister ships entraînera, inévitablement, des suppressions de postes dans les organigrammes, à tous les niveaux d'encadrement [impossible d'en dire plus sous peine d'être nommément démenti par Johann Rupert... comme d'habitude !]... ••• CONSTATÉ que le groupe Richemont avait prévu une réduction de format à hauteur de 30 % de ses différentes structures et de ses dépenses,ce qui situe l'ampleur des ajustements de personnels prévisibles, des sommets vers les profondeurs de la hiérarchie. Ajustements déjà lancés chez Cartier, où on signale plusieurs départs de « caciques » historiques de la marque – dont le seul tort aura été d'avoir un trop gros salaire au mauvais moment... ••• PRIS NOTE d’une confirmation syndicale vaudoise à propos des demandes de licenciements actuellement négociées par le groupe Richemont : pour le canton de Vaud, on ne discute plus au niveau des dizaines, mais des dizaines de dizaines de postes, voire plus... ••• REMARQUÉ que l’amour des belles montres n’avait pas disparu, puisque l’honorable Luis Gerardo Ibarra Cardon, membre présumé du cartel mexicain de la drogue (cartel des frères Arellano Felix) vient d’être arrêté à la frontière californienne avec 3,6 millions de dollars en liquide, trois armes à feu, 43 montres Rolex et 8 Cartier. Vérification de cet amour des montres dans un article du Wall Street Journal qui détaille les trouvailles horlogères des policiers dans les repaires des cartellistes de la drogue : Daytona Jungle à bracelet léopard [« Mobutu » pour les amateurs européens], Delacour serties de motifs à tête de mort ou de feuille de cannabis [apparemment, les trafiquants aiment aussi le symbolisme religieux] et autres pièces emblématiques du bling-bling helvétique d’avant la crise... ••• REPÉRÉ un nouvel intervenant horloger sur les terrains de polo : TAG Heuer, chronométreur officiel de la prestigieuse Indian Polo Association et de la future Polo Academy locale... ••• DÉCOUVERT, par hasard, une exposition horlogère organisée au Musée d’art islamique de Jérusalem : « The mystery of lost time ». On y présente quelques-unes des montres qui avaient été volées en 1983 et retrouvées en 2007 dans des circonstances rocambolesques (révélation Business Montres du 11 novembre 2007). Selon le Jerusalem Post, une centaine de pièces sont présentées, dont la fameuse montre originale dite « Marie-Antoinette » (restaurée ces derniers mois). Soit un écho inattendu à l’actuelle exposition Breguet au Louvre (Paris). Pour découvrir l’exposition [dont personne ne semble parler en Suisse] et pour redécouvrir toute l’affaire, une vidéo en français de la télévision... chinoise CCTV ! ••• DISCUTÉ avec Loïck Peyron, le nouveau barreur du multicoque Alinghi, qui portait au poignet sa Corum Admiral’s Cup réglementaire des régates lémaniques. Il n’aura de toute façon plus droit à une Royal Oak Offshore, puisque Audemars Piguet – qui suivait le team Alinghi depuis 2002, a déclaré forfait en raison des multiples incertitudes liées à l’avenir de l’America’s Cup. Apparemment, aucun autre horloger ne s’est encore présenté pour voir son nom inscrit sur la bomme du nouvel Alinghi. Le jet d’éponge d’Audemars Piguet (et d’autres sponsors de l’équipage suisse) est une intéressante révélation de Bastien Buss dans L’Agéfi (Suisse) du 22 juillet... ••• CONFIRMÉ une information qui avait fait sursauté plus d’un lecteur de Business Montres vendredi dernier : cela concernait la montre Franck Muller à 190 000 euros offerte aux joueurs du Manchester City, club anglais de football. Les joueurs ont bien reçu une telle Franck Muller sertie de diamants au cours de leur stage d’entraînement à Abu Dhabi, de la part du Sheikh Mansour bin Zayed al-Nahyan : la montre les attendait dans leur chambre, à l’Emirates Palace. Du coup, avec leur Hublot, les champions du Manchester United font petits joueurs... ••• JUBILÉ en lisant la dernière chronique de Pascal Brandt dans Horlogerie-suisse : il y raconte comme le Swatch Group a mis « le doigt sur une absence crasse de vision » des marques horlogères, qui ont laissé se consolider le monopole du groupe sur les mouvements, avant d’en profiter pour ne pas investir en R&D, puis de s’indigner que le monopoleur – qui ne l’est pas autant qu’on le dit – dicte ses conditions au marché ! ••• LES LOIS DE L’ÉCONOMIE SONT IMPITOYABLES et le Swatch Group tient plus que jamais le couteau par le manche. Une petite projection sur la future « sortie de crise » permet même d’entrevoir une domination encore plus écrasante du Swatch Group sur ses concurrents, dans tous les compartiments du jeu. Les places autour de la table du festin horloger seront plus chères, les mouvements plus rares, les détaillants plus circonspects et les fournisseurs plus dépendants que jamais ! • Espoir de contre-pouvoir : les petites marques indépendantes qui auront su tirer leur épingle du jeu pour survivre et qui auront défini les voies d’une nouvelle stratégie pour financer leur développement, d'une nouvelle approche de la communication et d'une nouvelle façon de sensibiliser le client final à leur créativité... ••• ÉTÉ CONSULTÉ sur le rachat possible de différentes marques – jeunes ou moins jeunes, grandes ou petites – par des coalitions financières issues de restructurations capitalistiques post-crise : apparemment, l’amour des belles montres séduit toujours les investisseurs européens, américains, indiens ou asiatiques. Le nombre de dossiers de mise en vente actuellement confiés à des banques genevoises situe bien la gravité pathologique de la maladie de langueur qui frappe actuellement l’industrie horlogère... ••• DOUTÉ de la pertinence de l’actuelle ligne de défense des institutions horlogères, qui attribuent à la contrefaçon la principale responsabilité de la crise horlogère : « L’horlogerie suisse n’aurait pas perdu 25 % de ses ventes s’il n’y avait pas 40 millions de fausses montres suisses – le double de la production « officielle » – disponibles sur le marché ». D’où la réactivitation de l’inénarrable campagne « Tic Tac Toc » – en anglais, « Fake watches are for fake people ». Sauf que, comme le rappelle une passionnante analyse de Reuters, « si les amateurs sont prêts à payer plus cher leur montre suisse, ils sont déçus par des produits qui n’ont pas le haut niveau de qualité qu’on et en droit d’attendre du label Swiss Made et du pavillon à croix suisse » (Félix Addor, directeur général de l’Institut fédéral suisse pour la propriété intellectuelle). Un article repris par le New York Times, qu'il faut lire en intégralité puisqu'il est écrit en toute indépendance... ••• AU CŒUR DU DÉBAT SUR LE SWISS MADE et les contrefaçons : le sentiment diffus que ce Swiss Made peut « habiller » des produits d’une qualité strictement identique à ceux qui seraient produits ailleurs, voire des produits – notamment des montres – intégrant tant de composants réalisés ailleurs, par exemple en Chine, qu’ils ne seraient « suisses » que sur le papier. • Quand on voit la chute vertigineuse des exportations suisses de boîtiers et de cadrans (- 80 %), pour la comparer à l’explosion proportionnellement symétrique des importations de ces mêmes composants (+ 80 %, le plus souvent en provenance d'Asie), on se dit que le Swiss Made n’a jamais été aussi menacé qu’aujourd’hui... et par lui-même ! A ce rythme, il ne restera bientôt plus qu’une ou deux entreprises capables de réaliser, en Suisse, boîtiers et cadrans... ••• SOURI d’un article du Nouvel Observateur (France) sur le thème : « Etre ou n’être pas Rolex ». Constat : « L'horlogerie ne dit pas seulement l'époque : cette année, elle a aussi fait de la politique ». En question : la montée en grâce et la disgrâce d’une marque devenue trop emblématique, qui force maintenant les responsables politiques à ne plus porter de montre ou à n’afficher que des Swatch... ••• SENTI monter la pression autour de la montre-téléphone Samsung (ultra-mince) qui devrait être disponible en boutique dès cet été (450 euros). Deux conclusions à tirer de cette excitation collective : 1) L’objet montre reste on ne peut émotionnel et désirable dans l’imaginaire contemporain, quelles que soient ses fonctionnalités. 2) Quand l’électronique et le high-tech se glissent dans tous les objets nomades, il serait temps que l’horlogerie de luxe se préoccupe de mixité mécanico-électronique... ••• TROUVÉ un nouvel indice d’une prochaine révision du contrat Ferrari-Panerai dans le récent lancement par la Scuderia Ferrari d’une montre... suisse tout ce qu’il y a de plus officielle, mais facturée 245 euros (au lieu des 10 000 euros exigés pour une Ferrari by Panerai. Cette Ferrari Lap Time est un chronographe analogique/digital (mouvement multi-fonctions suisse Isa) en 44 mm, sur boîtier PVD et bracelet caoutchouc. D’autres pièces sont récemment apparues dans les boutiques officielles de la Scuderia Ferrari, dont la direction « drague » actuellement différentes marques d’horlogerie de luxe pour trouver ce qui serait la quatorzième maison à tenter l’aventure du cheval cabré ! ••• COMPRIS à quoi ressemblaient les équipes créatives du groupe horloger indien Titan : reportage à Bengalore sur les 50 designers du groupe et sur leur « corporate karma » dans The Week (Inde) : pour ces « Titaniens », la création est un « art de vivre »... ••• EXHUMÉ des archives du Journal suisse de l’horlogerie et de la bijouterie, mises en ligne par Horlogerie-suisse, un savoureux article sur ce « que peut promette, en fait de précision, l’horloger sérieux à son client ». C’était du temps où la précision d’une montre était encore un argument de vente : « Le besoin de montres exactes existe. Veillez à ce que la montre soit réglée par l'horloger. Augmenter la précision, c'est démontrer vos capacités. La marche exacte de la montre éveille une convoitise chez le client ; c'est la meilleure réclame. La vitrine et le journal montrent ce qui existe ; en améliorant le réglage vous éveillerez le besoin d'une mesure plus exacte du temps.(...) Dites au client que vous êtes en état de fournir l'heure exacte et prouvez-le. Vous le verrez plus souvent dans votre magasin. Les montres qui marchent bien sont la meilleure réclame »... ••• RAPPELÉ à ceux qui sont en vacances que, cette semaine, il ne fallait pas manquer dans Business Montres quelques exclusivités, comme la nomination du remplaçant de Vincent Perriard (Concord) (ce qui donne à ce dernier les coudées franches pour arriver plus vite chez TechnoMarine), le passage de Wyler Genève en mode survie (scoop correctement relayé et déontologiquement sourcé par Le Temps, Tribune de Genève, L’Agéfi et différents médias) ou le recasage de Thierry Nataf (ex-Zenith) chez Phillips de Pury, en plus des différentes étapes du Tour du Monde en 80 Jours (Lionel Ladoire, Albert Bensoussan, Ryan St George, André Grossmann, Philippe Mougenot) et du commentaire très modéré de l’actualité horlogère par Grégory Pons sur la Radio suisse romande... ..... |
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