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| 26 août 2009 - LE ZAPPING DU MERCREDI : Les petites infos qui font la grande actualité des montres et de l’horlogerie. | |||||||
.Quelques petits riens sur un peu de tout ce qui fait le quotidien d’une industrie qui ne redémarre que très très très lentement à son retour de vacances souvent forcées... • ÉTÉ MEUTRIER Il n'est pas encore derrière nous, mais un premier bilan fait état de trésorerie totalement asséchée, pour les marques comme pour les détaillants ou les détaillants : à quelques exceptions près, les clients n'ont pas déferlé dans les boutiques et les commandes n'ont pas engorgé les services commerciaux. Ces jours-ci, la question la plus élémentaire était de trouver les fonds pour payer les salaires de la fin août. Pour beaucoup, ce sera un cap difficile, dont les effets se feront sentir dans les semaines qui viennent, en termes de licenciements, voire de dépôt de bilan ! • MARKETING Le 18 septembre, CBS et Pepsi lancent une version spéciale de l’hebdo Entertainement Weekly : un écran souple ultra-mince de deux pouces lance automatiquement une vidéo dès qu’on arrivera sur la page en feuilletant le magazine. Vidéo à découvrir sur YouTube et concept développé par les petits malins de l’agence américaine Americhip, qui ont plein d’autres idées folles dans leur besace. C’est magique... ••• CE MARKETING MULTI-SENSORIEL est une révolution pour la presse autant que dans la communication : que de belles images horlogères à faire passer dans les revues spécialisées ! Bien sûr, le son est encore un peu pourri et les capacités de stockage limitées, mais quel fantastique champ d’exploration pour les créatifs ! • GIRARD-PERREGAUX En dépit de la crise qui a sinistré le marché américain, la manufacture de La Chaux-de-Fonds étudie l’ouverture d’une boutique en nom propre sur Madison Avenue, à New York. • BREITLING On sait que la mode des grandes montres associées à la pénurie des grands mouvements a récemment poussé plusieurs marques à utiliser plusieurs mouvements (et donc plusieurs cadrans) dans le même boîtier. Un des pionniers de cette solution était Breitling, avec sa World Time de 1995 : quatre mouvements séparés, quatre couronnes et quatre heures différentes (plus un affichage de la date dans un guichet) logés dans un curieux boîtier rotatif, qui permet d’accéder facilement à n’importe quelle couronne avec la main droite. Une bizarrerie horlogère – peut-être la plus curieuse Breitling jamais proposée – à (re)découvrir sur le site d’Old World Jewelers. • HORUS La petite marque monégasque de haute horlogerie poursuit son chemin dans les paillettes et les événements luxe : après des nuits tropéziennes très agitées cet été (images à découvrir sur le site : même Ivana Trump était là)), Horus a planifié plusieurs événements dans le yachting international (Monaco en décembre, Phulet en janvier, Abu Dhabi en février) et trois événements avec Rolls-Royce (Genève, Abu Dhabi, Goodwood). Horus assume sa vocation « globale » dans le sur-mesures en lançant, parallèlement à ses modèles de haute horlogerie, une ligne de (haute) joaillerie et une ligne de maroquinerie (chaussures, ceintures et bracelets : catalogue à télécharger sur le site). ••• LA CHAUSSURE HORUS DOIT ÊTRE LA PREMIÈRE « PAIRE DE SOULIERS HORLOGERS » de l’histoire : voir le détail de la boucle placée sur l’empeigne du mocassin ci-dessus : c’est sans doute la première fois qu’on décale un détail horloger (boîte et bracelet) dans la botterie ! De quoi remettre à la mode les fameux mocassins à bride qui avaient fait entrer Gucci dans la légende... • LA VIRTUALITÉ DE L’HORLOGERIE C’est la série à ne manquer sous aucun prétexte pour comprendre le enjeux de l’horlogerie numérique, les réseaux sociaux et Internet : les cinq articles de Dimitra Fréchelin (ex-Marvin) sont à découvrir sur Horlogerie suisse. Avec cette délicieuse mise en garde : « Dans le plus pur esprit d’internet, ces mots ne se veulent ni exclusifs, ni définitifs mais se revendiquent de réflexion. La vérité n’est pas absolue, elle est un processus ». A imprimer et à méditer... • CORAN HORLOGER L’article est très demandé dans les boutiques du MENA [le nouvel acronyme chic pour Middle East North Africa, grand marché qui pourrait être le futur BRIC : Brésil, Russie, Inde, Chine] : c’est une montre MP3 dans la mémoire de laquelle on peut télécharger le Coran par prise USB. On peut même transformer les sourates psalmodiées en sonnerie de réveil ! Seule référence trouvée : celle de Coolest Gadgets, mais il semblerait qu’il y ait d’autres offres sur le marché... • CERTIFICATION Un peu d’ordre dans le joyeux chaos des statistiques Google, dont chacun se sert pour prétendre à peu n’importe quoi à ses annonceurs ou même à son directeur marketing : IC-Agency est désormais la première société suisse à obtenir la certification Google analytics Authorized Consultants. C'est à la fois un brevet de compétences et une reconnaissance du travail accompli depuis plusieurs années par IC-Agency. Il existe donc désormais une référence incontestable dans l’exploitation et l’interprétation des statistiques Internet : ça va changer l’avis (et la vie) des baratineurs et des trafiquants d’audience... • CONTRÔLE OFFICIEL SUISSE DES CHRONOMÈTRES Rien de changé dans le classement habituel du COSC (statistiques 2008) : on a certifié un peu plus de montres (1,6 millions, + 8,6 %), avec toujours le même classement de tête : Rolex (769 000), Omega (377 000) et Breitling (234 000), suivis de Panerai (46 000), TAG Heuer (35 000) et Chopard (22 000). Chanel (8 400) certifie à peine moins qu’Ebel et Corum (8 800) et Tissot (3 700) certifie plus que Concord (2 200) ou Hermès (2 000). • BELL & ROSS Apparition d’un bracelet métallique pour la collection des BR Instrument (test en cours sur la BR 03, en 42 mm) : un look rétro (mailles articulées larges et plates) qui donne à la montre une identité presque vintage, tout en renforçant la rigueur de sa proposition « instrumentale », et une boucle déployante. • PRAESTO C’est le nom d’une nouvelle marque horlogère « made in China », sauf que le produit prouve que la révolution horlogère a engendré là-bas une nouvelle génération créative. Retenez bien ce nom : Praesto. Jamais on ne devinerait que leur Modern Fliegeruhr est chinoise : design soigné (concept de l’Américain Russ Schwenkler, spécialisé dans l’automotive, d’où la virilité de la proposition), réalisation impeccable (finitions des moindres détails, matériaux, mouvement automatique Miyota de qualité), branding soigné (série limitée, choix du cadran, différents boîtiers, T-shirt cadeau, environnement marketing). Autour de 500 dollars, c’est non seulement une montre très désirable, mais aussi très portable (44 mm), en plus d’être une modernisation parfaitement bien vue des traditionnelles Fliegeruhr, catégorie où adorent boxer les nouvelles marques allemandes, qui facturent généralement beaucoup plus cher... • « MONTRES DE FORUM » Aurait-on atteint les limites du marketing en matière de « montres de forums », ces modèles – souvent des rééditions – relancés par les marques à la demande de la « communauté des amateurs », en Europe comme dans le monde anglo-saxon ? Elle faisaient rêver les collectionneurs, qui en parlaient avec des trémolos dans la voix sur tous les forums spécialisés et les marques ont fini par entendre le message. Seul problème : les rééditions sont souvent proposées à des prix supérieurs aux originales ! Ce qui finit par choquer, même si elles sont effectivement « modernisées ». Entre le vrai vintage et le néo-vintage surfacturé, les amateurs n’hésitent pas. Exemples récents de cette perception erronée des attentes du marché : la réédition du Chronomaster Zenith El Primero (quatre fois plus cher que l’original de 1969, toujours abondant sur le marché) ou la réédition de la Polaris chez Jaeger-LeCoultre, une « série limitée » restée « collée » dans les vitrines des détaillants qui commence à la solder (elle est trois fois plus chère que la Polaris originale telle qu’on la trouve aux enchères). On pourrait trouver d’autres exemples chez Omega, TAG Heuer et bien d’autres. Moralité : les « grandes gueules » des forums – surtout anglo-saxons – ne sont qu’un reflet imparfait du marché, voire un relais déformé dès que les marques les « chouchoutent » en impliquant trop ces collectionneurs maniaques dans un processus de création. • BRÉMONT La marque « aérienne » des frères anglais Nick et Giles English ( !) vient de développer un intéressant partenariat avec le leader mondial des sièges éjectables Martin-Baker (7 283 pilotes de 93 forces aériennes sauvés en 60 ans). Sachant qu’un pilote en détresse encaisse entre 12 et 30 G au cours des différentes phases de l’élection, la montre doit être particulièrement résistante et anti-choc. Autant que l’homme qui subit les G... Brémont (la marque au rotor en forme d’hélice) a donc conçu une collection MB (Martin-Baker), qui sera Made in Great-Britain (base suisse automatique Soprod certifiée COSC) et uniquement réservée aux pilotes s’étant éjectés ! • Série MB I : réservée aux seuls pilotes s'étant éjectés. Avec une gravure « commémorative » au dos. Ça, c’est de la série limitée exclusive. A la seconde éjection au cours d'une carrière (quelques dizaines de pilotes à travers le monde), ce serait chic pour Brémont d'offrir une seconde MB I encore plus exclusive... • Série MB II pour tout le monde : ça peut toujours être utile ! Vu le climat dans les entreprises confrontées à la crise, la pratique du siège éjectable est à conjurer avec cette MB II... • HUBLOT Jean-Claude Biver ne se contente pas de coups d’éclat médiatiques [lire la vraie histoire et le détails cachés de son « coup fumant » sur l’America’s Cup dans nos informations d’hier]. Il sait aussi faire plaisir à ses clients. Quand un internaute vient, béat d’admiration, montrer sa Big Bang fraîchement acquise sur un forum, il reçoit le plus souvent un message personnel de Jean-Claude Biver lui offrant une extension de garantie de cinq ans. Quelques jours plus tard, l’offre est dans la boîte aux lettres de l’internaute, avec un mot manuscrit du président d’Hublot. L’internaute, ravi, le fait savoir et la boucle est bouclée. Derniers exemples de ce buzz discret, mais d’une redoutable efficacité sur TimeZone et Chronomania... • SWATCH Intéressante interview d’Arlette Emch (Swatch, CK, DYB) dans l’édition suisse de Fémina : on peut être femme et manager de très haut niveau dans une industrie horlogère plutôt machiste ! « Quand Nick Hayek m’a proposé le poste, il m’a dit: «Vous aimez ce qui est beau.» Le groupe attend que j’apporte une touche féminine, l’esprit du beau, le rayonnement artistique – cela relève aussi de mon parcours, de mes goûts personnels. Malgré son petit prix, Swatch est une marque de luxe grâce à tous ces artistes qui s’impliquent de manière exclusive ». Beaucoup de sensibilité personnelle et d’émotion entre les lignes, avec cette excellente définition de la « révolution Swatch » des années quatre-vingt : « 0n passe d’une montre pour la vie à la montre d’un instant de vie. C’est la démocratisation de la mode : grâce aux accessoires, le luxe devient accessible ». Quelle sera la révolution des années 2010, une génération plus tard ? • COUSTEAU Quel horloger va racheter la combinaison – la vraie – du commandant Cousteau (1910-1997), vendue aux enchères à Marseille le 10 octobre prochain ? Si Yvan Arpa était encore chez Romain Jerome, il nous en aurait fait une nouvelle DNA-Legend... • BIG BEN La plus célèbre horloge du monde fête cette année ses 150 ans. Un excellent site pour la découvrir de l’intérieur, comprendre la complexité de ses mécanismes (schémas et vidéos), télécharger les sonneries et faire une visite interactive online : le site du Parlement britannique qui abrite Big Ben. Rappelons que la maison Dent – chargée de la construction et de l’entretien de l’horloge depuis 1859 – a récemment lancé une collection de montres inspirées par Big Ben... • SINCERE-LVMH Confirmation officielle à Singapour des révélations publiées par Business Montres avant les vacances (24 juin) : selon différentes annonces dans le Business Times local, Liam Wee Tay a bien repris le pouvoir, avec, dans son tour de table, les banques créancières de l’ex-groupe Peace Mark, des investisseurs et la holding personnelle de Bernard Arnault (LVMH), qui avait déjà investi avec le Swatch Group dans le réseau chinois Xinyu Hengdeli (autoproclamé « plus grand détaillant mondial de montres de luxe »)... • CARTIER LOW COST En préparation chez Cartier pour le prochain SIHH : une refonte des lignes de base de la maison (Santos, Roadster, Tank) à des prix « canons » qui devraient caler la proposition autour des 2 000 euros prix public (3 000 CHF)... • SALONS HORLOGERS La mutation profonde du marché horloger touche également le média salon. On voit éclore de multiples projets de salons « indépendants ». Après les différentes initiatives genevoises pendant le SIHH (The Watch Factory Geneva 2010, GTE) et les salons asiatiques de cet été, un salon « nouvelle génération » est en préparation à Hong Kong (peut-être sous le label The Watch Factory). • A Mexico, un Salon Internacional Alta Relojeria réunira au Four Seasons (29 septembre-1er octobre) une trentaine de marques, d’Audemars Piguet à Azimuth [pour de la haute horlogerie, c’est la haute horlogerie !], en passant par Breguet, Cartier, Confrérie Horlogère, Frédérique Constant, Franc Vila, MB&F, Jacob & Co, TAG Heuer et Urwerk... • Ne pas oublier Belles Montres, salon international de l’horlogerie de prestige (Paris, 28-30 novembre), ni le WPHH (World Presentation of Haute Horlogerie) agendé par Franck Muller, à Monaco, du 6 au 8 novembre. Le magazine horloger anglais QP organisera son propre salon horloger les 5 et 6 novembre à Londres... • ILS ONT DIT... Pour ceux qui auraient manqué quelques épisodes de notre Tour du monde horloger en 80 jours, quelques récentes interventions à retenir : ••• « Peut-être que l'ère des poses ridicules, poignets en avant avec une montre (et une belle fille) à chaque bras et sourire Colgate est révolue. Peut être qu’on parlera moins des montres « gâteaux de mariages à étages » avec triples tourbillons ET Equation du Temps ET réserve de marche ET vis de rappel dans le manche ET cadran en météorite ET boîtier en Masturbure d'Onaniun recouvert de PVD, le tout porté avec élégance par Cinderella Mc Quiddick lors de ses premiers pas sur la planète Mars. Peut être qu'on va parler d'horlogerie... » (Vianney Halter, Manufacture Janvier-Montres Vianney Halter, Sainte-Croix)... ••• « Pour ceux qui savent se contenter d’un marché aux dimensions de 2005, la crise est déjà passée ! » (Peter Nikolaus, Zeitwinkel, Saint-Imier)... ••• « Il ne faut pas oublier que les vrais concurrents de l’horlogerie aujourd’hui ne sont pas les autres marques, mais le fait de s’acheter une maison, les voyages, l’organisation d’un événement important dans une vie, l’éducation, se faire plaisir à table. » (Marc Michel-Amadry, Ebel, La Chaux-de-Fonds)... ••• « On s’accroche aux branches. La marque est légitime, les produits sont bons, il faut tenir pendant l’orage pour en ressortir plus forts. Mais il n’y aura probablement pas de place au soleil pour tout le monde.... » (Clément Brunet-Moret, Favre-Leuba, Bâle)... ••• Pour repenser la communication horlogère, « il suffit d’arrêter de se moquer du client final et de devenir... honnête ! » (Peter Speake-Marin, Speake-Marin, Rolle)... • LEÇON D’HISTOIRE On se souviendra, ce 26 août, d’une célèbre bataille gagnée en France par les Anglais du roi Edouard III. Crécy, 26 août 1346 : ce jour-là, les 50 000 hommes du roi de France Philippe VI de Valois avaient tout pour eux. Du moins, sur le papier. Ils étaient sur leur terrain, avec une belle supériorité numérique, puisque les troupes anglaises, fraîchement débarquées sur le continent, ne comptaient que 12 000 hommes, dont 6 000 archers. Les Anglais étaient même pratiquement en fuite devant le roi de France, dont ils redoutaient la formidable cavalerie lourde. Les Français avaient la supériorité technique et stratégique, puisque leurs arbalétriers étaient les meilleurs d’Europe et que la cavalerie française – renforcée ici de nombreux chevaliers venus de toute l’Europe – était imbattable. Du moins, sur le papier ! Pourtant, les archers anglais, aux flèches théoriquement moins puissantes que les carreaux d’arbalète tirés par les mercenaires génois, vont mieux exploiter le terrain et briser les assauts des chevaliers français, engoncés dans leurs lourdes armures, empêtrés dans la boue et gênés par leur propre piétaille en désordre. A pied, les « coutiliers » gallois vont jouer du poignard pour couper les jarrets des chevaux et achever les chevaliers français au défaut de l’armure. Les Français s’étaient trompés de guerre : ils laisseront 1 500 chevaliers, dont de nombreux grands seigneurs, sur le terrain et 2 500 arbalétriers génois. Les Anglais n’auront guère que 200 à 300 tués. Le roi de France lui-même n’échappera au pire qu’au prix d’une fuite sans gloire. Cette défaite affaiblira considérablement la noblesse française et la puissance royale, humiliées par une poignée de paysans britanniques équipés d’armes aussi « archaïques » pour l’époque que l’arc et le couteau (les premières armes à feu avaient déjà fait leur apparition sur les champs de bataille)... ••• MORALITÉ : sur le papier, les gros bataillons l’emportent toujours. Sur le terrain, en revanche, les petits ont toutes leurs chances s’ils savent intelligemment exploiter leurs maigres forces et trouver le défaut de l’armure des plus puissants, qui ont tendance à se tromper de guerre et à faire confiance à leur supériorité « naturelle ». Chacun aura compris l’allusion à la situation économique contemporaine... ...... |
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